Strasbourg: D'où viennent les films les plus flippants du festival européen du film fantastique?

CINEMA Plongée dans les territoires d’origine des films d’horreur à l’occasion de la onzième édition du Festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS)…

Bruno Poussard

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Après avoir fait trembler des générations de jeunes spectateurs, le film L'Exorciste fait aussi partie des projections du festival du film fantastique de Strasbourg cette année.
Après avoir fait trembler des générations de jeunes spectateurs, le film L'Exorciste fait aussi partie des projections du festival du film fantastique de Strasbourg cette année. — RonaldgrantT/M. Evans/Sipa.
  • Lancée le 14 septembre, la onzième édition du Festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS) au riche programme dure jusqu'à ce dimanche.
  • Comme chaque année, le rendez-vous alsacien du film de genre fait la part belle aux productions du monde entier. Mais d'où viennent les plus flippantes?

L'horreur et la peur n’ont pas de frontières ni de limites. Mais ont-ils cependant des pays d’origine ? Pour tenter de le comprendre, direction le Festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS), au riche programme jusqu’à ce dimanche. Mais diablement angoissant pour sa 11e édition.

Pas du genre flipettes, les habitués viennent avant tout pour des productions qu’ils ne pourront voir ailleurs (car certains ne sortiront jamais en France). Etudiant, Louis a même séché les cours pour enchaîner les séances ce mercredi : « La programmation est éclectique, avec différentes façons de faire à observer. Par exemple, les Coréens ont la leur. »

Des films taïwanais, iraniens, portugais, indiens…

En scrutant divers marchés et festivals (Cannes et Berlin pour les plus connus), le FEFFS retient des films du monde entier. Lancé en 2008, le rendez-vous européen a tout de suite fait une place à des films indépendants américains. Avant d’intégrer, dès 2010, une compétition internationale au « spectre sans limite » selon son directeur artistique. Daniel Cohen poursuit : « On cherche avant tout des bons films, mais certains prennent une dimension particulière dans certains contextes géographiques. »

Au planning cette année du festival habitué à accueillir des exclusivités ou des avant-premières, des films taïwanais, iraniens, portugais, indiens, argentins… Chercheur, Matthias attend d’être surpris ou dérangé mais ne choisit pas en fonction de l’origine des films : « Du cinéma nouveau, il peut y en avoir de partout. C’est surtout l’occasion de voir une autre vision du monde, une autre imaginaire, une autre mythologie. »

Des tons et des tendances suivant les pays d’origine

Mais certains pays ont-ils des films plus flippants que d’autres ? « Les Anglo-saxons ont toujours été de gros producteurs, l’Espagne a eu sa période, les Scandinaves en ont aussi comme les Allemands avec une sorte d’école berlinoise très sombre », liste entre autres Daniel Cohen.

Selon le spécialiste, des tendances se dégagent également des films noirs. Comme le « ton décalé » des Grecs. La « manière assez crue d’aborder le rapport au corps » du réalisateur brésilien de Cannibal club. La « créativité » des Américains. Ou la « façon haletante de filmer les scènes d’action violentes » des Coréens. Habituée et curieuse, Catherine clarifie en conclusion : « Mais on ne vient pas juste avoir peur, plutôt pour des films différents, oniriques ou angoissants. »