Japan Expo 2018: «Cowboy Bebop» fête ses 20 ans, retour sur la série culte avec ses créateurs

JAPANIME A l'occasion des 20 ans de «Cowboy Bebop», Japan Expo accueille son équipe créative pour des dédicaces, masterclass et une petite virée nostalgique...

Vincent Julé

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La série culte «Cowboy Bebop» fête ses 20 ans à Japan Expo 2018
La série culte «Cowboy Bebop» fête ses 20 ans à Japan Expo 2018 — Sunrise

A chaque génération de spectateurs, son dessin animé japonais. Les années 1980 ont eu Goldorak dans Récré A2, les années 1990 Dragon Ball dans le Club Dorothée, et les années 2000 ? Cowboy Bebop ! « Ok. Three, two, one… Let’s jam ! » Il suffit d’entendre les premières notes jazzy du générique pour être replongés en pleine nostalgie, un soir de semaine en clair sur Canal + ou dans les couloirs de l’école de commerce ISC Paris à acheter les premiers épisodes en VHS lors du tout premier Japan Expo.

Timing et synergie

Vingt ans plus tard, le même salon fête l’anniversaire de Cowboy Bebop avec le coeur de son équipe créative, que 20 Minutes a rencontré et qui s’étonne encore du succès et de la longévité de la série. « La question m’est souvent posée, commente le réalisateur Shinichiro Watanabe. Mais je ne sais vraiment pas. » Pour le producteur Masahiko Minami, c’est une question de timing et de synergie : « C’est parce que cette équipe-là s’est retrouvée à ce moment-là, de l’histoire de l’animation japonaise et des carrières de chacun, que le miracle a eu lieu. »

Cowboy Bebop est né au sein du studio Sunrise, à qui l’on doit Nicky Larson mais surtout des séries de mechas comme Patlabor ou Gundam. « L’idée était de développer un projet avec des vaisseaux spatiaux pour que le partenaire Bandai puisse vendre des produits dérivés, des maquettes, raconte Masahiko Minami. Mais après avoir vu les premières images, nous nous sommes pris un savon, et nous avons préféré prendre notre liberté. » Shinichiro Watanabe évoque la première image qu’il a eue en tête, un chasseur de primes, entre Lupin III et l’Inspecteur Harry. C’est Spike Spiegel, ancien membre des Dragons Rouges et pilote du vaisseau Bebop, qui écume les primes à travers le système solaire et qui abrite également l’ex flic Jet Black, la mystérieuse arnaqueuse Faye Valentine, la hackeuse Edward et le chien Ein.

La musique avant l’histoire

« Le chien, c’est un ajout de notre scénariste Keiko Nobumoto, car elle les adore. Et ça a tout changé », plaisante à moitié le réalisateur. A moitié, car Ein est devenu un personnage aussi iconique et unique que les autres, la série les traitant tous en profondeur. « Mon objectif était de les rendre le plus humains possible, que l’on ressente leur présence à l’écran, que l’on sente presque leur souffle. »

Une mission accomplie grâce à un autre acteur-clé de la série, une autre femme, la compositrice Yoko Kanno. « C’est un travail de fou qu’elle a accompli, avoue Shinichiro Watanabe. Nous avions un budget pour chaque département de production, et je peux vous dire que celui de la musique a explosé. » Keiko Nobumoto confirme l’influence majeure de Yoko Kanno sur la série : « La musique était en grande partie prête avant que je me lance sur les scénarios, donc je l’ai écoutée en écrivant, elle a stimulé mon imagination. J’écoute encore les CD. »

« Un nouveau genre en soi »

Cowboy Bebop a beau être un animé unique en son genre, « un nouveau genre en soit » était l’accroche trouvée par Shinichiro Watanabe à l’époque de la diffusion, il s'inscrit dans l’héritage de la science-fiction, du mécha japonais et du space opera, genre auquel Japan Expo propose un focus cette année. « Il y avait eu Gundam, Macross et d’autres franchises, mais ils voulaient autre chose, plus réaliste », raconte le mecha designer Kimitoshi Yamane. « Pas de Leiji Matsumoto [Albator], ni de Go Nagai [Goldorak] », précise avec le sourire le réalisateur, qui cite plutôt comme influences le cinéma de Sam Peckinpah ou la personnalité et la philosophie de Bruce Lee.

Quant à un retour ou un reboot de la série, les membres de l’équipe préfèrent se refiler le micro comme une patate chaude. « Je n’ai pas vraiment d’idée, mais si les fans en ont une, qu’ils l’envoient à Sunrise », tente finalement Shinichiro Watanabe. Et l’adaptation live et américaine, un temps envisagée avec Keanu Reeves en Spike ? « C’est un pas en avant, deux en arrière. »

Un âge d’or de la japanime

Si tous ont continué de brillantes carrières dans l’animation, parfois ensemble (Wolf’s Rain, Samurai Champloo, Space Dandy), Cowboy Bebop reste une oeuvre à part, et appartient à un âge d’or de la japanime, avec également Neon Genesis Evanglion et, dans une moindre mesure, Vision d'Escaflowne.

« Plusieurs d’entre nous ont bossé sur Escaflowne, rappelle Shinichiro Watanabe, et Masahiko Minami est un camarade de classe d’Hideaki Anno, le créateur d’Evangelion. Vous pouvez donc parler de "nouvelle vague de l’animation japonaise", ça fait bien. » Et c’est vrai. See you space cowboys and girls.

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