Lyon: Le loto du patrimoine, un «coup de pouce», qui suscite un vrai engouement

PATRIMOINE Un quart des tickets à gratter ont été vendus. Ce dont s'est félicitée la ministre de la Culture en déplacement dans le Rhône dimanche...

Caroline Girardon

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Françoise Nyssen lors d'un déplacement à Chaponost sur le site de l'Aqueduc, l'un des 18 sites à sauver  en priorité,  sélectionnés par la mission Bern.
Françoise Nyssen lors d'un déplacement à Chaponost sur le site de l'Aqueduc, l'un des 18 sites à sauver en priorité, sélectionnés par la mission Bern. — C. Girardon / 20 Minutes
  • Un quart des tickets à gratter du patrimoine du loto ont été vendus depuis le 3 septembre.
  • Au total, 8 millions d’euros, sur les 15 à 20 visés, ont été récoltés.
  • Un coup de pouce pour les édifices en péril qui doivent néanmoins chercher de l’argent ailleurs.

Un succès quasi inespéré. Malgré les craintes et les voix des buralistes qui s’élevaient contre le prix des tickets à gratter. Moins de deux semaines après son lancement, le loto du patrimoine a pourtant connu des débuts fulgurants.

« Un quart des tickets ont été vendus. C’est l’un des meilleurs lancements que nous ayons connu. Et cela va bien au-delà de nos prévisions », concède Pascal Chaffard, directeur général adjoint de la Française des Jeux. Quatre millions et demi d’euros ont ainsi été engrangés. Une somme à laquelle il faut rajouter les gains du tirage spécial de vendredi 14 septembre.

La moitié de l’objectif quasiment atteint

« Deux millions et demi de joueurs se sont manifestés. Ce qui a permis de collecter plus de 3,5 millions d’euros sur ce seul tirage. Au total, 8 millions d’euros ont été rassemblés depuis le début du mois de septembre », poursuit Pascal Chaffard. Soit quasiment la moitié des objectifs fixés. A savoir entre 15 et 20 millions d’euros avant la fin de l’année 2018.

« Souvent, quand on démarre quelque chose de nouveau, il y a toujours une interrogation. Mais cela montre que le pessimisme n’est pas forcément ce qu’il y a lieu de ressentir, ajoute Françoise Nyssen, la ministre de la Culture en déplacement dimanche à Chaponost dans le Rhône. Cela prouve que les Français sont généreux, qu’ils aiment leur patrimoine. Et que le patrimoine est une passion engagée ». La communication a aussi fait le reste. « On a fait ce qu’il faut. Mais l’engouement des gens pour le patrimoine n’est pas feint », observe Pascal Chaffard.

Un coup de pouce

A Chaponost, justement, l'aqueduc a été retenu parmi les 18 sites en péril qui seront aidés en priorité. Le site a reçu pour cela presque 200.000 d'euros (deux chèques de 97.000 et 96.000 euros). « C’est un coup de pouce pour continuer », estime Jean-Bernard Nuiry, délégué régional de la Fondation patrimoine.

« Ce n’est pas une avalanche d’euros qui va finalement sauver l’édifice mais c’est une énorme notoriété ; une grosse goutte d’eau », plaisante Prescilia Lakehal, adjointe de la Culture. Actuellement, 6 arches de l’édifice qui mesurait 86 kilomètres et qui reliait la ville de Saint-Chamond à la colline de Fourvière, ont été restaurées. Il en reste encore 31. « Depuis 2016, nous avons réussi à récolter 40.000 euros. Il faut encore trouver 1,4 million », ajoute l’élue.

« Cette mise en avant par le loto du patrimoine va forcément rapporter de l’argent indirectement. Cette notoriété va nous aider à aller chercher des financements complémentaires, à convaincre des mécènes privés. Et pourquoi déposer un dossier auprès de l’Unesco ou de l’Europe », conclut Jean-Bernard Nuiry.