Margaret Atwood s’invite dans le débat argentin sur l’avortement

DEBAT Le projet de loi visant à légaliser l'avortement est arrivé au sénat, dans un contexte de mobilisation passionnée des partisans et opposants à l’IVG, notamment l’Eglise...

L.B.

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Margaret Atwood, auteure de La servante écarlate, le 15 octobre 2017.
Margaret Atwood, auteure de La servante écarlate, le 15 octobre 2017. — Arne Dedert/AP/SIPA

Margaret Atwood, auteure du livre qui a inspiré la série déjà culte de Hulu La Servante écarlate, n’a pas pu s’empêcher d’entrer dans le débat sur l’avortement en Argentine. Le projet de loi visant à légaliser l’interruption de grossesse est arrivé au sénat, dans un contexte de mobilisation passionnée des partisans et opposants à l’IVG, notamment l’Eglise. Les sénateurs devront voter le 8 août.

« C’est de l’esclavage »

Le 25 juin dernier, l'écrivaine canadienne a interpellé sur Twitter la vice-présidente argentine et présidente du Sénat, Gabriela Michetti, opposée au texte. « Ne détournez pas le regard des milliers de femmes mortes chaque année à cause de l’avortement illégal. Donnez aux femmes argentines le droit de choisir », a-t-elle écrit sur le réseau social.

La vice-présidente argentine Gabriela Michetti s’est engagée contre la loi sur la ligne du « droit à la vie ». « Etre en faveur de la vie est beaucoup plus progressiste et respectueux », dit-elle. « Si une femme ne veut pas être mère, quel que soit le motif, elle peut confier l’enfant à l’adoption », à la place d'avorter. Des propos qu’elle a également tenus pour le quotidien conservateur La Nacion, le 1er juillet, a repéré Le Monde, et ce même dans les cas de viols.

Des journalistes habillées comme dans la série

Contactée par le journal UNO Santa Fe lundi, Margaret Atwood a répondu par une tribune titrée A Slave State ? (Un Etat esclavagiste ?). « Les femmes qui ne peuvent pas décider si elles veulent des enfants ou non sont des esclaves, car l’Etat revendique la propriété de leur corps et le droit de décider de l’usage qui doit en être fait. (...) Un enfant est un cadeau donné par la vie. Mais un cadeau doit être librement donné et reçu. (…) Un cadeau qui ne peut être rejeté n’est pas un cadeau mais un symptôme de la tyrannie. Impose les naissances si tu le souhaites, Argentine, mais désigne au moins cette obligation par son nom. C’est de l’esclavage. »

Mardi, alors que les débats en commission commençait, des journalistes argentines ont défilé habillé en pourpre et chapeau blanc, comme les servantes de Gilead, devant les portes du Parlement.