Kendji Girac à «un gros tournant» de sa carrière avec son nouvel album

MUSIQUE «Amigo», le troisième album de Kendji Girac sort ce vendredi. Il évoque, pour «20 Minutes», ses craintes et espoirs, ses collaborations avec Vianney et Damso et ses rêves d’acteur…

Fabien Randanne

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Le chanteur Kendji Girac.
Le chanteur Kendji Girac. — Fifou
  • « Amigo », le troisième album de Kendji Girac sera disponible vendredi.
  • Le chanteur de 22 ans, qui estime être « à un tournant de sa carrière », a voulu livrer une poignée de morceaux plus urbains.
  • Kendji Girac confie également qu’il se verrait bien sur la scène de l’Eurovision ou dans un film d’action…

 

C’est un Kendji Girac préoccupé par son poids que l’on retrouve un mercredi d’août dans un café à deux pas du Panthéon. « Sur les réseaux sociaux, certains ont dit que j’avais grossi de dix kilos. Ce n’est pas vrai, j’ai dû en prendre trois ou quatre. Ça m’a blessé, mais ça m’a donné envie de revenir en forme », glisse le chanteur, qui a finalement commandé un jus de fruits pas trop mauvais pour sa ligne.

Un retour en forme et en force pour l’artiste de 22 ans qui sort son nouvel opus, Amigo, ce vendredi. « Cet album, je pense, va être un gros tournant dans ma carrière, envisage-t-il. C’est mon troisième, j’imagine que je n’ai pas le droit de me tromper. Je ne veux pas que les gens soient déçus ».

Il a beau se rassurer en se disant qu’il a « bien travaillé » et qu’il a « confiance en [ses] fans », il ressent toujours « cette petite boule d’appréhension, comme à chaque fois ». Peut-être est-elle plus intense que d’habitude car, en 2017, il s’est mis en retrait de la scène le temps d’une année sabbatique. Il espère donc que le public se reconnectera facilement. « La pause était nécessaire. Les deux années où j’ai travaillé sans m’arrêter ont été très intenses. J’ai enchaîné deux albums et 170 concerts. J’en suis heureux, c’était beau, mais aussi fatigant. Les gens ont du mal à comprendre parfois. Ils ne voient pas le travail que cela représente. Ils croient que tout est rose, que les musiques sortent toutes seules. Or, pour que nous, artistes, continuions à éprouver du plaisir, il faut aussi du repos », explique-t-il avant de concéder en souriant : « Bon, un an à me reposer, je finissais par m’ennuyer. »

« Je refuse des mots qui ne correspondent pas à mon vocabulaire »

Les deux premiers albums, Kendji et Ensemble, sortis en 2014 et 2015, ont été respectivement double disque de diamant et disque de diamant, synonymes de ventes dépassant pour l’un le million d’exemplaires et les 500.000 pour l’autre. L’objectif est donc de faire aussi bien. Les deux premiers extraits d’Amigo livrés en avant-goût au printemps, Maria Maria et Pour oublier, ont moins affolé les foules qu’Andalouse ou Les yeux de la mama, mais cet album de treize titres contient suffisamment de morceaux solides pour ouvrir la voie à un succès comparable à celui de ses prédécesseurs.

Son public y retrouvera les rythmes chaleureux qu’il affectionne tout en lui découvrant une nouvelle facette. « J’écoute beaucoup de rap. J’ai donc voulu faire de l’urbain », explique le chanteur qui a sollicité « la plume incroyable » de Damso pour quatre titres. Du côté des signatures, on retrouve celle de Vianney sur trois morceaux. « C’est un gars très intelligent. On s’est très bien entendus. Il a vite compris ce que je voulais. Je lui ai raconté des histoires de ma vie et il m’a écrit des chansons sur mesure en se mettant à ma place », se réjouit Kendji, très attentif à la pertinence des paroles. « Parfois, je refuse des mots qui ne correspondent pas à mon vocabulaire. Je veux des mots qui me ressemblent, du quotidien. Quand je chante, il faut que cela soit vrai, que je fasse passer le message, le conseil que je veux donner. »

« Même les gitans se sont radoucis à mon égard »

L’artiste qui n’avait pas tout à fait 18 ans lorsqu’il a remporté The Voice en 2014 est conscient d’être un modèle pour beaucoup. Notamment pour les plus jeunes. « On fait tous des erreurs, personne n’est parfait, mais il faut essayer d’être au maximum bien, pour être un exemple. » Les esprits moqueurs trouveront ses propos naïfs, mais on ressent chez Kendji une sincérité désarmante, une profonde volonté de bien faire, de porter des messages optimistes, de véhiculer des valeurs nobles. Une positive attitude qui revient fréquemment dans ses réponses.

Le chanteur sait, qu’il le veuille ou non, qu’il incarne aussi la communauté des gens du voyage dans un paysage médiatique pas forcément avare en clichés. « Je n’ai jamais été un porte-parole et je ne veux pas l’être. Mais j’ai montré aux gens que, chez les gitans – excusez-moi pour l’expression -, il n’y a pas que des cons. J’ai fait voir ce côté positif et je suis content d’avoir adouci les préjugés à deux balles venus d’un autre temps. Même les gitans se sont radoucis à mon égard car ils voient que j’ai une bonne démarche. »

« J’aimerais bien représenter la France à l’Eurovision »

Kendji a soif de défis. Il se verrait par exemple bien sur la scène de l’Eurovision. « C’est une mise en danger, ce doit être stressant mais, si j’ai une bonne chanson, j’aimerais bien représenter la France. Ça doit être costaud, immense, on doit sentir un poids sur les épaules. J’aimerais vraiment bien le vivre pour savoir ce que ça fait. »

Son rêve ? Jouer la comédie. « J’adore les films d’action, de guerre, avec des flammes, des explosions », avance celui qui se dit « très très fan » de Jason Statham et Johnny Depp. Quand on lui demande si un rôle de méchant l’amuserait, le chanteur est hésitant. « Pourquoi pas ? Je ne sais pas si j’arriverais à le faire. Si je jouais un rôle de méchant, il faudrait que je le fasse jusqu’au bout. Mais j’aurais peur qu’on me confonde avec le personnage. » L’autre option qui le séduit : « un rôle dans un bon film romantique. 50 nuances de Grey, genre » et de se marrer : « Un Grey gitan ».