La fin est proche: «La Route», «Walking Dead», «The Leftovers»... Comment se préparer à l'effondrement grâce à la pop culture

APOCOLLAPSE NOW (5/5) Les collapsologues ne sont pas les premiers à tirer la sonnette d’alarme, auteurs, réalisateurs, artistes le font depuis des décennies à travers leurs œuvres…

Vincent Julé

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Viggo Mortensen et Kodi Smit-McPhee dans le film «La Route», adaptation du livre culte de Cormac McCarthy
Viggo Mortensen et Kodi Smit-McPhee dans le film «La Route», adaptation du livre culte de Cormac McCarthy — NANA PRODUCTIONS/SIPA

Oui c’est l’été, mais la fête est terminée. Cette année, on a voulu profiter de ce mois de détente pour se pencher sur la collapsologie, l’étude de l’effondrement de notre société thermo-industrielle. Dans ce cinquième et dernier épisode, on vous explique comment se préparer au pire en se cultivant et en s’amusant. Un peu. Une dernière fois.

Vous ne pourrez pas dire que vous n’étiez pas au courant, que vous n’étiez pas prévenu. Toute cette semaine, 20 Minutes l’a crié, la fin est proche, c'est Apocollapse Now ! Mais les  collapsologues ne sont pas les premiers à tirer la sonnette d’alarme. Auteurs, réalisateurs, artistes le font depuis des décennies à travers leurs oeuvres, que l’on prenait pour du divertissement ou de la catharsis, alors qu’ils sont pour certains de véritables signaux d’alerte, ou des « intuitions » pour reprendre l’expression de Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans leur livre Comment tout peut s’effondrerEn complément de notre guide de survie, 20 Minutes a sélectionné ainsi pour vous films, séries ou jeux pour se préparer à la fin du monde, et à l’après.

Un film : Take Shelter

De Mad Max à Sans un bruit en passant par Waterworld, 28 jours plus tard, Les fils de l’homme, le cinéma a fait du post-apocalytpique un de ses genres de prédilection, surtout à Hollywood. Mais peu de chances que l’effondrement ressemble à un blockbuster de Roland Emmerich. En revanche, un film comme Take Shelter se pose là. Dans cette réalisation de Jeff Nichols, Michael Shannon est assailli de visions apocalyptiques, annonce la fin du monde à qui veut l’entendre, construit un abri dans son jardin et passe pour un fou auprès de ses proches. Un peu comme les collapsologues hier. Sauf que…

D’autres films, à l’instar d’Infectés et des Derniers jours des frères Pastor, racontent bien la réalité, le quotidien au lendemain d’une épidémie. Enfin, mieux que Zombieland. Des personnages comme l’apprentie survivaliste Madeleine des Combattants ou l’astronaute et botaniste Mark Watney de Seul sur Mars  sont aussi de bons modèles à suivre, de débrouillardise et d’optimiste. Et s’il faut rire de la fin du monde, autant le faire avec Eric Judor en zadiste forcé dans Problemos, une comédie qui pourrait bien devenir un film prophétique comme l’est devenu Idiocraty pour l'Amérique de Trump.

Un livre : La Route

La référence absolue, récompensée du Prix Pulitzer de la fiction en 2007 et adaptée au cinéma avec Viggo Mortensen en 2009. Après un cataclysme mondial inconnu et donc en parfait écho aux scénarios possibles de l’effondrement, un père et son fils errent dans un monde sans soleil, sans faune ni flore, sans espoir ? Au-delà du récit de survie et de solitude, Cormac McCarthy traite surtout de transmission, ce qui sépare l’homme des animaux et qui pourrait sauver l’humanité de sa propre fin. Du Fléau à The Mist, Stephen King offre aussi plusieurs visions saisissantes de fin de la civilisation, et surtout de l’Amérique, et vous devriez trouver quelques trucs et astuces dans Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks, l’auteur de World War Z.

Une série : The Leftovers

La résilience, la valeur la plus importante aux yeux des collapsologues. Car il n’est plus question d’éviter la catastrophe mais de la gérer, comme les héros de The Leftovers doivent faire avec la disparition de 2% de la population mondiale sans explication - nous, ce sera plutôt 85 % (glurps). Père, mère, enfant, ami… ils ne reviendront pas, comme vos proches pourraient mourir lors de l’effondrement à venir. Dès son titre (« ceux qui restent »), The Leftovers ne parle que de ça, de faire son deuil, d’avancer, de se reconstruire en tant qu’individu, famille, communauté, civilisation. C’est dur, mais nécessaire, et même indispensable. Comme la série.

Une BD : Walking Dead

Vous pouvez aussi regarder la série… si vous voulez mourir d'ennui. Mais le comics reste après quinze ans et près de 30 volumes un bon exemple de « (sur) vivre ensemble » sur le long terme et sous toutes ses formes : seul, en petit groupe, en communauté, en ville, derrière des murs, etc. Les zombies sont ici moins une menace qu’un décor, car Walking Dead ne parle que de l’humain, dans ce qu’il a de meilleur et surtout de pire. En temps d’effondrement, de pillage et autres violences, il faut s’attendre à peut-être croiser un Negan. Et se dire que l’on n’a pas assez bossé son art martial du «Hokuto Shinken» devant Ken, le survivant le mercredi après-midi.

Un jeu vidéo : Minecraft

Vous avez terminé tous les Resident Evil et Silent Hill, et vous êtes un as à Call of Duty et Fortnite. Tant mieux pour vous, mais cela ne vous sera pas d’une grande aide en cas de fin du monde. En revanche, vos heures passées sur Minecraft ne seront pas perdues. Car comme l’expliquent les collapsologues, en l’absence de supermarchés et de produits transformés, il faudra revenir à la terre, au « bac à sable ». Tout jeu de construction, de gestion ou de simulation est donc bon à prendre, des Sims à Animal Crossing en passant par Don't Starve. Et votre vieux Tamagotchi ?

Une chanson : Comme si tu devais mourir demain

>> La fin est proche, Episode 1 : Qu’est-ce que la collapsologie, la « science » qui prédit l’effondrement du monde ?

>> La fin est proche, épisode 2 : « Comment faire pour que toute l’humanité n’y passe pas, ça me préoccupe beaucoup »

>> La fin est proche, épisode 3 : Tous zadistes ou tous morts ? Trois scénarios de l’effondrement du monde

>> La fin est proche, épisode 4: Comment survivre à l'heure de l’effondrement du monde? Mode d'emploi