Festival de la New Romance: «On ne parle jamais de ce que les femmes font quand les hommes sont partis»

INTERVIEW L’auteure de la série à succès « After » dédicace son nouveau livre, « Stars », en France, s’est livrée sur la genèse de son dernier roman…

Claire Barrois
Anna Todd, l'auteure de la série de livres de New Romance «After».
Anna Todd, l'auteure de la série de livres de New Romance «After». — Valorie Darling
  • Ce week-end, le festival de la New Romance se tient à Paris.
  • Il rassemble les auteures stars du style.
  • Anna Todd, la reine du genre, a évoqué sa relation aux Français avec 20 Minutes.

Anna Todd est de retour. Après After, sa série de romans au succès mondial, l'auteure américaine de 29 ans revient avec Stars, très inspiré de son histoire personnelle. 20 Minutes l’a rencontrée à Paris, à la veille du festival de la New Romance où elle rencontre ses fans, après un mois de tournée dans toute l’Europe et un passage par Rennes, Toulouse et Lyon. Elle nous a parlé de son rapport à ses livres et à sa communauté (surtout française).

After et Stars sont très différents, était-ce une volonté de votre part ?

Je n’ai pas réalisé à quel point c’était différent, ce sont les gens qui me l’ont fait remarquer. Et puis, des personnes qui n’ont pas aimé After ont aimé Stars, certains qui disaient ne jamais lire du Anna Todd s’y sont mis… Quand j’y réfléchis, c’est vrai que pour After j’écrivais beaucoup, tout le temps, alors que pour Stars j’ai pris mon temps pour réfléchir, je me suis concentrée sur l’histoire, les personnages…

Stars est très inspiré de votre vie, va-t-on apprendre plein de choses sur vous ?

C’est une version fictionnalisée de moi ! Le personnage n’est pas moi. On a des sentiments un peu communs, sur la difficulté de la transition à la vie normale. Je me suis mariée à un militaire à 18 ans, et, au début, je faisais comme si mon mari n’était pas parti, c’était très dur à vivre.

C’est donc un livre engagé ?

J’avais envie de parler des militaires, mais il y a un aspect politique, un autre côté des choses. J’étais nerveuse parce que j’ai des idées sociales libérales. J’en ai parlé à mon mari qui m’a dit de faire attention. Parler des choses spécifiques de la vie sur les bases militaires américaines, c’était important aussi. On ne parle jamais des femmes, de ce qu’elles font quand les hommes sont partis. C’était aussi important pour moi de parler du stress post-traumatique des soldats, du racisme… Je me suis mariée à un Noir quand j’avais 18 ans, j’ai un enfant métis, c’est quelque chose que je connais bien.

Justement, l’un des personnages principaux est Noir et on s’en aperçoit assez tard dans le livre…

Je ne voulais pas faire quelque chose d’énorme sur le fait qu’il soit Noir. Je ne voulais pas vendre l’histoire d’amour comme une histoire interraciale, je voulais qu’elle soit normale. Et c’était important pour moi de mettre un personnage noir, parce que, dans After, on m’avait reproché que tout le monde était Blanc, mais en même temps les One Direction sont tous blancs… Je voulais parler des gens peu représentés, et j’ai eu des réactions de gens qui disaient « il y a enfin quelqu’un comme moi dans un livre ». J’étais contente.

Vous avez aussi une Française dans vos personnages. Pourquoi ?

Dans l’armée, il y a souvent des personnes étrangères. Souvent, ce sont des femmes qui fuient la pauvreté de leur pays d’origine. Je n’ai jamais rencontré de Française sur une base, mais je trouvais ça drôle. J’aime beaucoup les Français, et puis, je me disais que ce serait intéressant pour les Américains de se dire qu’on est tous pareils. Et j’ai passé tellement de temps en France que je savais à quoi elle ressemblerait à l’avance.

Vous êtes-vous inspirées de vos lectrices françaises ?

Le personnage s’appelle Elodie, parce que c’est un prénom que je vois beaucoup dans mes dédicaces et que je trouve très joli. Je ne vois pas mes lectrices assez longtemps pour qu’elles aient influencé le caractère du personnage, mais je me suis inspirée des autres Français que je connais. Je me sens très proche des Français, la France est le premier endroit où je suis allée en dehors des Etats-Unis.

La première fois que je suis venue, je ne savais pas communiquer, la nourriture et l’architecture étaient très différentes… Je me suis sentie très Américaine. A Paris, je suis très proche de mes éditrices, ça me fait une deuxième famille, une deuxième maison. Là j’avais un peu le mal du pays après un mois de tournée en Europe, et je suis venue un peu plus tôt à Paris. Quand j’ai besoin de quelque chose en dehors de chez moi, même sur le plan émotionnel, c’est ici que je le trouve.