«The Haunting of Hill House»: L'épisode six n'est pas passé loin de la catastrophe

SERIE Tourné en plans-séquences, le sixième épisode du drama horrifique, mis en ligne sur Netflix vendredi, a été marqué par un incident technique qui aurait pu compromettre la suite du tournage…

Fabien Randanne

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Julian Hillard et Paxton Singleton dans «The Haunting of Hill House».
Julian Hillard et Paxton Singleton dans «The Haunting of Hill House». — Steve Dietl/Netflix

Une prouesse technique. L’épisode six de The Haunting of Hill House, la série de Mike Flanagan mise en ligne vendredi sur Netflix, est composé uniquement de plans-séquences, c’est-à-dire de longues scènes tournées sans que la caméra ne coupe. Vingt-trois minutes, c’est ce que dure le plan inaugural… 20 Minutes, qui a rencontré une partie des acteurs lors d’une table ronde à Londres début octobre, vous raconte les coulisses de cet épisode si particulier…

Réaliser un épisode uniquement en plans séquence était un défi que Mike Flanagan rêvait de relever. Il l’a accompli avec The Haunting of Hill House. L’épisode six a conditionné l’ensemble de la série, à commencer par la construction des décors. « Les mouvements de caméra traversent les murs, les plafonds… Il fallait des parois amovibles, faire en sorte que la salle des pompes funèbres soit connectée à la maison hantée par un couloir », souligne Kate Siegel, l’actrice interprétant Theodora Crain.

« Une tension que j’aime bien »

« J’ai commencé le travail de mémorisation de cet épisode deux mois avant le tournage, avance de son côté Elizabeth Reaser, qui incarne Shirley Crain. C’est comme si je me préparais à une pièce de théâtre. Une pièce, on la répète généralement en six semaines, alors que là, on n’a eu que deux semaines de répétitions sur le plateau. Et encore, en comptant les essais techniques pour les mouvements de caméra, les techniciens qui bougent les meubles, modifient l’éclairage… »

Le tournage des différents plans-séquences a pris deux matinées. « Savoir que la prise va durer au moins dix-huit minutes, qu’il sera impossible de s’arrêter, d’envisager un plan de coupe pour masquer une petite erreur, que tout devra être au point, apporte une tension que j’aime bien, sourit Michiel Huisman qui joue Steven Crain. On avait répété deux semaines donc les erreurs qu’on était susceptibles étaient de l’ordre du petit pépin, pas du plantage complet comme l’oubli d’une réplique. Même si c’était arrivé, un de mes collègues serait sans doute venu à mon secours. »

Pour le plan d’ouverture, le plus long, il y a eu un faux départ et un raté survenu alors que la prise touchait à sa fin. Le troisième essai fut le bon. Et heureusement, car un gros souci technique n’aurait pas permis de nouvelle tentative.

« Ils savaient que ça allait se casser la gueule, mais ils nous l’ont caché »

Le dispositif reposait sur une dolly, c’est-à-dire une espèce de chariot permettant de déplacer facilement la caméra. « Il était équipé d’un certain type de roues et n’était pas censé être utilisé sur de la moquette », commence Kate Siegel. Et Henry Thomas de compléter : « A force d’avoir répété la scène, les fibres du tapis se sont prises dans la roue et ont grippé le système. » Pile à la fin de la prise, la dolly est tombée en panne, le chariot ne pouvant plus avancer. « Mike Flanagan, le cameraman et les producteurs savaient que ça allait se casser la gueule mais ils nous l’ont caché. Sinon, c’est nous, les acteurs qui nous serions cassé la gueule », rigole Kate Siegel.

« Si la panne était survenue avant, on n’aurait pas pu finir l’épisode, reprend Henry Thomas. Il aurait fallu attendre qu’on nous en livre une autre de Los Angeles alors qu’on tournait à Atlanta [3.500 kilomètres séparent les deux villes]. » C’est cette ultime prise qui apparaît dans l’épisode. La preuve que si la maison de la série est hantée, le plateau de tournage a eu les grâces des bonnes fées.