VIDEO. Hommage à Charles Aznavour: Les fans du chanteur tout en pudeur aux Invalides

EMOTION Ils étaient quelques centaines à s’être rassemblés vendredi matin pour rendre hommage à Charles Aznavour, en toute discrétion…

Claire Barrois

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Les fans de Charles Aznavour sur l'esplanade des Invalides, ce vendredi matin, à Paris.
Les fans de Charles Aznavour sur l'esplanade des Invalides, ce vendredi matin, à Paris. — C. Barrois / 20 Minutes

Il y a eu l’hommage à Johnny, en musique à la Madeleine, près des fans. Mais ce vendredi matin, c’était une tout autre ambiance qui régnait à celui de Charles Aznavour. A l’intérieur des Invalides, coupés de la foule, les invités officiels n’ont eu aucun contact avec les fans, moins nombreux que ceux du rockeur, mais tout de même venus en nombre. Et la foule était à l’image de son idole : rassemblée, cosmopolite et pudique.

Tous ont en commun d’avoir grandi avec Charles Aznavour, dont les chansons ont rythmé leur vie. Tous soulignent le don du chanteur d’origine arménienne pour rassembler les peuples et les générations. « C’était important pour moi de lui dire qu’on est là, comme il a été là pour nous », explique Murielle, venue de Bretagne pour faire ses adieux à son chanteur préféré. Pendant tout l’hommage, diffusé sur un écran géant, la foule est silencieuse. On se recueille, on essuie une larme à l’occasion, mais personne ne chante, hormis si un journaliste accompagné d’une caméra le demande.

Les Arméniens particulièrement émus

En dehors des touristes et des fans français, on retrouve également des Arméniens. Pour eux, cette cérémonie, avec discours, musique, drapeaux et symboles arméniens, a beaucoup de poids. « Quand on oublie ses racines, on ne peut pas avancer dans la vie, soutient Jean, très ému après le morceau de duduk, l’instrument de musique national entré au patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2005. Cet instrument touche au cœur des gens. » Sa compagne, Suzie, admire le combat du chanteur pour la reconnaissance du génocide arménien : « Pour nous il n’est pas mort. Il a laissé une trace impossible à effacer. La nouvelle génération va continuer, ce ne sera jamais oublié, jamais. » Ce que confirme un ancien journaliste turc.

Erol Özkoray a rencontré le chanteur en 1984 et a gardé contact avec lui par la suite. « On avait besoin d’une personne comme lui pour faire la paix, estime-t-il. C’est quelqu’un de très important, c’est le seul qui a fait autant pour la question arménienne et la paix entre les Turcs et les Arméniens. Il était très précieux. »