«The Haunting of Hill House» sur Netflix: Cette maison hantée vous fera flipper et chialer

SERIE En faisant se débattre une famille dans une maison hantée, les dix épisodes de «The Haunting of Hill House» mis en ligne ce vendredi sur Netflix tombent à point pour Halloween…

Fabien Randanne

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Violet McGraw et Henry Thomas dans «The Haunting of Hill House».
Violet McGraw et Henry Thomas dans «The Haunting of Hill House». — Steve Dietl/Netflix
  • Netflix met en ligne ce vendredi les dix épisodes de « The Haunting of Hill House ».
  • Créée par Mike Flanagan, cette série est très librement inspirée du roman de Shirley Jackson sorti à la fin des années 1950 et paru en France sous le titre « La Maison hantée ».
  • Cette série horrifique est aussi un drame familial. L’émotion s’allie aux frissons.

Années 1990, les Crain s’installent à Hill House, un manoir isolé et délabré qu’ils entreprennent de retaper. Les parents et leurs cinq enfants ne tardent pas à être témoins d’étranges phénomènes qui culminent lors d’une nuit tragique. Une vingtaine d’années plus tard, les membres de cette famille qui restent, chacun à leur manière, hantés par le drame qu’ils ont vécu, doivent affronter les démons du passé.

A en juger par le pitch de The Haunting of Hill House qui arrive ce vendredi sur Netflix, on se dit que l’on tient la série horrifique parfaite pour ce mois d’Halloween. D’autant plus qu’elle est inspirée du roman du même nom écrit par Shirley Jackson dans les années 1950. Un bouquin, sorti en France sous le titre La Maison hantée, qui s’est imposé dans la littérature de la trouille comme un modèle du genre. Robert Wise en a tiré en 1963 un classique du cinéma d’horreur, La Maison du diable. Jan de Bont, lui, l’a digéré pour pondre, en 1999, le nanard Hantise avec Catherine Zeta-Jones.

« Notre série est l’adaptation qui prend le plus de liberté. Les personnes familières du livre vont probablement être surprises au premier abord, car il s’agit d’une relecture très contemporaine », note Michiel Huisman rencontré lors d’une table ronde promotionnelle à Londres, début octobre. Celui qui incarne Steven, le fils aîné de la famille Crain à l’âge adulte, tient à rassurer les fans hardcore : « On rend cependant hommage au roman à travers des citations et des clins d’œil. »

Fantômes, voix d’outre-tombe et paranormales activités

Mieux vaut ne pas fermer les paupières trop longtemps pour ne pas passer à côté de ces références car la version Netflix est à deux doigts de casser les murs porteurs de Hill House. Les personnages principaux qui, dans le roman, sont des inconnus les uns pour les autres, se retrouvent avec un arbre généalogique commun dans la série. Au fil des épisodes, l’intrigue fait des allers et retours entre les années 1990 et nos jours et raconte tout autre chose que les chapitres imaginés par Shirley Jackson. Et si les fantômes, les voix d’outre-tombe et les paranormales activités sont bien au rendez-vous, ils surgissent comme des fulgurances terrifiantes dans un récit qui s’intéresse surtout aux protagonistes et à leurs traumas.

Elizabeth Reaser et Michiel Huisman dans «The Haunting of Hill House».
Elizabeth Reaser et Michiel Huisman dans «The Haunting of Hill House». - Steve Dietl/Netflix

« Je dois croire aux personnages et me soucier de ce qui leur arrive afin d’être capable de trembler pour eux. C’est ce qu’il se passe dans The Haunting of Hill House, explique Elizabeth Reaser qui joue la grande sœur. Je trouve fascinant de voir des adultes essayer de rester une famille et de surmonter une situation telle que celle qu’ils doivent affronter. » Pour raconter cela et retracer les événements, chaque épisode change de point de vue et se concentre sur un personnage différent. Le fils aîné sceptique au sujet du surnaturel et devenu auteur de romans d’horreur, le cadet qui tente de décrocher de son addiction à la drogue, l’aînée thanatopractrice psychorigide…

« Tout le monde a eu une enfance compliquée »

L’empathie éprouvée à leur égard fait qu’on oublie rapidement leurs contours stéréotypés. « Les spectateurs viendront peut-être regarder The Haunting of Hill House pour les frissons et resteront ou partiront en raison des personnages, prévient Oliver Jackson-Cohen, qui campe l’un des jumeaux de la famille Crain. Le créateur du show, Mike Flanagan voulait concevoir un drame familial et parler de perte, de chagrin, de la manière dont on se débat avec notre enfance. Il a créé un drame dans lequel le spectateur peut se reconnaître, qu’il soit ou non fan d ’horreur. Tout le monde a eu, d’une manière ou d’une autre, une enfance compliquée. »

The Haunting of Hill House est au final moins une série horrifique qu’un drama familial embarquant le public dans un train fantôme qui aurait remplacé les squelettes en plastique par des âmes au regard mélancoliques. « Le cerveau de Mike Flanagan est en soi une maison hantée, plaisante Kate Siegel, qui joue Theodora, la sœur taiseuse. Il a toujours été intéressé par le genre, mais au fond, il est très romantique. La beauté de son travail est de combiner ces deux aspects. » Effectivement, dans sa série, il y a la stupeur et les tremblements, mais aussi des pleurs et des chamboulements.