QUIZ. Données, donnez-moi: Combien pourriez-vous vous mettre dans la poche en revendant vos datas?

FUTUR.E.S (3/3) Si vous étiez propriétaire de vos données personnelles, avez-vous une idée de combien vous pourriez vous faire? Faites notre quiz...  

Laure Beaudonnet

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C'est ce qu'on aimerait faire si on pouvait revendre nos données personnelles.
C'est ce qu'on aimerait faire si on pouvait revendre nos données personnelles. — Sierakowski/ISOPIX/SIPA
  • Aujourd'hui, on n'a pas le contrôle de nos données, seulement la maîtrise. On ne peut pas monétiser nos informations personnelles, considérées comme une émanation de la personne, au même titre qu'on ne peut pas revendre nos organes.
  • Un rapport de Génération Libre propose que les données personnelles fassent l'objet d'un droit de propriété. 
  • A l'occasion du festival FUTUR.E.S, organisé à la Villette jusqu'au 23 juin et qui consacre une partie importante de sa réflexion aux données, testez vos connaissances sur le prix de cet or numérique.

Elles n’existeraient pas sans nous, mais on ne peut pas en tirer grand-chose. Qu’on le veuille ou non, on n'est pas propriétaires de nos données personnelles. Aujourd’hui, on en a seulement la maîtrise grâce, notamment, au nouveau règlement européen RGPD. La loi considère les données personnelles comme l’émanation de la personne. On ne peut pas les vendre, au même titre qu’on ne peut pas vendre nos organes. Et, alors que les data brokers s’enrichissent tranquillement grâce à elles [on vous l'explique dans l'épisode 2 de notre série], on ne peut pas arrondir nos fins de mois en monétisant nos données de santé ou notre adresse postale.

« On veut la maîtrise, le contrôle et la propriété » de nos données

Des voix se font entendre pour remédier à ce problème et remettre un peu d’équilibre dans l'équation. L’avocate Isabelle Landreau, qui a piloté le rapport de Génération Libre «Mes datas sont à moi», milite pour que l’internaute récupère le contrôle de ses données personnelles. « On veut la maîtrise, le contrôle et la propriété. Nous voulons être capables de décider qu’on va vendre ou louer nos données personnelles », insiste-t-elle. « La data, c’est la richesse du XXIe siècle ». La technologie blockchain permettrait, à l’aide d’un smart contrat (un protocole informatique fiable et vérifié) géré par un data broker (un courtier en données), de décider au cas par cas si on accepte de vendre, de donner ou de louer nos informations personnelles pour des fins publicitaires ou pour la recherche, par exemple.

Une position jugée dangereuse par le Conseil national du numérique. Il estime, au contraire, que cette idée « remettrait en cause la nature même de cette protection pour les individus et la collectivité dans une société démocratique, puisque la logique de marchandisation s’oppose à celle d’un droit à la personnalité placé sur le terrain de la dignité ». Mais imaginons deux minutes qu’on puisse faire ce qu’on veut de nos données, combien pourrait-on en tirer ? A l’occasion du  festival FUTUR.E.S (ex-Futur en Seine) qui consacre une partie importante de sa réflexion à cette question, testez vos connaissances sur le prix de cet or numérique.

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