VIDEO. Paris Games Week 2018: Le jeu vidéo «made in France» s'invite parmi les géants

JEU VIDEO Depuis vendredi et jusqu’à mardi, la Paris Games Week accueille plus de 300.000 visiteurs venus jouer à « Call of Duty », « Fortnite », « Tomb Raider », et pourquoi pas quelques jeux français ?….

Vincent Julé

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«11-11 : Memories Retold», un des exemples de la richesse et de l'originalité du jeu vidéo français à la Paris Games Week 2018
«11-11 : Memories Retold», un des exemples de la richesse et de l'originalité du jeu vidéo français à la Paris Games Week 2018 — BANDAI NAMCO Entertainment Europe S.A.S

Nous sommes en 2018 après Jésus-Christ. Toute la Paris Games Week est occupée par les jeux Triple-A… Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours. « L’espace Jeux Made In France existe depuis six ans, sur une initiative du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL) qui voulait une présence du jeu vidéo indépendant et français au milieu des blockbusters et ainsi offrir une vitrine de l’ensemble de la création », explique Hélène Delay, directrice de Capital Games, l’association francilienne du soutien au jeu vidéo et organisatrice de Jeux Made In France.

25 jeux très différents

Lorsqu’il est question de jeu vidéo français, on pense forcément à Ubisoft, l’éditeur d’envergure internationale et de succès comme les Lapins crétins, Far Cry ou Assassin’s Creed, dont le dernier épisode Odyssey a par exemple été développé au Québec. « Ubisoft n’a pas besoin de nous, commente Hélène Delay. Notre but est de fédérer les indépendants, de leur permettre de s’exprimer d’une voix unique, et dans le cadre de la PGW, d’avoir l’opportunité de montrer leurs jeux, d’avoir le retour des joueurs. »

Les jeux de studios déjà incontournables comme Dontnod (Life is strange, Vampyr, Twin Mirror) ou Ankama (Dofus, Wakfu et la nouveauté Waven), mais aussi des découvertes comme Call of Cthulhu de Cyanide Studio, Skelittle de Bubble Studio ou Monster Boy de Game Atelier. Ce sont ainsi 25 jeux très différents, de l’éducatif à la VR en passant par le multijoueur ou le JRPG, que le visiteur peut tester jusqu’à mardi.

Le jeu narratif, une spécialité française

Ancien d’Ubisoft, Yoan Fanise avait créé pour eux, le jeu Soldats inconnus : Mémoires de la Grande Guerre. Il a depuis fondé son propre studio, DigixArt, et s’est associé à Aardman Animations (Wallace et Gromit et Shaun le mouton quand même) pour 11 : 11 Memories Retold, prévu pour le 9 novembre et le Centenaire de la guerre 14-18. De son sujet (historique) à sa forme (impressionniste), il est l’incarnation parfaite de la richesse et de la différence du jeu vidéo à la française.

« Sans le vouloir, DigixArt, Dontnod ou Quantic Dream ont une même couleur française, éclaire Yoan Fanise. On aime les jeux narratifs, les jeux qui racontent des choses plus profondes, qui expriment des émotions plus subtiles. Je risquerais presque un parallèle avec le cinéma d’auteur français. C’est pourquoi j’ai voulu que mon studio soit en France, nous avons les talents à la fois artistiques et techniques. Le jeu vidéo français est très fort. » La directrice de Capital Games évoque 5.000 emplois dans le développement, 15.000 si on ouvre à l’édition et la distribution, et 25.000 pour tous les acteurs du milieu.

Mais le jeu vidéo français a encore besoin des géants de l’industrie. 11 : 11 Memories Retold est ainsi édité par le japonais Namco Bandaï, les Life is strange par Square Enix, et les jeux Quantic (Heavy Rain, Detroit : Become Human) sont des exclusivités Sony. Signe des temps, le stand Jeux Made In France a rejoint cette année le prestigieux Hall 1, aux côtés de Nintendo, Sony, Xbox, Ubisoft et un certain Fortnite.