VIDEO. Trois façons de faire péter les bulles de SF pour rendre l'été plus pétillant

BD Profitez de l’été pour vous offrir non pas une, mais trois façons radicalement différentes de vous évader grâce à la science-fiction telle qu'elle inspire aujourd'hui la bande dessinée…

Olivier Mimran

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La SF inspire les auteurs de BD
La SF inspire les auteurs de BD — © Nick Youngson CC BY-SA 3.0 Alpha Stock Images

Pas la peine de chercher des nouveautés BD dans votre librairie préférée : les éditeurs sont en vacances et aucun album - ou presque - ne sort entre mi-juillet et fin août. Pourquoi ne pas en profiter pour découvrir des œuvres que vous auriez zappées ces derniers mois ? Pour vous y aider, 20 Minutes revient sur trois de ses albums préférés. Leur point commun : tous exploitent la SF, mais de manière souvent radicalement différente.

Le plus addictif : « Oblivion Song »

Robert Kirkman ne réitérera peut-être pas l’incroyable succès planétaire de sa série Walking dead. Mais le scénariste américain s’en est, en tout cas, donné les moyens en lançant un nouveau titre qui mixe voyages interdimensionnels, monstres bien dégueus et sanguinaires et « clans » prêts à tout pour défendre leurs intérêts…

Oblivion song, paru chez Delcourt (16,50 euros) se déroule dix ans après la disparition inexpliquée de 300.000 habitants de Philadelphie - non, non, rien à voir avec la génialissime série télé The leftovers - ; après qu’on eut découvert qu’ils avaient été transférés vers une dimension dont les habitants, généralement pourvus de griffes et de plusieurs rangées de dents acérées, ne sont pas franchement accueillants, la plupart des terriens se font une raison… mais une minorité est décidée à trouver un moyen de « ramener » les exilés forcés à l’aide d’un appareil capable d’ouvrir des passages interdimensionnels…

Le plus angoissant : « Bug »

Le dernier album d’Enki Bilal est un événement en soi. D’abord parce que quarante-cinq ans après avoir publié ses premières planches, le Grand Prix du festival d’Angoulême 1987 est unanimement considéré comme l’un des monstres sacrés de la bande dessinée mondiale. Ensuite parce que chacune de ses productions aborde des thèmes clivants (l’obscurantisme religieux dans La tétralogie du Monstre, l’activisme écolo dans La trilogie du coup de sang etc.) qui amènent toujours ses lecteurs à questionner leurs propres certitudes. C’est encore le cas avec Bug, paru chez Casterman (18 euros) dans lequel l’auteur-réalisateur français (né à Belgrade) reconsidère le ratio bénéfice/risque du tout numérique.

Vous l’avez compris, le premier tome de Bug raconte comment un « incident informatique » d’origine inconnue efface toutes les données numériques… et dans le monde entier ! L’humanité constate vite que s’il est facile de se passer d’ascenseurs, ça l’est beaucoup moins quand il s’agit de véhicules auto pilotés, d’organes numériquement assistés ou de systèmes de sécurité. En résumé, c’est le bor… le grand bazar. « Et c’est hélas très réaliste, précise Enki Bilal à 20 Minutes, car les plus grands spécialistes, scientifiques etc. affirment déjà qu’en cas de disparition de nos ressources numériques, le monde n’aurait besoin que de quatre jours pour sombrer dans un chaos absolu… »

Le plus décalé : « Density »

Il est de notoriété publique que Lewis Trondheim, Grand Prix du festival de la BD d’Angoulême 2006, a une imagination débordante. Et il le prouve une nouvelle fois avec le premier volume de Density, une série d’anticipation inventive (et super-rigolote) dessinée par ses copains Stan & Vince et parue chez Delcourt (15,50 euros).

On y assiste à la découverte accidentelle par Chloé, une jeune fille ordinaire, d’une étrange capacité : elle peut voler en modifiant sa densité moléculaire ! Ah, voler ! L’un des fantasmes les plus partagés au monde. Et Lewis Trondheim n’échappe pas à la règle : « Comme beaucoup, je rêve parfois que je vole, ou plutôt que je plane légèrement. Pour cette série, je me suis demandé ce qu’il se passerait si on pouvait modifier sa densité ? Parce que logiquement, si on était en densité très lourde, il serait impossible de bouger, et en très légère, on serait incapable d’attraper quoi que ce soit. »

Même s’il regorge de scènes d’action, ce premier volume est avant tout une « mise en bouche », selon l’auteur, dans laquelle le personnage central découvre ses nouveaux pouvoirs « et essaie de les maîtriser ».

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