«Grazia», «Sciences & Vie», «Télé Star»... Les salariés s'inquiètent du rachat par Reworld

MEDIAS Les syndicats de Mondadori France ont appelé ce jeudi les pouvoirs publics à se pencher sur le projet de reprise des magazines du groupe par Reworld Media...

F.R. avec AFP

— 

Des salariées de «Grazia» à la manifestation contre le projet de reprise du groupe Mondadori France par Reworld.
Des salariées de «Grazia» à la manifestation contre le projet de reprise du groupe Mondadori France par Reworld. — BERTRAND GUAY / AFP

Quel avenir pour Télé Star, Science & Vie, Auto Plus, Grazia, Closer, Le chasseur français ou encore Pleine Vie ? Ces magazines édités par Mondadori France seraient en passe d’être repris par le groupe Reworld Media. Une perspective qui inquiète fortement les salariés de ces titres.

Les syndicats de Mondadori France en appellent aux pouvoirs publics pour la gestion de ce dossier. Une centaine d’employés des publications concernées ont manifesté ce jeudi devant le ministère de la Culture.

700 CDI seraient menacés

« Le repreneur potentiel, Reworld Media, n’est pas vraiment un éditeur de presse. Ce qui l’intéresse, c’est de transformer les lecteurs en contacts pour les annonceurs, en priorité sur les supports numériques », affirme ce jeudi l’intersyndicale CFDT-CGC-CGT-FO-SNJ dans un communiqué.

Et d’ajouter : « 700 emplois CDI ainsi que ceux de centaines de pigistes et précaires seront directement menacés. (…) Au-delà, compte tenu du poids de Mondadori dans la presse écrite, c’est toute la filière, déjà très ébranlée, qui en subirait les effets, des imprimeurs aux kiosquiers. »

Fin septembre, Reworld avançait dans un communiqué que cette éventuelle acquisition « vise à développer un groupe média international majeur, détenteur de solutions média et de marques média qualitatives à fort potentiel, ainsi qu’à associer des compétences complémentaires, des capacités et savoir-faire, afin de faire face aux défis du nouvel environnement de marché. »

La lettre ouverte de la rédaction de « Grazia »

Une déclaration qui n’a visiblement pas convaincu les journalistes des magazines concernés par la reprise. D’autant plus que, vendredi dernier, dans Libération, un ancien rédacteur en chef d’un titre de Rewold témoignait anonymement : « Ne bossez jamais pour eux. (…) Reworld, c’est la mort, il n’y a aucune reconnaissance là-bas, aucun respect. » « On m’a fait comprendre qu’il fallait faire partir les gens, les pousser dehors. Ils ne cherchent pas des personnes ayant un style ou un point de vue », confiait, dans le même article, un ancien responsable.

Ce jeudi, la rédaction de Grazia s’est adressée dans une lettre ouverte à Pascal Chevalier, le président de Reworld Media. « Vos méthodes et la raison d’être de votre entreprise, décrites dans tous les articles qui vous sont consacrés depuis peu, sont aux antipodes des nôtres et de ce que nous sommes. Les simples mots "presse" et "journalisme" semblent absents de vos sites comme de vos déclarations », constataient les signataires.

Et de demander à rencontrer le dirigeant pour évoquer le projet éditorial et obtenir des réponses aux questions des salariés : « Comment comptez-vous garantir la pérennité et la continuité de notre travail rédactionnel ? Quelles garanties donnez-vous pour que nous puissions continuer à faire notre magazine en toute sérénité ? (…) »