«Sharp Objects»: Trois bonnes raisons de découvrir l'une des meilleures séries de cet été

SERIE En cours de diffusion sur la chaîne HBO, la série de Jean-Marc Vallée avec Amy Adams et d'après un roman de Gillian Flynn est visible en France sur OCS...

Fabien Randanne

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De gauche à droite: Patricia Clarkson, Eliza Scanlen et Amy Adams dans «Sharp Objects».
De gauche à droite: Patricia Clarkson, Eliza Scanlen et Amy Adams dans «Sharp Objects». — HBO
  • Sharp Objects est l’adaptation, en huit épisodes, du premier livre de Gillian Flynn, Sur ma peau.
  • Réalisée par Jean-Marc Vallée, la mini-série met en scène Amy Adams dans le rôle principal, celui d'une journaliste en reportage dans sa ville natale, où des meurtres ont été commis. 
  • Sharp Objects est diffusée en France sur OCS.

Le sixième des huit épisodes de Sharp Objects est à découvrir ce lundi soir, à 20h55, sur OCS City, au lendemain de sa diffusion sur la chaîne américaine HBO. Cette mini-série à l’atmosphère poisseuse et étouffante sur une journaliste rongée par ses traumas ne fait pas beaucoup parler d’elle en France, du moins, pour le moment. Voici trois raisons de rattraper les premiers épisodes si d’aventure ils avaient échappé à votre radar.

 

  • Parce que « Sharp Objects » est l’adaptation d’un roman de l’auteure de « Gone Girl »

Gillian Flynn a marqué le thriller psychologique de son empreinte aux Etats-Unis. Là-bas, nombreux sont les livres qui aiment à se vendre, sur leur couverture, comme « le nouveau Gone Girl ». Le troisième roman de l’auteure (sorti en France sous le titre Les Apparences en 2012) a fini de conquérir le grand public avec son adaptation cinématographique par David Fincher en 2014. L’histoire d’un homme soupçonné du meurtre de sa femme qui s’est mystérieusement volatilisée était racontée avec un sens certain du suspense et des rebondissements au fil de chapitres faisant alterner les points de vue, avec un ton parfois cru.

Sharp Objects, le premier roman de Gillian Flynn, paru en France sous le titre de Sur ma peau (Calmann-Lévy), a droit à son tour à une adaptation. L’intrigue, qui entremêle le passé et le présent, suit Camille Preaker, une journaliste envoyée en reportage dans sa ville natale secouée par le meurtre de deux adolescentes. A Wind Gap, Mississippi, elle retrouve tout ce qu’elle avait cherché à fuir et doit dompter ses démons intérieurs. Le récit est moins tourné vers l’enquête et sa résolution que vers la description acide d’une petite communauté conservatrice. C’est aussi une plongée dans les tourments d’une anti-héroïne torturée. « Quand j’ai cherché à vendre ce livre en 2006, personne n’en voulait, se remémorait en juin Gillian Flynn pour Entertainment Weekly. On me disait que les hommes n’aimaient pas lire d’histoires sur les femmes et que les femmes n’aimaient pas les femmes comme cette femme. On a fait du chemin, mais il est important de parler de ces choses. Il est dangereux de prétendre que les femmes n’ont pas de colère. »

  • Parce que Amy Adams y est excellente

Après ses performances dans The Master (2012) et Premier Contact(2016), Amy Adams a trouvé dans Sharp Objects l’un des rôles les plus marquants de sa carrière. Camille Preacher, une journaliste qui revient dans la maison où elle a grandi, ne s’est jamais remise d’un traumatisme subi à l’adolescence. Le professionnel se confond rapidement avec l’intime puisque son reportage l’amène à recroiser des visages du passé et à se confronter à sa mère, campée par une Patricia Clarkson à la froideur impériale. Aussi Camille semble prête à sombrer à tout moment, s’accrochant à sa bouteille d’Evian remplie, en réalité, de vodka. « Je n’ai pas la même noirceur ni une colère aussi profonde, mais cette espèce de tristesse qui vous pousse à être cruel envers vous-même ? Je pense que j’ai ça en commun avec elle », a confié Amy Adams à The Independent. Elle s’est préparée minutieusement en imaginant la biographie émotionnelle de Camille Preacher afin qu’elle puisse croire en son personnage. Résultat, son personnage est crédible pour le spectateur.

  • Parce que Jean-Marc Vallée est derrière la caméra

Jean-Marc Vallée n’a plus grand-chose à prouver. Réalisateur remarqué sur grand écran (C.R.A.Z.Y., Wild, Dallas Buyers Club…), il a signé Big Little Lies, l’une des séries les plus acclamées de 2017 avec son casting quatre étoiles, de Reese Witherspoon à Laura Dern et Nicole Kidman. En attendant la saison 2, on peut apprécier sa sensibilité dans Sharp Objects, qu’il décrit à Télérama comme du « Tennessee Williams sous acide ». Si l’écriture des personnages et l’atmosphère inquiétante et engourdie sont réussies, l’efficacité de la série doit beaucoup à son montage. D’un plan à l’autre le récit navigue entre le passé et le présent, parfois imperceptiblement, quand il ne laisse pas apparaître des images quasi subliminales suffisant à traduire l’état d’esprit de l’héroïne. Autant d’informations non verbales et d’alliages poétiques – lorsque des plans successifs se répondent comme des rimes – qui ne doivent évidemment rien au hasard. « J’anticipe toujours le montage, affirmait Jean-Marc Vallée à Télérama. Le rythme ne sort jamais de ma tête, jusqu’au moment où je me retrouve avec les monteurs. S’ensuit alors un long travail de confrontation de points de vue, jusqu’à la version finale, qui convient à tout le monde. » Une exigence qui donne toute sa cohérence au résultat final.