VIDEO. «Shadow of the Tomb Raider»: Lara Croft, héroïne de pixels, de muscles et d'émotions

JEU VIDEO Le nouveau jeu « Tomb Raider », conclusion de la trilogie originelle sur Lara Croft, sort vendredi sur Xbox One, PS4 et PC…

Vincent Julé

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Lara Croft est de retour, plus mature et plus musclée, dans «Shadow of the Tomb Raider»
Lara Croft est de retour, plus mature et plus musclée, dans «Shadow of the Tomb Raider» — Square Enix

Héroïne la plus connue du jeu vidéo, Lara Croft a bien changé en vingt ans et presque autant de jeux Tomb Raider. A l’origine aventurière bimbo, avec mini-short et gros polygones, elle est devenue, depuis son reboot en 2013, une étudiante en archéologie plus jeune, plus réaliste, plus moderne. Cette évolution physique, psychologique, sociale continue dans Shadow of the Tomb Raider, suite de Rise et conclusion de la trilogie d’origine sur Lara Croft.

Que le joueur questionne le personnage

« Lara a longtemps été lisse, faite de téflon et de pixels, commente Fleur Marty, productrice sur Shadow. Le reboot la présentait comme naïve et utopiste, et elle se prenait la vie en pleine tronche. » On se souvient de la séquence polémique de l’agression sexuelle, qui prend aujourd’hui un écho différent avec le mouvement #MeToo et qui rappelle que Lara est une héroïne, mais aussi une femme, une « survivante ».

Si ce nouveau jeu n’est pas un épisode révolutionnaire pour la franchise, avoue elle-même la productrice, il est celui de la maturité pour Lara : « Nous voulions que le joueur questionne le personnage, son état d’esprit, ses motivations, ses limites. Elle est la cause de l’apocalypse, et elle est la seule à pouvoir l’arrêter. Elle n’est pas forcément présentée sous un jour aimable, sympathique, surtout en contraste avec le méchant Dominguez, plus posé, plus sage. Cette dualité, ce rapport à la vie et à la mort, ce jeu d’ombre et lumière, est au coeur du jeu. »

« Lara est une vraie héroïne, pas une super-héroïne »

Pour Fleur Marty, travailler sur Tomb Raider a été à la fois excitant et effrayant : « Je me sentais une responsabilité en tant que femme, car Lara est une icône pour des générations, et à faire découvrir aux nouvelles générations. Il fallait la moderniser, que les joueurs et joueuses puissent s’identifier à ses failles, ses doutes, ses émotions. Elle est une vraie héroïne, pas une super-héroïne. » Elle n’est pas la seule femme dans l’équipe de développement, avec également Jill Murray au scénario, après les deux précédents épisodes écrits par Rhianna Pratchett, fille de Terry, le célèbre auteur de fantasy. « Mais il n’y a pas assez de femmes dans le jeu vidéo, confie la productrice, et le studio Eidos ne déroge malheureusement pas à la règle. Avec plus de femmes, de points de vue, de diversité et de richesse, on obtient juste de meilleurs jeux. »

A la force du bras

Si Shadow tente de renouveler avec l’esprit des jeux canoniques de Tomb Raider, et donc ses tombeaux à ouvrir, il renouvelle aussi la mécanique de jeu, avec par exemple l’ajout du rappel ou le camouflage à la Predator et surtout à la Deus Ex, la licence phare d’Eidos. Des aptitudes que Lara a gagnées à force d’aventures, et à la force du bras. « C’est ma petite victoire à moi, explique Fleur Marty, également adepte de CrossFit. Lara a encore évolué physiquement, elle a des muscles. Qui ne sont pas là par hasard. Elle passe son temps accrochée à des corniches, elle doit avec le corps qui va avec. »

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