«Spider-Man» sur PS4: Voltiger entre les buildings? Tout un état d'esprit!

JEU VIDEO Un grand jeu implique de grandes responsabilités...

Vincent Julé

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«Spider-Man» sur PS4, ou l'ivresse des hauteurs
«Spider-Man» sur PS4, ou l'ivresse des hauteurs — 2018 Marvel

Depuis son annonce à l’E3 2016, le nouveau jeu de l’homme araignée, sobrement titré Spider-Man, cristallise les attentes et espoirs des fan boys & girls. Non pas que les super-héros aient besoin d’un bon jeu (d’Injustice 2 à Marvel vs Capcom Infinite pour les plus récents), ni même d’un bon jeu Spider-Man (Shattered Dimensions). Mais le héros Marvel a été tellement maltraité au cinéma, avec trois incarnations et franchises en moins de dix ans, que son salut ne pouvait venir que d’ailleurs, d’un autre média. Et le studio Insomniac Games (Spyro, Ratchet & Clank) l’a bien compris, puisqu’il lâche le joueur dans le jeu au début. Mais littéralement, du haut d’un immeuble.

Un mode de vie

Il s’agit donc de s’accrocher d’un gratte-ciel à un lampadaire, de tisser sa toile, de voltiger entre les buildings new-yorkais. Ah, voltiger dans les airs ! Si Peter Parker et son alter ego Spider-Man ont toujours été cette métaphore de l’adolescence, ce super-héros de quartier, depuis les films de Sam Raimi et l’avènement des effets spéciaux, il est aussi cet esprit de liberté. Le jeu Spider-Man sur PS4 en fait son mantra, presque sa raison d’être, grâce un effet de balancier parfait. Si la haute voltige est d’abord un moyen de transport redoutable, il devient vite un mode de vie à part entière.

Un Manhattan réaliste et spectaculaire

Le joueur s’en rend d’autant plus compte lorsque, au détour d’une mission ou d’un raté, il retombe sur la terre ferme, au milieu de la foule, qui l’interpelle, lui demande des selfies. Il aura vite fait de rejoindre les hauteurs, grisé par le spectacle d’un Manhattan réaliste et spectaculaire. A l’instar de Red Dead Redemption et ses errances au soleil couchant, il n’est pas interdit de préférer une balade aérienne de Central Park ou Times Square à certaines quêtes annexes, artificielles et répétitives. Et lorsque le devoir appelle, en fait la baston, là encore, le gameplay, très dynamique et très inspiré des Batman : Arkham, encourage aux combos et aux esquives, mais aussi aux chorégraphies et finalement à ne pas ou peu poser le pied à terre.

Lâcher prise

Ce nouveau Spider-Man rappelle tout de même le super-joueur à sa condition de mortel, et n’oublie pas l’humain derrière le masque. Il faut passer sur le design générique du personnage, et encore plus des méchants, pour découvrir un Peter Parker qui fait la synthèse de ses doubles cinématographiques, un Peter Parker qui est Spidey depuis huit ans, qui connaît la chanson. Attention, il n’est pas devenu plus mature, il continue à ne pas se prendre aux sérieux, à se raconter des histoires et à multiplier les punchlines. Mais l’histoire déjoue certaines attentes, prend des chemins de traverse et finit par émouvoir le joueur qui était venu pour s’éclater. C’est bon, vous pouvez lâcher prise.