Eurovision: Après les menaces, Israël trouve une solution pour organiser l'édition 2019

MUSIQUE La chaîne KAN, qui a perdu son bras de fer face au gouvernement israélien, va faire un prêt pour verser avant ce mardi soir les 12 millions d'euros exigés par l'Union européenne de radio-télévision...

Fabien Randanne

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La délégation israélienne victorieuse de l'Eurovision 2018, le 14 mai à Lisbonne.
La délégation israélienne victorieuse de l'Eurovision 2018, le 14 mai à Lisbonne. — Thomas Hanses

Le suspense aura duré jusqu’au bout. Israël accueillera bien l’Eurovision 2019. Selon le quotidien Haaretz, la chaîne KAN va finalement contracter un prêt afin de verser les 12 millions d’euros de garantie exigés par l’ Union européenne de radio-télévision (UER) qui chapeaute l’événement. Et en cas d’annulation l’Etat se portera garant.

Tel est le dénouement de plusieurs jours de crise et de coups de pression. KAN avait jusqu’à ce mardi, dernier délai, pour payer. Or, ce lundi, elle était encore en plein bras de fer avec le gouvernement israélien afin qu’il participe au financement. « Après le 14 août, il ne sera plus possible de revenir en arrière et l’Eurovision 2019 ne pourra pas se tenir en Israël », alertait ainsi dimanche Gil Omer, le président de KAN, dans une lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahou, afin qu’il se décide à mettre la main à la poche.

Et d’ajouter « Ces deux dernières semaines, nous avons déployé beaucoup d’efforts pour informer les décideurs des difficultés auxquelles nous sommes confrontés afin de tout mettre en œuvre pour les résoudre. (…) Malheureusement, nos demandes réitérées pour remédier à ces graves problèmes qui empêchent d’accueillir le concours en Israël n’ont pas reçu de réponse. »

Netanyahou aurait menacé de supprimer la chaîne

Benjamin Netanyahou est resté inflexible. A en croire des médias locaux dont Haaretz, il aurait mis à son tour la pression lundi soir sur la chaîne KAN, en menaçant de la supprimer purement et simplement via un décret. Dans le même temps, l’UER faisait savoir au site ESC Today que, comme tous les ans, des plans de secours, étaient prévus au cas où un diffuseur ne remplirait pas les exigences requises. La rumeur a ainsi circulé que l’organisation du concours aurait pu être confiée à l’Autriche arrivée troisième du dernier concours, derrière Israël et Chypre.

Sauf ultime rebondissement de dernière minute, l’Eurovision 2019 prend donc la route vers Israël. Reste à désigner la ville hôte. Pour l’heure trois candidatures ont été déposées. Celle de Jerusalem a d’infimes chances d’aboutir en raison de risques de boycotts et de motifs religieux – les orthodoxes ayant des exigences particulières sur les jours dévolus aux répétitions. Eilat est également en course, mais ne dispose pas encore d’une salle assez grande pour accueillir l’événement. C’est pourquoi, sans grande surprise, la candidature de Tel Aviv devrait être retenue. Réponse en septembre.