Marseille: La «success story» de Matéo, boss d'Only Pro, et ami de Soprano

ASCENSION Matéo, patron du label de management d’artiste Only Pro, et ami de Soprano, Alonzo et consorts, monte sur les planches du TedX ce vendredi à Marseille…

Adrien Max

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Matéo, le boss d'Only Pro.
Matéo, le boss d'Only Pro. — Only Pro
  • Matéo, boss d’Only Pro, un label de management d’artiste et ami de Soprano, participe à la conférence TedX ce vendredi à Marseille.
  • Il va raconter son parcours des quartiers Nord à Only Pro, pour transmettre aux plus jeunes qu’il faut continuer de croire à ses rêves.

Un peu de basket, beaucoup de rap, et surtout des amitiés très fortes. Voici la recette de la success story de Matéo, le boss d’Only Pro, agence de management d’artistes basée à Marseille, et ami d’enfance du rappeur Soprano. Il sera ce vendredi soir sur les planches de l’opéra de Marseille pour la 3e édition de TedX, sur le thème de tout « réinventer ». Un thème qui colle à la peau de cet entrepreneur originaire des quartiers Nord.

Tout commence sur les bancs du collège Jean Moulin, au début des années 1990 où Matéo et Saïd [le prénom de Soprano] s’échangent des cassettes de Snoop Dogg. Il y a aussi le basket. « Avec trois potes on avait formé une équipe de basket, les "4 majeurs", on gagnait tous les tournois. Saïd, lui, remportait tous les contests de rap. »

« On voyait les mecs qui partaient de rien réussir »

Les années passent et les amis se retrouvent après le bac, à l’époque où Soprano débute avec les Psy 4 de la Rime. « A partir de là, on ne se lâchait plus avec Saïd, Dj Mej et Jamal. On traînait tout le temps ensemble, on s’est dit qu’il fallait monter un truc », se remémore-t-il.

A l’époque, les quatre amis ont des vies bien différentes, vendeur, plombier, préparateur de commande. Saïd, lui, tente de vivre de sa musique. « Chez Mej, aux Micocouliers, on passait notre temps à regarder des clips de rap, on était à fond dans la culture américaine. On voyait les mecs qui partaient de rien réussir, on voulait être comme eux ».

Une aventure humaine

Et c’est ce qu’ils ont fait. Ils commencent par vendre des CDs au bouche-à-oreille, tentent, échouent, recommencent, pour finalement réussir. « On a vraiment persisté au départ, puis on a profité du début de notoriété des Psy 4 pour grandir. On a fait notre premier projet national, vendu à 15.000 exemplaires, ce qui nous a permis de créer la structure », explique-t-il en toute simplicité depuis son bureau sur le Prado.

On a du tout apprendre sur le tas. Le monde de la musique, comme celui de l’entreprise. Mais c’est une aventure humaine avant tout et c’est notre avantage. On aime être ensemble et on a su capitaliser sur nos qualités à chacun. Saïd l’artiste, Mej pour la culture musicale, Jamal le relationnel et moi le business. On a toujours su s’appuyer les uns sur les autres », explique Matéo.

Petit est devenu grand

De petit label de musique, Only Pro est devenu une agence de management à 360 degrés, qui gère toutes les sources de revenus d’un artiste. La musique, les concerts, les produits dérivés. Ce « carrefour entre tous les business », permet à Matéo de pousser de nouvelles portes.

En 2015, le boss d’Only Pro a le sentiment de se reposer sur ses lauriers. Avec Soprano, ils se lancent un défi fou : remplir le stade Vélodrome. Un rêve qui deviendra réalité après de longs mois de travail et l’album Everest. Ces nouvelles opportunités permettent à Only Pro de se diversifier.

« Désormais, on a des projets dans l’immobilier, dans le cinéma, dans le textile. Notre activité musicale représente 50 % d’Only Pro. Mais si je devais n’en choisir qu’une, ce serait manager d’artiste. J’aime trop ça », admet Matéo.

« Nécessaire de faire du bien par des petites actions »

Il se remémore un séjour à Paris avec Soprano. « On mixait son premier album dans un ancien bunker transformé en studio. Il pleuvait, neigeait, grêlait. On a dit à Sopra qu’il fallait qu’il fasse le morceau A la bien, mais il n’en avait pas envie. Une fois enregistré il nous a sorti "voilà vous l’avez votre morceau", en jetant le casque. Six mois après c’était un carton », rigole-t-il.

S’il a accepté de participer à TedX, c’est pour transmettre aux plus jeunes. « Je veux que les petits se disent que si on l’a fait, c’est possible. Les gens en ont besoin, donc si on peut donner un peu d’espoir. C’est nécessaire de faire du bien par des petites actions », considère Matéo, pour qui les rapports humains sont l’essentiel. Cette participation au TedX n’est qu’un premier pas, il réfléchit à écrire un livre.