« L’Apéro du captain », un podcast de copains au succès XXL

AUDIO Captain Web et Manox nous ont parlé de leur podcast dans la cave où ils l'enregistrent...

Thomas Weill

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Siegfried Thouvenot est l'un des quatres hôtes du podcast l'Apéro du captain. Son pseudo, Captain web.
Siegfried Thouvenot est l'un des quatres hôtes du podcast l'Apéro du captain. Son pseudo, Captain web. — T. Weill / 20 Minutes

A l'occasion du lancement de ses podcasts, «Sixième Sciences» et «Juste un droit», 20 Minutes revient sur les figures phares de la scène audio indépendante.

C’est l’histoire de quatre geeks d’une petite quarantaine d’année, devant des micros, dans une cave. Depuis 2009, Captain Web, Manox, Kwakos et Lordtonpère s’enregistrent pendant qu’ils se la collent au sous-sol d’un cybercafé du XIIe arrondissement de Paris. Le résultat, un podcast qui fait référence dans le domaine du high-tech, auprès d’une communauté riche de plusieurs dizaines de milliers d’auditeurs, L’Apéro du captain.

Même loin d’un micro, sa voix interpelle. Elle est puissante et agréable à l’oreille, riche. Siegfried Thouvenot, 41 ans, tient deux cybercafés dans Paris. Deux fois par mois, il se sert de sa voix pour animer son podcast. L’idée vient de lui, mais « dès le début on était quatre », explique celui qui se fait appeler Captain Web. A ses côtés, Manox renchérit : « On se connaît depuis 20 ans. On a fait plein de conneries ensembles », et sûrement pas toutes au micro. Entre les deux, l’entente saute aux yeux.

Manox, l'un des quatre hôtes de l'Apéro du Captain est ami de longue date avec celui qui en a eu l'idée, Captain weB.
Manox, l'un des quatre hôtes de l'Apéro du Captain est ami de longue date avec celui qui en a eu l'idée, Captain weB. - T. Weill / 20 Minutes

Une recette qui fonctionne

Cette alchimie persiste à l’antenne. « A chaque début de saison on a plein d’idées, mais on repart sur les mêmes. C’est une formule qui marche, les rubriques on les connaît bien », que ce soit les news high tech du début, la chronique « what the fuck » de Kwakos et ses anecdotes délurées, les chansons de Manox, la chronique technique de Lordtonpère, « plutôt juridique », ou encore le célèbre « Wazuff », qui recense les « insertions » insolites dans des orifices pas toujours prévus pour… « Le ton du podcast n’a pas changé. On fait les mêmes blagues vaseuses, et on n’a pas d’ambition particulière de faire évoluer ça », s’amuse Manox.

Parmi les rubriques qui marchent, il y a aussi celle du guest. « Ça tourne autour de l’invité, son parcours, explique Captainweb. On a reçu Céline Tran, Michaël Gregorio. » Et la recette fonctionne. Difficile d’avoir un décompte fiable de leurs auditeurs, mais « on est quasi certains que chaque podcast est écouté entre 30 et 40 000 fois », assure Captain Web, évoquant avec ce chiffre « une moyenne basse », pourtant assez élevé dans le monde du podcast.

« La communauté est active, ils nous envoient sans arrêt des cadeaux. Notre ingé son [Kwakos] a reçu un scooter. Quelqu’un qui est ébéniste lui a fait une guitare sur mesure », évoque encore Siegfried Thouvenot. En 2012, ils créent le système des Very importants connards (les VIC… ça donne le ton), des VIP à la sauce Captain Web qui envoient des dons et permettent aux quatre compères d’améliorer leur matériel. Tout n‘est pas toujours aussi glorieux. « On a eu des petites culottes sales aussi », évoque le quarantenaire en montrant les sous-vêtements accrochés fièrement derrière lui.

Les quatres hôtes de l'Apéro du captain se réunissent dans une cave depuis des années pour s'enregistrer.
Les quatres hôtes de l'Apéro du captain se réunissent dans une cave depuis des années pour s'enregistrer. - T. Weill / 20 Minutes

De l’alcool de poire à la vie de famille

L’âge aidant, l’apéro est devenu plus sage. « Quand on commence, on boit toujours une ou deux bières », insiste Captainweb qui se rappelle de l’un de leurs faits d’arme. « Nous avons un numéro mythique. Le 38 », commence Siegfried Thouvenot, avant que Manox n’acquiesce avec enthousiasme. « Ah oui ! Celui-là il y avait de l’alcool de poire ! » Puis, « c’était vague, on avait trop bu », reconnaît Manox. Le podcast porte bien son nom. « A certains moments on buvait beaucoup. Mais la vie change, poursuit-il. Quand j’ai commencé l’émission j’étais célibataire. Maintenant j’ai deux enfants. »

Captainweb aussi est père de famille. Il mène une vie « assez classique », entre ses deux filles et les deux cyber cafés qu’il gère avec sa femme. En fin de compte « ce sont deux vies assez séparées. A une époque je le faisais plus souvent. Il y avait un numéro toutes les semaines. Est-ce qu’on continue ? interroge Captain Web. On se pose la question tous les ans. Pour l’instant on reste fidèle. En ce qui me concerne tant que je continue de me marrer c’est du bonus. » Avec leurs vies de famille respectives, le podcast est le meilleur moyen pour les quatre amis de jeunesse de garder contact. C’est tout ce que les auditeurs demandent.