VIDEO. La Belgique recule sur la réforme du participe passé qu'elle avait envisagé(e)

CONJUGAISON La Belgique renonce, pour le moment, à changer les règles d'accord du participe passé...

B.C. avec AFP

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La conjugaison, passion française. Ici, un exercice de CM2 en 2016
La conjugaison, passion française. Ici, un exercice de CM2 en 2016 — GILE MICHEL/SIPA

Doit-on écrire « La langue française que nous avons massacré » ou «  La langue française que nous avons massacrée » ? A priori la seconde proposition restera la bonne. Les autorités de la Belgique francophone ont annoncé qu’ils ne réformeront  l’accord du participe passé qu’à condition que cela se fasse « dans un cadre international », selon un responsable de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), entité compétente sur ces questions.

« Il n’y a pas d’intention à court terme de travailler sur cette question-là », a déclaré Eric Etienne, porte-parole de la ministre de l’Education francophone, Marie-Martine Schyns. Et surtout, a-t-il ajouté, « avancer là-dessus devrait se faire dans un cadre international, sinon ça n’a pas beaucoup de sens ».

Avant ou après l’auxiliaire

Une vive polémique était née ces derniers jours sur la question. Le débat a resurgi en France sur la simplification de l’accord du participe passé, avec la médiatisation du travail de deux anciens professeurs belges qui militent pour une telle réforme, Jérôme Piron et Arnaud Hoedt, qui jugent que l’orthographe française est un « vrai casse-tête ».

Ils souhaiteraient que le participe passé devienne invariable en cas d’emploi avec l’auxiliaire avoir. Pour mémoire, actuellement le participé passé s’accorde avec le complément d’objet direct lorsque celui-ci est placé avant l’auxiliaire. C’est pourtant simple !

Une règle qui « infantilise »

En Belgique le Conseil de la langue française et de la politique linguistique, qui dépend du gouvernement de la FWB, avait émis dans son bilan de l’année 2015 un avis suggérant de réformer en profondeur l’accord du participe passé.

Et trois ans plus tard, Jean-Marie Klinkenberg, le linguiste belge qui préside ce conseil, continue de plaider pour ce qu’il considère relever du « respect du citoyen ». « On souhaite une réforme parce qu’il est impossible d’expliquer intelligemment pourquoi cet accord, a déclaré Jean-Marie Klinkenberg samedi sur la chaîne francophone RTBF. La langue est notre principal instrument pour nous situer dans la société, pour avancer. Il faut que chaque citoyen puisse se sentir chez lui dans sa langue. Tout ce qui l’infantilise et le fragilise on doit le corriger. »