Eurovision: Israël risque de ne pas pouvoir organiser l'édition 2019

MUSIQUE Il ne reste que jusqu’à ce mardi pour que la chaîne KAN et le gouvernement israélien trouvent un accord sur le financement de l’Eurovision 2019 faute de quoi l’événement ne pourra se tenir en Israël…

Fabien Randanne

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Le 13 mai 2018, l'Israélienne Netta Barzilai a remporté l'Eurovision à Lisbonne (Portugal) avec sa chanson «Toy».
Le 13 mai 2018, l'Israélienne Netta Barzilai a remporté l'Eurovision à Lisbonne (Portugal) avec sa chanson «Toy». — FRANCISCO LEONG / AFP

C’est une péripétie de plus dans l’organisation de l’Eurovision-2019 en Israël. Après les menaces de boycott en cas de concours à Jérusalem, après les tergiversation de Tel-Aviv pour se proposer d’accueillir la prochaine édition… C’est au tour de la tenue même de l’événement dans l’État hébreu d’être compromis.

La chaîne israélienne KAN, chargée d’organiser le concours 2019, devait verser une garantie de 12 millions d’euros à l’Union européenne de radiotélévision (UER) qui chapeaute l’Eurovision. La date butoir était au départ fixée au 31 juillet mais un délai supplémentaire a été accordé. KAN a jusqu’au 14 août pour se mettre d’accord avec le gouvernement israélien sur le budget final et les sources de financement. L’échéance arrive donc à expiration ce mardi mais, pour le moment, les négociations n’ont pas avancé.

Dimanche, Gil Omer, le président de KAN a publié une lettre ouverte dans laquelle il alerte Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, du fait que, « après le 14 août, il ne sera plus possible de revenir en arrière et [que] l’Eurovision-2019 ne pourra pas se tenir en Israël » si le gouvernement ne met pas la main à la poche, relaye i24News.

Bras de fer

« Ces deux dernières semaines, nous avons déployé beaucoup d’efforts pour informer les décideurs des difficultés auxquelles nous sommes confrontés afin de tout mettre en œuvre pour les résoudre, a ajouté Gil Omer. Malheureusement, nos demandes réitérées pour remédier à ces graves problèmes qui empêchent d’accueillir le concours en Israël n’ont pas reçu de réponse. »

Selon le portail d’actualités israélien Mako, une source proche de Benjamin Netanyahou accuse la chaîne d’avoir « un comportement dépensier » et affirme qu’elle est en capacité de rassembler le budget nécessaire. Mais la direction de KAN semble décidée à laisser la balle dans le camp du gouvernement et à maintenir la pression. Autrement dit, le bras de fer continue.

« J’imagine mal Netanyahou ne pas trouver une solution. Perdre l’organisation de l’Eurovision aurait des conséquences désastreuses sur sa popularité et des élections législatives semblent se profiler pour 2019. Nul doute qu’il voudra en profiter dans sa campagne », analysait dimanche sur son compte Twitter Julien Bahloul, ex-journaliste de la chaîne d’info en continu israélienne i24news.

Un enjeu pour Netanyahou

Un journaliste culture d’un grand quotidien israélien – qui a tenu à garder l’anonymat – estime lui aussi que les choses devraient rentrer dans l’ordre : « L’Eurovision en Israël est très très importante pour l’image du pays. Le Premier ministre est revenu sur une loi pour le concours, donc je pense que ça va le faire. »

En juin, Benjamin Netanyahu a en effet suspendu le projet visant à séparer la Société audiovisuelle israélienne – c’est-à-dire la chaîne KAN – de sa branche consacrée aux informations. Une telle disposition serait allée à l’encontre des exigences de l’UER pour pouvoir organiser le concours de chansons. La Knesset, l’équivalent de l’Assemblée nationale dans l’État hébreu, avait pourtant voté cette loi en première lecture. Que le Premier ministre passe outre, prouve que la tenue de l’Eurovision en Israël est pour lui un sujet d’importance.

Il ne lui reste que quelques heures pour que l’édition 2019 n’échappe pas à son pays. Il est encore suffisamment tôt pour que l’UER trouve un plan B et un nouveau pays hôte en cas de défection israélienne.