«Mamma Mia 2»: Comment se fait-il qu'ABBA soit toujours au summum de la hype?

CULTE A l’occasion de la sortie de «Mamma Mia ! Here We Go Again», comment le groupe disco suédois ABBA attire toujours, 35 ans après sa séparation, de nouveaux fans…

Anne Demoulin

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Björn Ulvaeus et Benny Andersson, deux des membres d'ABBA, à l'avant-première de «Mamma Mia! Here We Go Again» le 16 juillet à Londres.
Björn Ulvaeus et Benny Andersson, deux des membres d'ABBA, à l'avant-première de «Mamma Mia! Here We Go Again» le 16 juillet à Londres. — Anthony Harvey/Shutters/SIPA

Plus de 35 ans après leur séparation, les fans d’Abba sont toujours là. Et ils sont de plus en plus nombreux. Dix après le carton mondial de  Mamma Mia ! (600 millions de dollars de recettes et près de 8 millions de BO vendues), ABBA fait son come-back. Avec un film Mamma Mia ! Here We Go Again, qui sort en salles ce mercredi, deux chansons inédites et une tournée en 2019. Pourquoi le groupe suédois est-il toujours au summum de la hype alors que leur dernier concert remonte à décembre 1982 ?

L’émergence de l’Abba Revival

Le succès sans fin d'Abba, ce sont avant tout des chiffres et des anecdotes. Le Abba Revival commence en 1989, alors que le groupe australien Björn Again clone avec humour l’apparence et le répertoire d’ABBA. En 1992, le groupe britannique Erasure rend hommage aux Suédois avec Abba-Esque. Le mini-album se classe numéro un dans plusieurs pays européens.

Les différentes compilations ABBA Gold, qui se vendent à quelque 30 millions d’exemplaires, et les clins d’œil à Abba dans les films australiens Muriel et Priscilla, folle du désert en 1994, permettent à une nouvelle génération de découvrir les tubes du groupe disco.

En 1999, Catherine Johnson lance une comédie musicale événement, intitulée Mamma Mia ! En 2019, elle fêtera 20 années consécutives à l’affiche à Londres et sur les scènes du monde entier. En refusant l’offre d’un consortium américain en 1999 d’un montant d’un milliard de dollars pour se reformer, le groupe entre définitivement dans la légende.

Le 6 avril 2004, trente ans jour pour jour après leur victoire au Concours Eurovision de la chanson avec Waterloo, Universal Music offre au groupe une certification attestant des ventes de plus de 360 millions de supports musicaux depuis sa création en 1970 !

En 2005, Madonna sample la chanson Gimme ! Gimme ! Gimme ! sur son tube Hung Up. En 2008, Sony Computer Entertainment Europe en collaboration avec Universal Music Group Sweden AB, sort le jeu SingStar ABBA sur PlayStation 2 et PlayStation 3, avec vingt de leur plus grand succès.

En 2010, une exposition ABBA World leur est consacrée à Londres. La même année, Abba est le premier groupe non anglophone d’origine à rejoindre le Rock and Roll Hall of Fame, qui honore les artistes ayant marqué l’histoire du rock. En 2013, s’ouvre à Stockholm « Abba the Museum ».

Aujourd’hui encore, Abba écoule de 1 à 2 millions d’albums par an. Leur tube Dancing Queen a été écouté plus de 160 millions de fois sur Spotify et plus de 265 millions de fois sur Youtube.

Un groupe transgénérationnel

Derrière Mamma Mia 2, Benny Andersson et Björn Ulvaeus, deux des quatre membres du groupe, veillent savamment au grain. Le duo a notamment lancé la taverne grecque Mamma Mia ! The Party. « Un lieu où comme dans le film on mange des plats grecs en contemplant des numéros reprenant leur répertoire, un vrai show immersif », commente Natacha Campana, fondatrice de L’Ecran Pop, qui organise, entre autres, des séances de cinéma karaoké, autour des films Mamma Mia ! et Mamma Mia ! Here We Go Again.

« Le premier film réunissait des acteurs comme Meryl Streep et Pierce Brosnan, mais aussi Amanda Seifried, de quoi satisfaire tous les publics avec un feel good movie », analyse-t-elle encore. Sans Meryl Streep et avec un scénario faible, rien n’indique si le second film fera les scores du premier, mais le long-métrage sert de tremplin au come-back du groupe.

« Ce groupe fondé dans les années 1970 est devenu transgénérationnel. Abba est une figure de la pop culture. Avec le Abba Revival à savoir les hommages, les films, le jeu vidéo, la comédie musicale, Abba continue de vivre pour une nouvelle génération », explique Natacha Campana.

Dans les soirées de L’Ecran Pop qui projettent Mamma Mia !, où l’on chante et danse devant l’écran en reprenant les airs des Suédois, se côtoient des personnes de tous âges, mais surtout des femmes, « près de 80 % », précise-t-elle. « L’ambiance est énorme, survoltée. Les gens lâchent prise. la salle obscure aide, on ne craint pas l’œil du voisin. On fait la fête tous ensemble », résume Natacha Campana. Le summum de l’ambiance est atteint avec le tube Dancing Queen : « C’est le moment où tout le monde se lève », raconte-t-elle.

Même ambiance dans les nuits parisiennes : « Quand on met Abba, ça marche », constate Léa Dautruche la chargée de communication de la guinguette Javelle. « A la différence de la techno ou du rap, le disco est mainstream, la légèreté de cette musique permet le rassemblement de tous et tout le monde chante et danse ensemble », poursuit-elle. Peut-être parce que comme le rappelle Natacha Campana : « On a tous grandi avec les tubes d’Abba ».

Et si les Millenials font grandir leurs propres enfants avec les tubes d'Abba, on est reparti pour cinquante ans de succès.