VIDEO. Cycle menstruel: Le monde de la tech a-t-il honte de nos règles?

HIGH TECH Les applications dédiées aux cycles menstruels ont mis du temps à sortir de leur niche... 

Laure Beaudonnet

— 

Illustration de règles douloureuses.
Illustration de règles douloureuses. — Martin Lee / Rex Featur/REX/SIPA
  • Le Festival FUTUR.E.S a organisé une conférence sur le sujet des « menstrutech ».
  • Le monde des nouvelles technologies s’est intéressé tardivement aux cycles féminins.
  • D’une part, la Silicon Valley est dominé par les hommes, d’autre part, le tabou des règles n'a pas aidé les acteurs du numérique à s'emparer de ce sujet. 

La Silicon Valley est un peu comme un miroir grossissant : pas besoin de se pencher longtemps pour voir apparaître les imperfections de la société. Quand on voit le temps que le monde des nouvelles technologies a mis pour s’emparer du problème des cycles menstruels -qui concerne seulement la moitié de la population mondiale-, il y a de quoi se demander si on en a fini avec la honte liée aux menstruations. Le festival Futur.e.s, qui a organisé la semaine dernière la conférence « L’état de l’art de la menstrutech », les applications dédiées aux cycles menstruels, nous a donné une bonne occasion de nous pencher sur la santé féminine connectée.

Elles ont mis du temps mais elles ont fini par débarquer en nombre dans les catégories Santé des boutiques d’Apple et de Google. L’application Clue et son principal concurrent Glow ont lancé le mouvement en 2013. Flo, Maya, pTracker leur ont emboîté le pas et les montres connectées s’y mettent aussi. Fitbit vient seulement d’ajouter une application de suivi de cycle menstruel au mois de mai dernier, grâce aux coups de pression de ses utilisatrices. Notons qu’il n’existe toujours pas d’émoji règle à ce jour… Les cycles menstruels sont-ils trop honteux pour intéresser le monde de la tech ?

« Dans un univers masculin, pas étonnant que personne n’y ait pensé plus tôt »

Comme on pouvait s’y attendre, le manque de femme dans la Silicon Valley n’y est pas étranger. « Dans un univers à 90 % masculin, il n’est pas étonnant que personne n’y ait pensé plus tôt », analyse Isabelle Collet, maîtresse d’enseignement et de recherche en sciences de l’éducation, spécialiste des questions de genre. La journaliste du Figaro Lucie Ronfaut, à l’origine du terme « menstrutech », avance le même argument pendant la conférence pour expliquer l’intérêt tardif des acteurs de ce monde pour les menstruations. C’est parce que la majorité des entreprises de la tech sont gérées par des hommes qu’une grosse multinationale « comme Apple a pu lancer une appli Santé sans option pour suivre ses règles, donc sans prendre en compte le fait que la moitié de la population mondiale a ses règles une fois par mois ».

Mais surtout, les « ragnagna », comme on a tendance à les appeler dans une stratégie d’évitement, ça se cache. Il a fallu attendre 2018 pour se réjouir de voir une publicité Nana montrer du sang rouge -le bleu était jugé moins répulsif. « Le tabou est certainement une autre explication à cet oubli », pointe Isabelle Collet qui se souvient des premières applications dédiées aux règles. « Elles étaient très mignonnes avec des petits cœurs, on aurait dit un journal de jeunes filles, comme si elle cherchaient à neutraliser le côté sale des règles ».

« La honte et le dégoût déjà associé aux règles »

Si ces applications répondent à un réel besoin d’information en aidant les femmes à comprendre ce qui se passe dans leur corps, à repérer les signes d’ovulation et à reconnaître des cycles normaux, elles ont tendance à alimenter la culture de la honte. « Ces innovations maintiendraient le dégoût déjà associé aux règles, et largement propagé dans les publicités pour les produits d’hygiènes », expliquait Marion Coville, chercheuse post-doctorante à Télécom ParisTech, pendant la même conférence.

Les entreprises qui possèdent ces applis conçoivent en parallèle « des capteurs connectés pour un usage complémentaire, comme des bracelets, des thermomètres, ou une cup connectée, capable d’envoyer une alerte lorsque la coupe est pleine », écrit-elle sur FemTech. La notification « Vos règles sont sur le point de commencer » qui s’affiche sur le téléphone s’invite comme un rappel à l’ordre. Il ne faudrait quand même pas oublier d’avoir peur de la tache.

thank you @instagram for providing me with the exact response my work was created to critique. you deleted a photo of a woman who is fully covered and menstruating stating that it goes against community guidelines when your guidelines outline that it is nothing but acceptable. the girl is fully clothed. the photo is mine. it is not attacking a certain group. nor is it spam. and because it does not break those guidelines i will repost it again. i will not apologize for not feeding the ego and pride of misogynist society that will have my body in an underwear but not be okay with a small leak. when your pages are filled with countless photos/accounts where women (so many who are underage) are objectified. pornified. and treated less than human. thank you. ⠀⠀⠀⠀⠀⠀ ⠀ ⠀⠀⠀⠀ ⠀⠀⠀⠀ ⠀ ⠀⠀⠀ ⠀ this image is a part of my photoseries project for my visual rhetoric course. you can view the full series at rupikaur.com the photos were shot by myself and @prabhkaur1 (and no. the blood. is not real.) ⠀⠀⠀⠀⠀⠀ ⠀ ⠀⠀⠀⠀ ⠀⠀⠀⠀ ⠀ i bleed each month to help make humankind a possibility. my womb is home to the divine. a source of life for our species. whether i choose to create or not. but very few times it is seen that way. in older civilizations this blood was considered holy. in some it still is. but a majority of people. societies. and communities shun this natural process. some are more comfortable with the pornification of women. the sexualization of women. the violence and degradation of women than this. they cannot be bothered to express their disgust about all that. but will be angered and bothered by this. we menstruate and they see it as dirty. attention seeking. sick. a burden. as if this process is less natural than breathing. as if it is not a bridge between this universe and the last. as if this process is not love. labour. life. selfless and strikingly beautiful.

A post shared by rupi kaur (@rupikaur_) on