VIDEO. Un an sans Johnny Hallyday: «Jojo ne sera jamais oublié par les gens»

DEUIL Il y a un an, nous avions suivi Philippe, un fan de Johnny Hallyday, pendant l’hommage national rendu au chanteur. Nous l’avons retrouvé pour lui demander comment il a vécu cette année agitée…

Mathilde Cousin

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Philippe, chez lui, à Reims, le 11 novembre 2018.
Philippe, chez lui, à Reims, le 11 novembre 2018. — Mathilde Cousin / 20 Minutes
  • Il y a un an, la France perdait son idole. « 20 Minutes » explore la manière dont le pays fait son deuil de Johnny Hallyday dans une série d’articles.
  • Aujourd’hui, nous avons retrouvé Philippe, un fan rémois de Johnny Hallyday, que nous avions croisé lors de l’hommage populaire qui avait été rendu au chanteur le 9 décembre 2017.
  • Nous lui avons demandé comment il avait vécu cette année marquée par la bataille autour de l’héritage du chanteur et la sortie de l’album posthume de l’artiste.

Quand on appelle Philippe un jeudi pluvieux, un an après l'avoir suivi de Reims jusqu'aux Champs-Elysées pour l’ultime hommage à Johnny Hallyday, il nous parle tout de suite de son tatouage : « Vous vous souvenez, nous lance-t-il, il y a un an je vous avais dit que j’avais pris rendez-vous pour faire mon deuxième tatouage ? Et bien je l’ai fait. »

Trois jours après, par un calme et pluvieux dimanche de novembre, nous sonnons chez Philippe, à Reims. Une maison à deux étages, dans un quartier non loin du centre-ville. Philippe lui-même nous ouvre la porte. Il est en pleine forme et porte un tee-shirt blanc. Sous la manche du bras droit, on devine le nouveau tatouage, un aigle, comme celui qui s’étale sur son tee-shirt, au-dessus de l’inscription « Hallyday ».

« Pour nous, l’aigle, c’est un oiseau familial »

« C’est le même que mon idole, explique-t-il. J’adore les aigles. Pour nous, l’aigle, c’est un oiseau familial, c’est le symbole des bikers, des Etats-Unis. » Le « nous », la « famille » dont parle le Rémois, c’est celle des admirateurs de Johnny. Une immense famille, en deuil depuis cette nuit du 5 au 6 décembre 2017, quand le patriarche est parti rejoindre une autre scène.

Entre Philippe et son « Jojo », c’est une vraie histoire de famille. Né en 1961, il a grandi avec la musique du rocker, grâce à ses parents. Il a assisté à 17 concerts de Johnny, dont certains avec deux de ses quatre enfants. Son épouse Agnès est elle aussi devenue une fan. « J’ai appris à aimer Johnny quand j’ai rencontré Philippe », confie-t-elle, sa petite-fille de six mois dans les bras.

« Une histoire qui va durer très longtemps »

Les plus jeunes s’y mettent aussi : Mathéys, un des petits-fils du couple, imite déjà le rockeur et sa guitare, bien qu’il n’ait que cinq ans. « C’est une histoire qui va durer très longtemps, confie Philippe, en regardant ses petits-enfants. Jojo ne sera jamais oublié par les gens. Je montre sa musique à mes petits-enfants et quand ils auront mon âge, ils la montreront à leurs petits-enfants. »

Le petit Mathéys a-t-il été inspiré par le dvd que regarde son grand-père ce jour-là ? Philippe, qui porte la croix du rockeur autour du cou, s’est lancé dans le visionnage d’un coffret regroupant six concerts de Johnny Hallyday. Un cadeau de son épouse.

Philippe possède des éditions collector d'albums de Johnny Hallyday. A son cou, il porte la même croix que celle que portait le rockeur.
Philippe possède des éditions collector d'albums de Johnny Hallyday. A son cou, il porte la même croix que celle que portait le rockeur. - Mathilde Cousin / 20 Minutes

« J’aurais aimé qu’on le voit partir sur son dernier album »

C’est aussi Agnès qui a précommandé « Mon pays c'est l'amour », le 51e et dernier album de Johnny Hallyday, sorti le 19 octobre. Inutile de dire que Philippe lui accorde une oreille plus qu’attentive depuis qu’il a mis les mains dessus, avec une faiblesse pour le troisième titre, Made in rock’n’roll. Un regret : la pochette de l’album, qui montre Johnny Hallyday posant de face. « Ce que j’aurais aimé, c’est qu’on ne voit pas son visage, détaille Philippe. J’aurais aimé qu’il s’en aille, qu’on le voit partir sur son dernier album. »

L’attente pour l’album a été longue, confie Philippe. La date de sortie a été plusieurs fois repoussée, au gré des péripéties judiciaires qui ont suivi le décès du chanteur. « Ça a été dur, explique le Rémois. Les histoires qu’il y a eues, ça m’a dégoûté. C’était sa vie, ses histoires, sa famille, ses enfants. Je ne vois pas pourquoi les médias se sont trop occupés de l’héritage. » Philippe est sensible au dévouement de Laeticia. « C’est elle qui s’est le plus occupée de lui depuis son cancer. Elle a toujours été là, c’est elle qui l’a emmenée voir des spécialistes à Los Angeles. »

Un voyage à Saint-Barthélemy, sur la tombe de Johnny

Philippe projette maintenant de se rendre sur la tombe de Johnny Hallyday, dans les Antilles, même si son épouse est moins enthousiaste, à cause des frais occasionnés par un tel déplacement. « Je sais que j’irai à Saint-Barthélemy, même si c’est loin, affirme-t-il. Ce sera mon cadeau pour la retraite. » Un voyage pour saluer la mémoire de la bande-son de sa vie.