On a rencontré le coach de l'Equipe de France... d'«Overwatch»!

JEU VIDEO L'« autre » Coupe du monde se joue ce week-end à La Grande Arche, à Paris…

Propos recueillis par Vincent Julé

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Le Coupe du monde d'«Overwatch» 2018 passe par Paris du 21 au 23 septembre
Le Coupe du monde d'«Overwatch» 2018 passe par Paris du 21 au 23 septembre — Blizzard

Le pays entier les regarde. Ils ont la pression, mais ils sont prêts, prêts à tout pour ramener la coupe. Les joueurs de l’Equipe de France ? Oui. De football ? Non, ça, c’est fait. De vendredi à dimanche à La Grande Arche, à Paris, se joue la quatrième et dernière phase de la Coupe du monde du jeu Overwatch. Six équipes européennes - la France, l’Allemagne, la Pologne, l’Italie, le Royaume-Uni et les Pays-Bas - s’affrontent pour faire partie des huit formations de la grande finale, le 6 novembre en Californie.

La scène esport connaît un essor incroyable, avec, selon une étude récente du Toornament, une augmentation de 350 % des cash prizes et de 100 % des tournois en moins de trois ans. Et le phénomène Fortnite n’est pas le seul responsable, loin de là, avec des jeux comme DotA2, League of Legends, StarCraft 2 ou Overwatch. Dès la sortie du titre en 2016, son éditeur Blizzard a proposé une ligue professionnelle et mondiale, la première du genre, ainsi qu’une Coupe du monde. Après avoir atteint les demi-finales en 2017, les Français SoOn, Poko ou aKm doivent faire mieux, aussi bien que leurs aînés footballeurs. 20 Minutes a rencontré le head coach Julien Ducros alias daemoN, alors qu’ils viennent de mettre 4-0 aux Pays-Bas. Allez les Bleus !

Comment devient-on coach de l’Equipe de France à 22 ans ?

J’ai toujours été dans de compétition esport, et lorsque le jeu est sorti en mai 2016, je me suis dit qu’il fallait que j’y donne à fond. C’était le moment, j’ai même pris une année sabbatique. Je me suis rendu compte que comme sur les sports traditionnels, il y a des joueurs très forts, surdoués, et il y a les autres, plus techniques, plus théoriques. Je suis de ceux-là, j’aimais tout analyser, préparer les stratégies, et je me retrouvais ainsi souvent capitaine d’équipe. Pourquoi rester joueur, alors que je ne progressais plus, ou pas assez vite. J’ai donc fait la transition, et je suis devenu coach, temporaire, puis fixe. Là, je suis assistant coach chez les Los Angeles Valiant.

La Coupe du monde d’Overwatch est-elle différente des autres compétitions ?

Pas vraiment. Mais la Coupe du monde est la seule compet' où tu peux représenter ton pays. Etre la meilleure équipe, les meilleurs joueurs, mais aussi le meilleur coach. (rires) Depuis trois ans, je rêve de cette position, je travaille dur pour.

Quel est ton rôle exactement, le même que Didier Deschamps ?

L’analogie avec le foot est très vraie. C’est le même travail, les mêmes problématiques, les mêmes dynamiques, pour, j’espère, le meme résultat. (rires) J’ai fait une période de tests pour monter la meilleure équipe possible. Il faut des stars bien sûr, mais également des joueurs plus supportifs. Une équipe de stars ne donne pas forcément les meilleurs résultats. Je suis un soutien psychologique, moral, même si je suis le membre le plus jeune de l’équipe. Je crois que je suis même le plus jeune coach du tournoi.

C’est peut-être un problème aux yeux de certains, mais je crois avoir fait preuve de maturité qu’il s’agisse de mes connaissances, de mes actions ou de mes relations avec les joueurs et les autres entités du milieu. Le jeu vidéo n’a pas encore des joueurs avec des expériences comparables aux footballeurs, mais je compte bien être sur la scène esport jusqu’à mes 30, 40 ou 50 ans. Blizzard voit de toute façon sur le long terme.

Comment se prépare-t-on à une Coupe du monde ?

Nous nous sommes pris un bon mois pour se préparer, un vrai bootcamp chez le partenaire RedBull, on s’est donnés à fond. Maintenant, il faut jouer. Et gagner.