Marseille: L'artiste en manque d'idées a retrouvé l'inspiration... Mais son projet reste mystérieux

CULTURE Un an après l’apparition d’affichettes « artiste recherche idées » dans les rues de Marseille, « 20 Minutes » a retrouvé Alice, l’artiste qui ne souffre plus du syndrome de la page blanche…

Jean Saint-Marc

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Ces affiches fleurissent un peu partout dans l'hypercentre marseillais.
Ces affiches fleurissent un peu partout dans l'hypercentre marseillais. — J.S.-M. / 20 Minutes
  • Le projet « manque d’inspiration » va devenir un site Internet, en février prochain, regroupant toutes les propositions des Marseillais qui ont voulu aider Alice dans sa recherche d’idées.
  • L’artiste reste toutefois très mystérieuse sur ce projet, qu’on a tenté d’analyser avec un autre artiste marseillais.

« Je raccroche, je dois participer à une performance. » Apparemment, Alice ne souffre plus du syndrome de la page blanche. Cette jeune artiste marseillaise avait fait parler d’elle l’an dernier, en placardant dans la cité phocéenne des petites affichettes : « artiste recherche idées », avec son numéro de téléphone. Un an après, le projet a bien avancé : « J’ai terminé la collecte des idées, maintenant je vais les éditer et en faire un site Internet, qui sortira au mois de février », dévoile Alice, qui a brièvement accepté de répondre à nos questions… Tout en laissant planer le mystère sur ses intentions :

«J’ai retranscrit les messages des gens avec leurs idées, en essayant de garder leur façon de parler, leurs fautes d’orthographe, pour leur rendre hommage et les remercier. Je veux donner la parole à ces gens qui m’ont donné tant d’idées… J’étais vraiment surprise, ils étaient très réceptifs, tout le monde se sentait très concerné et voulait me donner cette inspiration que je cherchais ! »

Au téléphone, Alice s’enthousiasme. Nous parle de ce futur site Internet, des performances où elle lit les textos envoyés, qualifie « manque d’inspiration » de « projet principal pour cette année. » Puis, après ce premier coup de fil, elle ne répondra plus à nos appels. Avec ce texto en guise de conclusion : « Je suis très occupée et je n’ai rien à dire de plus pour votre article, je m’excuse encore. »

Comme elle nous a un peu laissés sur notre faim, on a tenté de mieux comprendre son projet en le soumettant à l’artiste marseillais Fred Pradeau, qui intervient à l’école supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée. Bon, ça reste vague, mais on a quelques pistes de compréhension, tout de même.

Sa démarche est-elle originale ?

Il y a plein d’étudiants qui pratiquent ce genre de choses, qui nourrissent leur travail d’opinions qui viennent de gens qui ne sont pas liés au milieu de l’art. Cela permet de trouver une autre matière première, c’est une démarche d’émulation.

C’est en fait une interrogation sur l’idée même d’idée, non ?

Effectivement, et c’est un thème sur lequel de nombreux artistes travaillent. Là, elle dit : tout le monde peut accéder aux idées, ça touche tout le monde. L’artiste ne dit pas « je suis une artiste, je suis exceptionnelle, j’ai des idées. » Elle dit au contraire que tout le monde peut avoir des idées.

C’est une manière de critiquer le monde de l’art ?

Ce serait manière de dire, « hé, les artistes, ça ne sert à rien d’avoir des idées, tout le monde en a, tout le monde est capable d’en avoir ? » Je ne sais pas, je ne suis pas tout à fait sûr, mais peut-être que c’est une façon de questionner avec humour la question de l’idée !