Soolking: «Je ne fais pas du rap, c'est un délire, c'est du Soolking»

MUSIQUE Après le single «Dalida» cet été, «Fruit du démon», son premier album solo, cartonne depuis sa sortie vendredi…

Clio Weickert

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Soolking a sorti son premier album «Fruit du démon» vendredi dernier.
Soolking a sorti son premier album «Fruit du démon» vendredi dernier. — FIFOU
  • Soolking a sorti son premier album Fruit du démon vendredi dernier.
  • 20 Minutes a rencontré ce fan de One Piece, bien décidé à conquérir Grand Line.

« Comme je dis toujours, ce n’est pas du rap ce que je fais. Je n’ai jamais dit ça. C’est un délire, et soit on adhère, soit on n’adhère pas. C’est du Soolking ». Sirotant son citron pressé (avec un peu de jus de pomme), à la terrasse d’un café parisien pour la promo de Fruit du démon, son premier album sorti vendredi, l’artiste algérien reconnaît volontiers que sa musique a de quoi intriguer. Car Soolking mixe différentes cultures musicales - rap, raï, reggae, r’n’b… - et s’inspire aussi bien de Dalida – dont sa réinterprétation de Paroles, paroles l’a révélé au grand public cet été —, que des mangas qu’ils dévorent. Il tient d’ailleurs son surnom d’un personnage de One Piece, dont le rire caractéristique  accompagne plusieurs morceaux de Fruit du démon, une autre référence au manga.

Avec sa musique bien à lui, Soolking connaît un succès grandissant. Dalida s’est classé 6e du top mondial, aux côtés de pointures comme Drake ou Cardi B, et son clip cumule plus de 68 millions de vues sur YouTube. Celui de Vroom vroom, sorti vendredi, a déjà été vu plus de 9 millions de fois. Un « délire » qu’il ne compte pas arrêter là.

« Il y a des moments où un homme doit se battre… et d’autres où il doit se rendre »

A l’image de son travail, le jeune homme de 28 ans a un parcours plutôt atypique. Né en Algérie, il prend goût à la musique grâce à son père batteur, qui lui offre un synthé quand il est petit. Mais Soolking lui préfère la batterie, et intègre un groupe de rock en amateur. Il s’essaye aussi à la danse, capoeira, hip-hop, contemporaine etc. qui devient une véritable passion. Sans oublier l’acrobatie, puisque durant quelque temps il devient acrobate pro et intègre une troupe de cirque. Mais c’est finalement dans la danse, « son premier amour », que Soolking se lance.

Pour cela, il débarque une première fois en France en 2008 pour tenter sa chance. Mais à défaut de réussite, il y trouve la galère. « Je n’aime pas trop jouer le rôle de la victime en disant que j’ai dormi dans la rue, élude-t-il un peu auprès de 20 Minutes. J’ai galéré comme tout le monde, il fallait être courageux mais je n’ai pas forcément trop envie de raconter ça. C’est normal que j’en parle un peu parce que ça fait partie de mon histoire, de mon parcours. Je n’ai pas honte de le dire, il y a eu des moments difficiles où je n’avais pas de quoi vivre mais je ne veux pas m’attarder dessus ».

« Tout peut arriver lorsque les temps changent »

Retour en Algérie, où cette fois-ci MC Sool (son ancien blaze avant 2013), opte pour la musique. Bingo ! Africa Jungle, le groupe qu’il forme avec des potes d’enfance, rencontre son petit succès. Pour booster leur carrière ils décident alors de se frotter à nouveau à l’hexagone. « On se dit que notre musique mérite d’être connue à l’échelle internationale, pas seulement en France même si c’est un tremplin artistique très important. S’il y a un endroit où on peut commencer ce serait là », explique-t-il. Et ça ne manque pas.

Soolking se fait repérer par la société de prod marseillaise Hyper Focal et signe ses premiers succès, Milano, Mi amigo, puis intègre le Cercle de Sofiane, qui le prend sous son aile avec son label Affranchis. Début 2018, un de ses freestyles sur Skyrock explose tous les records, l’artiste saute dans le grand bain.

Direction Grand Line

Mais c’est bel et bien avec Dalida l’été dernier, que l’artiste élargit son audience et séduit avec son univers aux multiples influences. Loin des codes habituels du rap, le clip de ce titre met en scène l’ascension d’un mime. « Il raconte ma vie, précise Soolking. Comment j’ai galéré, comment les gens ne croyaient pas en moi et en mon talent… et comment j’ai franchi les étapes et réussi à leur montrer qu’ils avaient tort ». Et pourquoi Dalida ? « Je me vois un peu en elle parce qu’elle a traversé les frontières et a fini par exploser à l’échelle mondiale avec sa musique. Elle m’inspire, ce serait cool que j’arrive au niveau de cette grande diva de la musique ». 

S’il vise la lune, Soolking a conscience qu’il peut aussi exploser en plein vol. « La musique est un peu un "fruit du démon", il y a aussi un côté sombre. Le jour où ça ne marche plus tu déprimes, certains ont tellement eu de succès que ça les a rendu malade, certains ont pris la grosse tête, d’autres se sont même suicidés. Tu peux aussi oublier la vraie vie et rester sur ton nuage, et quand tu en tombes, il faut avoir les épaules pour assumer ». Un challenge qui ne semble pas l’effrayer, le jeune homme ne cachant pas ses ambitions. « C’est un premier album, dans One Piece il y a plusieurs océans, et là on est au premier. On n’est pas arrivé à Grand line, le plus grand. Donc tranquille ». Avant de s’attaquer à Grand Line (les Etats-Unis), Soolking va devoir conquérir East Blue, la France, où il ne devrait pas tarder à annoncer une tournée.