«Assassin's Creed Odyssey»: La célèbre franchise à l'heure du choix (des armes, des sexes, des valeurs...)

JEU VIDEO Avec «Odyssey», la licence «Assassin's Creed» embrasse son virage vers le jeu de rôle...

Vincent Julé

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Alexios ou Kassandra ? Faites le(s) bon(s) choix dans «Assassin's Creed Odyssey»
Alexios ou Kassandra ? Faites le(s) bon(s) choix dans «Assassin's Creed Odyssey» — Ubisoft

L’Animus. Depuis dix ans, la franchise Assassin's Creed repose sur cette machine, qui donne accès à la mémoire génétique d’une personne, et permet à Desmond dans les premiers jeux, ou Layla dans les derniers, de revivre les aventures d’anciens maîtres assassins. Une histoire de prédestination, et de malédiction, à laquelle il est devenu difficile de s’intéresser au fil des épisodes, au point qu’elle est passée au second plan dans Origins et Odyssey. « Mais il y a une histoire, le jeu est canonique », précise Marc-Alexis Côté, producteur chez Ubisoft Québec et sur ce nouvel opus, disponible vendredi sur PS4, Xbox One et PC.

Alexios ou Kassandra ? Faites vos jeux

« Malgré le concept et le cadre de l’Animus, le joueur a toujours eu le choix dans Assassin’s Creed, d’aller à droite ou à gauche pour caricaturer, continue le producteur. Mais cette notion est maintenant au centre du jeu, nous l’avons poussé le plus loin possible pour que le joueur soit plus investi, l’expérience plus engageante. » Et cela commence dès le début, avec le héros… ou l’héroïne. « Ubisoft Québec était déjà à l’origine d’une approche identique sur Syndicate, où le joueur contrôlait successivement un frère et une sœur, Jacob et Evie, rappelle Marc-Alexis Côté. Partant de cette réflexion autour du choix, on ne pouvait pas ne pas donner celui-là, c’était une évidence. » Le joueur a donc le choix entre Alexios et Kassandra, tous deux mercenaires, tous deux descendants de Leonidas.

Le plus de liberté possible

Mais cette décision initiale n’a aucune conséquence directe, car homme ou femme, le héros a les mêmes caractéristiques, les mêmes objectifs, assurant ainsi une parité parfaite. L’odyssée n’est en fait pas celle du personnage, mais celle du joueur. « Il s’agit de lui laisser le plus de liberté possible, commente le producteur d’Ubisoft Québec. Que ce soit dans la manière de résoudre des missions, de s’habiller, de se comporter, ou d’aimer. Vous pouvez être neutre, agressif, drôle, préférer les hommes, les femmes… »

Cela se traduit dans le jeu par des dialogues à réponses multiples, une personnalisation de son équipement, une progression des compétences, et de vraies conséquences à court ou long terme. Vous pouvez ainsi choisir de jouer les bad boys ou girls, et tuer, voler, trahir votre camp, mais il faudra vivre avec, car votre réputation vous précédera, et des mercenaires, de plus en plus nombreux et forts, voudront votre peau. Non, vous ne jouez pas à Mass Effect ou The Witcher, mais bien à Assassin’s Creed.

Un virage RPG

« Nous réfléchissons à ce virage RPG depuis plusieurs années, confie Marc-Alexis Côté. Assassin’s Creed est une licence au long cours, à raison de presque un jeu par an, il fallait donc trouver comment la renouveler. Nous sommes arrivés à la conclusion que le joueur devait être plus investi, dépasser la dizaine d’heures de jeu que tu peux maintenant mater sur Twitch comme une série. Notre réponse s’appelle Origins et maintenant Odyssey, avec de l’open world, du choix, de la rejouabilité. »

Le président d’Ubisoft, Yves Guillemot, a déjà annoncé qu’il n’y aurait pas de nouvel épisode « à part entière » en 2019, ce qui ne ferme pas la porte à du contenu additionnel sur Origins. « L’équipe veut vraiment proposer de nouvelles possibilités de jouer de façon fréquente, donc quand vous achetez Odyssey cette année, vous aurez en fait de quoi faire pendant deux ans, explique-t-il à GameSpot. Marc-Alexis Côté abonde : « Enchérir l’expérience selon le retour des joueurs, c’est notre maître mot. Cela peut prendre différentes formes. » La forme d’un MMORPG ? La suite logique serait en effet un Assassin’s Creed Online.