Expo à Marseille: Les musées? «Un moyen de faire accepter notre art à part», considère Toxic, pionnier du «street art»

STREET ART Le précurseur du mouvement « street art » dans les années 1980 à New York, Toxic, expose ses œuvres à Marseille…

Adrien Max

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Toxic devant deux des œuvres qu'il expose à Marseille.
Toxic devant deux des œuvres qu'il expose à Marseille. — Diego Escobar
  • Toxic expose ses œuvres à Marseille jusqu’au 16 novembre.
  • Il a vécu à Marseille au début des années 2000.
  • Il revient sur l’évolution du street art, et notamment à Marseille.

Un ponte s’expose à Marseille. L’artiste Torrick Ablack, alias Toxic, l’un des précurseurs du  street art à New York dans les années 1980, s’expose à la galerie ArtCan à Marseille jusqu’au 16 novembre. Il y rend hommage au mouvement « Hollywood Africans », dont il est le dernier membre fondateur encore en vie, Basquait et Rammellzzee étant tous les deux décédés. Tout en continuant, de faire évoluer son travail.

Parlez-nous des œuvres que vous exposez à partir de ce vendredi…

Toxic : Beaucoup de pièces sont assez simplistes, même si on retrouve les couleurs vives que j’affectionne, et ma touche personnelle forcément. Mais j’ai voulu me vider la tête et évacuer certaines vieilles habitudes. Dans le street art on ne peut pas rester dans une même chose, il faut toujours évoluer et proposer quelque chose de différent.

Quelle est votre relation avec Marseille ?

Je suis venu vivre à Marseille au début des années 2000. Je suis revenu cette année pour voir l’exposition de Dandy White [un autre précurseur du mouvement street art à New York], c’est toujours un plaisir de retrouver cette ville. J’ai tout de suite beaucoup aimé le métissage des gens. Et la mer aussi.

Une des oeuvres de Toxic, exposée à Marseille.
Une des oeuvres de Toxic, exposée à Marseille. - Giorgio Magini

Comment percevez-vous l’évolution du street art à Marseille ?

Quand je suis arrivé à Marseille on pouvait trouver des grandes pièces vers Endoume, il y avait beaucoup de choses à la Friche également. Depuis le street art s’est démocratisé à Marseille, des mecs font du pochoir, tu vois des tags partout. Je suis venu en voiture et quand je vois les pièces qu’il y a sur les ponts, ça me fait vachement plaisir. La ville considère également mieux les artistes.

Quelles sont les villes européennes les plus enclines au street art ?

J’ai l’impression qu’à Marseille tu peux peindre tout le temps, même dans le centre-ville. A Paris, ça reste moins courant, ou alors plus concentré dans la « banlieue ». Bologne est une ville vachement street art et Florence le devient de plus en plus. Amsterdam et Genève méritent aussi d’être citées, même si c’est compliqué de faire du vandale à Genève.

Comment considérez-vous l’évolution du street art, de plus en plus dans les galeries ?

Je suis ce mouvement depuis les années 1980 à NYC. Déjà à cette époque il y avait des pièces dans des musées, ça a permis à des gens de s’y intéresser. C’est un moyen de faire accepter notre art qui a toujours été perçu comme à part, fait par des minorités. L’art de la rue et l’art des musées ne sont pas le même. Une pièce réalisée dans la rue ne peut entrer au musée, il manque le contexte, son histoire. Mais quand tu fais une toile pour les musées, tu te confrontes à l’histoire de l’art, aux personnes qui sont passées avant toi. L’art de la rue, sur des murs, des trains, des voitures, reste de la décoration.