VIDEO. 13-Novembre: Nekfeu, Cali, Louane, Alexis HK... Les artistes inspirés par les attentats de Paris

HOMMAGE Depuis trois ans, plusieurs artistes ont pris la plume et le micro pour rendre hommage aux victimes des attentats de Paris...

V. J.

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Extrait du clip de «Marianne», chanson d'Alexis HK sur les attentats de Paris
Extrait du clip de «Marianne», chanson d'Alexis HK sur les attentats de Paris — Capture écran Alexis HK / La Familia

Le 10 janvier 2016, un an après les attentats de Charlie Hebdo et deux mois après ceux du Bataclan, Johnny Hallyday chantait Un dimanche de janvier place de la République lors de l’hommage national aux victimes du terrorisme. Quant à Renaud, il consacre deux titres de son dernier album, Hyper Casher et J’ai embrassé un flic, aux événements. Ils ne sont pas les seuls, depuis trois ans, les musiciens rendent hommage aux victimes en chansons, expriment leur douleur, incompréhension, soutien. Et chantent la vie.

Le Vide, de Slimane

Le lendemain des attentats du 13 novembre, Slimane de The Voice publie sur Facebook la chanson Le Vide, à laquelle il donnera un clip sobre quelques mois plus tard. « Quand je suis heureux je chante, écrivait-il sur le réseau social. Et quand je suis triste à en mourir comme aujourd’hui, je chante encore plus fort. »

Le bruit de ma ville, de Nekfeu

Sa ville, c’est Paris. Le 4 décembre 2015, Nekfeu sort le clip du Bruit de ma ville et évoque la capitale meurtrie, les morts : « Je n’ai que des cauchemars et la nuit je dors mal. Car mon pote est mort là comme si c’était normal. Mon pote est mort là sans même me dire "Au revoir" ». Avant de demander : « Tellement de haine de poto quand tu regardes le monde, il y aurait peut-être moins d’attentats sans tous ces bombardements ».

Un automne à Paris, de Louane et Ibrahim Maalouf

A l’origine, il y a un poème de l’écrivain Amin Maalouf, oncle d’Ibrahim Maalouf. Lorsque Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’Education nationale, lui demande de composer un hommage aux victimes des attentats, le trompettiste l’adapte en chanson et demande à Louane de la chanter : « À l’amie qui est tombée. Une chanson sur les lèvres. Ensemble nous chanterons. Main dans la main. »

On ne se lâchera pas la main, de Cali

« Je pose une bougie sur le rebord de la fenêtre. Mon voisin aussi allume sa bougie. Alors on se sourit. On ne se connaît pas bien. Mais ce soir on sait. » Cali était en studio la nuit des attaques du 13-Novembre, et face au choc, il écrit et enregistre une chanson qu’il poste quelques jours plus tard sur sa page Facebook : « On était si tristes, alors j’ai écrit quelques mots et nous avons enregistré cette petite chanson. »

Marianne, d’Alexis HK

Le chanteur Alexis HK explique lui-même que son dernier album, Comme un ours, est né dans le contexte difficile des événements de fin 2015, et que la chanson Marianne, hommage aux victimes, y tient une place à part. « C’est une sorte de pivot qui explique le côté sombre des premières chansons, commente-t-il dans Le Progrès. Elle a une mélodie douce qui est rompue à un moment donné et cela résume assez bien les raisons qui m’ont poussé à faire cet album. »

Je ne veux pas mourir, de Vincent Delerm

Lorsque Les Inrocks lui demandent si Je ne veux pas mourir est lié au Bataclan, Vincent Delerm répond d’abord « pas du tout » : « Rien de l’album n’était a priori en résonance avec l’actualité, mais c’est une fois que tout était terminé que je me suis rendu compte qu’il y avait quelque chose qui avait filtré. Le Bataclan, c’est une salle où j’ai beaucoup joué. Quand tu lis des témoignages de gens qui parlent d’une trappe par laquelle ils se sont enfuis, tu visualises immédiatement de quelle trappe il s’agit. »

Gauvain Sers, Saez, Cyril Mokaiesh, Radio Elvis…

Plusieurs autres artistes, jeunes artistes, ont également pris la plume et le micro pour rendre hommage aux victimes, commenter les événements, et s’interroger sur le (non-) sens de telles tragédies. Le politique et prolifique Saez a ainsi écrit Les Enfants Paradis et Tous les gamins du monde, et Gauvain Sers le parlant Mon fils est parti au Djihad.

« Le soleil s’enfuit, du matin au soir. Quand l’espoir est au fusil sur les trottoirs », chante Cyril Mokaiesh dans Novembre à Paris. Le groupe Radio Elvis fait un retour remarqué avec son deuxième album, Ces garçons-là, qui compte le puissant Prières perdues, dont les premiers mots sont venus au chanteur le soir du 13-Novembre : « Plus rien n’est à espérer. Sinon la nuit, sinon la nuit. Ajouter quelques mots aux prières perdues. »