Nantes: Installées pour l’été, deux statues vont finalement rester

CULTURE Les éloges «du pas de côté» et «de la transgression» ont de fortes chances de devenir pérennes…

Julie Urbach
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Les oeuvres Eloge du pas de côté et éloge de la transgression pourraient rester
Les oeuvres Eloge du pas de côté et éloge de la transgression pourraient rester — L.Venance AFP
  • Deux des cinq œuvres de Philippe Ramette, installées cet été pour le Voyage à Nantes, pourraient être gardées.
  • Des discussions sont en cours pour définir les modalités.

Elle n’a pas été démontée, dans l’attente que son sort soit scellé. Il est en fait fort probable que les Nantais continuent longtemps à passer devant et la photographier. L’Eloge du pas de côté, cette grande statue en bronze installée place du Bouffay à l’occasion du  Voyage à Nantes, a de grandes chances de rester sur place. C’est en tout cas le souhait de Johanna Rolland, la maire de Nantes, qui a officiellement annoncé sa volonté ce mardi de la voir pérennisée. « Nous aimons ce que cette œuvre dit de notre ville », a-t-elle assuré.

Des touristes devant la statue « Eloge du pas de côté » place du Bouffay à Nantes.
Des touristes devant la statue « Eloge du pas de côté » place du Bouffay à Nantes. - S.Salom-Gomis/AFP

L’Eloge de la transgression, située cours Cambronne et également signée Philippe Ramette, fait l’objet de la même demande. L’avenir de ces deux statues (qui faisaient partie d’un ensemble de cinq oeuvres) serait en fait déjà acté mais les modalités sont encore à définir avec la Drac et l’architecte des bâtiments de France. Si la mairie plaide pour que leur emplacement soit conservé, des études doivent encore confirmer la faisabilité.

« On statufie un état d’esprit »

Le Voyage à Nantes, qui avait déjà annoncé que la statue de Bouffay pourrait être pérenne, avait donné comme condition l’appropriation du public. Un pari qui semble réussi si l’on observe de près le pied de la statue, qui a changé de couleur à force que les passants s’y accrochent, et toutes les photos et selfies qui circulent sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, l’œuvre avait été conçue pour supporter ce poids. Et en juillet, l’artiste Philippe Ramette, qui doit aussi être consulté, s'était dit «honoré» quand l’hypothèse que son œuvre puisse être gardée avait été évoquée.

Sur place, ce mardi après-midi, la nouvelle est bien reçue. «Franchement, c'est une excellente nouvelle, lance Olivier, le coiffeur de la place du Bouffay. Cette place est vide quand les terrasses ne sont pas là. Maintenant, les gens s'arrêtent pour la regarder ou s'asseoir.» «Moi je la trouve sympa même si j'aurais préféré des arbres, indique un autre commerçant. Mais puisque c'est minéral, autant que ce soit cette oeuvre.» «Alors, je suis désolé mais je n'ai toujours pas compris le message», juge un passant. Ironique, il poursuit: «C'est quoi ce pied dans le vide? C'est pour représenter la ville sur le point de sombrer, non?»


« En général, on statufie une personne mais là, nous statufions un état d’esprit, défend David Martineau, adjoint à la culture. L’Eloge du pas de côté démontre la particularité qu’a Nantes de ne pas faire tout à fait comme les autres. La petite fille du cours Cambronne est autant dans l’impertinence que dans la poésie. L’art dans l’espace public n’est pas là pour faire de la provoc, mais pour interroger les gens. »