Kamar: «J’ai eu envie de revenir à mes toutes premières amours, bien avant les «Femme Like U» et compagnie»

MUSIQUE Autrefois producteur et chanteur sous le nom de K.Maro, Cyril Kamar présente « Avenues », un nouvel album avec son collectif Kamar & The Bugged Mind Crew…

Clio Weickert

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Kamar
Kamar — François Goize
  • Le producteur Cyril Kamar, ex-K. Maro, revient sur le devant de la scène musicale.
  • Kamar présente « Avenues », un nouvel album conçu avec son collectif Kamar & The Bugged Mind Crew.

« J’avais vraiment envie de faire un album pour me faire plaisir, pour impressionner ma femme, et pour me retrouver avec des copains qui sont des esthètes dans différents secteurs ». Confortablement installé dans un fauteuil de son agence de production et de management dans le Ier arrondissement de Paris, Cyril Kamar est formel, il ne s’agit pas d’un « come-back ».

Pourtant, après quelques années d’anonymat en tant que producteur, à vivre dans l’ombre d’artistes (il est notamment le manager de Shy’m), il avait connu les feux de la rampe sous le pseudo de K.Maro dans les années 2000 avec le titre Femme Like U. Depuis, rien, ou presque. Le 15 juin dernier, il a sorti un tout nouvel album, Avenues. Un retour relativement discret, qui n’est pas pour déplaire à Cyril Kamar, qui a pour un temps étouffé K.Maro.

« On s’en fout que ça marche ou que ça ne marche pas »

A première vue, ce nouveau projet peut paraître surprenant. L’une des toutes dernières images que Kamar nous avait laissé, était celle d’un expert du franglais (il a vécu de nombreuses années au Canada), du look bling et du regard enjôleur. Mais c’est entouré d'un collectif d'artistes et dépouillé de ses apparats qu’il se présente à nous aujourd’hui, dans une démarche créative mariant hip-hop et art contemporain. « Certaines personnes de ce collectif viennent de la mode, de la haute couture, de la street, tous ont un peu ce truc en commun d’être des multi task », explique-t-il.

Lancés aux compte-gouttes depuis septembre 2017, les titres s’accompagnent de « films musicaux » made in Kamar & The Bugged Mind Crew (le nom du collectif) qui rendent hommage à des artistes tels que Pierre Soulages, JonOne, convoquent des marques de luxe comme Givenchy Beauty ou Buccellati et convient des personnalités telles que Mademoiselle Agnès. Kamoulox ? « On s’en fout que ça marche ou que ça ne marche pas, de toute façon ça n’ira pas à la radio, ce n’est pas le format pour aller en télé non plus, mais on est libre, répond Cyril Kamar. J’ai senti que la musique me manquait, mais si j'avais fait le truc dans les clous, avec un single qu’on envoie en radio et la promo traditionnelle, au bout de trois semaines, ça m’aurait dégoûté. J’ai ce luxe d’avoir un gros succès commercial derrière moi. Je sais ce que c'est et je ne suis plus nécessairement dans l’attente de ça ». 

« J’avais envie d’écrire avant de faire groover »

Cyril Kamar a ce qu’on appelle un profil atypique. Né au Liban, c’est au Canada, où il s’installe avec ses parents à l’adolescence, que ce touche-à-tout se lance dans la musique. Il se fait remarquer par son talent pour le freestyle, puis se fait connaître du monde entier sous le nom de K.Maro et son célèbre Femme Like U. Il enchaîne ensuite les projets, monte diverses affaires, des boîtes de nuit, des restaurants, puis se concentre sur la production et le management, lance un label, travaille pour Warner, pour Universal, avant de reprendre son indépendance. Il façonne entre autres la carrière de la chanteuse Shy’m, qu’il suit encore et toujours. Mais après avoir roulé sa bosse, et s’il n’abandonne surtout pas la production, Kamar veut se relancer dans le game.

« J’ai eu envie de revenir à mes toutes premières amours bien avant les Femme Like U et compagnie, de faire un vrai retour aux sources dans le hip-hop et la langue anglaise. C'est très différent de ce qu’on a pu connaître de moi. A l’époque, on se foutait de ce qu’on disait, c’était un groove, une ambiance… Là j’ai eu une approche différente, j’avais envie d’écrire avant de faire groover. » De quoi faire monter une légère anxiété chez Kamar. « Sur ce projet-là, je suis à oilp. C’est moi, il n’y a pas d’artifice, je ne me mets pas en scène ».

K.Maro est mort, vive Kamar ?

Et il n’est pas anodin que pour se relancer artistiquement, l’artiste ait décidé de changer d’identité, et d’opter pour Kamar, son nom de famille. « Même si j’ai vécu des choses extraordinaires dans ma jeune carrière, j’ai l’impression d’être passé à côté de beaucoup de choses, d’avoir surfé sur un personnage… On en a profité à fond, on a gagné de l’argent, on a été populaire dans de nombreux pays, c’était tellement intense. » S’il va falloir se faire à Kamar, que les fans de la première heure se rassurent, l’heure de la retraite à taux plein n’a pas encore sonné pour K.Maro.

« Il n’est pas dit que je n’y revienne pas à un moment. Il y a des dates qui se célèbrent et des albums que je réécoute. I’m in peace avec ce personnage maintenant, assure-t-il. Et je pense que ce nouveau projet y est aussi pour beaucoup, ça me permet de voir ce que je peux faire aussi. Après, je me dis que ça vaudrait peut-être le coup qu’on fasse un clin d’œil, qu’on se remémore un peu les belles années… » En attendant, place à Kamar.