«Call of Duty: Black Ops 4» avait-il vraiment besoin d'un mode «battle royale»?

JEU VIDEO La célèbre licence «Call of Duty» est de retour ce vendredi sur PS4, Xbox One et PC, avec l'épisode «Black Ops 4» et son propre mode battle royale, réponse directe à «Fortnite»...

Vincent Julé

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«Call of Duty : Black Ops 4» s'attaque au phénomène battle royale avec son mode «Blackout»
«Call of Duty : Black Ops 4» s'attaque au phénomène battle royale avec son mode «Blackout» — Activision

En moins d’un an, Fortnite a changé la face du jeu vidéo en général, et du jeu de tir en particulier. Si la licence culte Call of Duty s’est écoulée à plus de 250 millions d’exemplaires en quinze ans, le jeu gratuit Fortnite et son mode battle royale comptent déjà 125 millions de joueurs dans le monde. Même Gotaga, le frenchy champion du monde de Call of, a changé son fusil d’épaule.

Après un passage à vide (intersidéral) avec Infinite Warfare et un retour aux sources et à la Seconde guerre avec WII, Call of Duty devait réagir, évoluer, au risque de se prendre une balle perdue. La réponse est Black Ops 4, et surtout son mode Blackout.

« Une évolution naturelle et excitante »

Dès son annonce, le nouveau Black Ops met en avant ce Blackout, un battle royale qui ne dit pas son nom. Son concurrent habituel Battlefield disait pouvoir s’en passer, avant se raviser au dernier E3. Codirigeant de Treyarch, le studio derrière Black Ops 4, Dan Bunting n’utilise d’ailleurs jamais le terme de battle royale, ni ne cite le précurseur PUBG ou le phénomène Fortnite.

« Ce genre de jeu n’est pas unique, il n’est pas sorti de nulle part en une nuit, commente-t-il. Il suffit de regarder les MOBA à la DotA et LoL. Il s’agit plus d’une évolution du jeu multiplayer en ligne, une évolution naturelle et excitante. »

Un début de partie qui rappelle furieusement Fortnite.
Un début de partie qui rappelle furieusement Fortnite. - Activision

Ce n’est pas Fortnite, mais ça y ressemble

Pourtant, la bêta du jeu a permis de se rendre compte que Blackout, et ses 100 joueurs lâchés sur une immense carte, ressemblait beaucoup à Fortnite. Et ce, dès le parachutage de début de partie. « Nous avons bien sûr été influencés par ce qui se fait, précise Dan Bunting, mais c’est ce qui est passionnant avec ce mode, et bon pour l’industrie. Chaque créateur peut en proposer sa vision. Notre source d’inspiration principale était d’ailleurs plus la série Black Ops elle-même. Il s’agit à la fois de son aboutissement et de sa célébration, avec des cartes plus nombreuses et plus grandes, de nouveaux mécanismes de combats, ainsi que le retour des Spécialistes et un mode Zombies conséquent. »

Mais plus de campagne solo, une première pour la franchise en forme de déclaration de foi.

Le multijoueur, la priorité

« Black Ops 4 est avant tout une expérience sociale, amicale et multijoueurs, explique le patron du studio Treyarch. A l’époque du premier opus, seuls 10 % des joueurs jouaient en ligne, mais nous sommes arrivés à plus de 90 % sur le troisième. Les joueurs sont donc en demande, et il était logique que l’on concentre notre énergie dans cette direction. Je ne dis pas que ce mode ne reviendra pas, et il existe des missions solos, mais ce n’était pas notre priorité sur cet épisode. »

Le mode Blackout l’était, avec une bêta aux résultats très encourageants et 500.000 spectateurs simultanés sur Twitch, à 200.000 du record établi par Fortnite en juin dernier. « C’est une expérience nouvelle, commente Dan Bunting, une autre manière de divertir à la fois les joueurs mais aussi les spectateurs, car chaque partie est unique, chaque partie est une histoire à part entière. »