Sans-papiers : La romancière Leïla Slimani regrette les propos d'Emmanuel Macron

REGRETS Leïla Slimani, représentante d'Emmanuel Macron pour la francophonie, a regretté que le président n'ait pas plus défendu les sans-papiers dans une tribune publiée ce samedi...

C.B. avec AFP

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La romancière Leïla Slimani
La romancière Leïla Slimani — Thibault Camus/AP/SIPA

« Quand mettrez-vous les sans-papiers hors de chez nous ? », a demandé un ancien combattant à Emmanuel Macron le 6 novembre à Verdun. Le chef de l’Etat avait alors répondu que ceux qui ont droit à l’asile seraient accueillis, mais que « ceux qui peuvent vivre librement dans leur pays doivent être reconduits », rappelle Leïla Slimani. Une réponse qui n’a pas plu à l’auteure franco-marocaine.

Représentante personnelle d’Emmanuel Macron pour la francophonie, Leïla Slimani a regretté, dans une tribune publiée samedi dans Le Monde, que le président n’ait pas mieux défendu les sans-papiers lors de cet échange. « Il me semble qu’Emmanuel Macron aurait pu défendre avec plus de vigueur et de froideur ceux que cet homme rêve de mettre dehors, déplore le prix Goncourt 2016. Il aurait pu lui répondre sèchement qu’on ne parle pas ainsi des gens en les résumant au vocable "sans-papiers". »

« L’immigration est une question ô combien complexe »

« Il aurait pu lui dire, puisqu’il faut défendre la "pensée complexe", que l’immigration est une question ô combien complexe parce qu’elle est humaine, douloureuse, existentielle, poursuit-elle. Ce vétéran, je le connais. Ou plutôt, je le reconnais. Cette voix amère, ce ton aigre, cette façon hautaine de cracher les syllabes lorsqu’il dit "sans-papiers". Tous les métèques de France vous le diront, tous les Arabes, les Noirs, les sans ou avec papiers vous le confirmeront : ces propos sont de plus en plus courants. »

Emmanuel Macron avait nommé Leïla Slimani en novembre 2017 comme sa « représentante personnelle » pour la francophonie. Elle avait, pendant la campagne, appelé publiquement à voter pour lui pendant l’entre-deux-tours, ce qui ne l’empêche pas d’être critique envers le président de la République.