«Les méchants de l'histoire»: En vrai, Dracula était bien pire qu’un simple vampire

BD Découvrez, en exclusivité, les premières pages du premier tome des « Méchants de l’histoire », consacré au célèbre suceur de sang qui, dans la vie, n’en était pas un, mais un être bien pire encore…

Olivier Mimran

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Détail de la couverture de la BD consacrée au vrai Dracula
Détail de la couverture de la BD consacrée au vrai Dracula — © B. Swysen, J. Solé & Dupuis 2018
  • La collection « Les méchants de l’histoire » retrace l'histoire des plus célèbres sadiques de tous les temps.
  • C'est Dracula qui ouvre le bal, et l'on apprend qu'il n'était pas un vampire !
  • Quoique déclinés sur un mode humoristique, les titres de la collection n'occultent aucunement les terribles exactions dont furent coupables leurs « héros ».

Le « monstre » le plus célèbre de la pop culture serait-il un imposteur ? Au sens strict, oui, car le Dracula « prince des ténèbres » qui dort dans un cercueil et craint l’ail - tel qu’imaginé par l’écrivain britannique Bram Stoker - est un pur personnage de fiction… Sauf qu’il est inspiré par un être qui a hélas bien existé.

Plus assoiffé de sang qu’un vrai vampire

Hélas parce que le « vrai » comte Dracula s’est montré infiniment plus cruel que son incarnation romanesque. Rien de plus évident, dès lors, que le récit de sa vie inaugure une nouvelle collection BD intitulée Les Méchants de l’histoire.
Savourez votre chance : les éditions Dupuis proposent justement aux lecteurs de 20 Minutes de découvrir, en exclusivité, les premières planches du Dracula de Bernard Swysen et Julien Solé.

Cette biographie de Vlad III Basarab, qui fut prince de Valachie - une région roumaine - au 15e siècle, rétablit donc une vérité historique… et glaçante : s’il ne mordait pas ses ennemis dans le cou, l’inspirateur du mythe des vampires était bien assoiffé de sang puisqu’on lui attribue plusieurs dizaines de milliers de victimes durant ses campagnes de conquêtes ou de reconquêtes.

Son surnom d'« empaleur » est, en revanche, excessif : le comte Drăculea (signifiant « fils du dragon ») ne réserva apparemment cette terrible torture qu’à quelques notables. Cela suffit toutefois à durablement marquer les esprits puisque cet album relaie lui-même la (fausse) rumeur d’empalements de masse.

Apprendre en rigolant

C’est d’autant plus curieux que le scénario de Swysen est validé, dans la préface du livre, par Matei Cazacu, un spécialiste de la Roumanie, du monde balkanique et des rapports entre mythe et histoire qui le qualifie de « parfaitement correct du point de vue de la vérité historique »… Avant d’ajouter que le récit l’avait fait « pouffer de rire par son humour profond et en même temps léger ».

Et si son déroulé, qui affiche d’évidentes visées pédagogiques, accuse parfois quelques lenteurs, c’est effectivement son ton ouvertement humoristique - parfois limite potache - qui caractérise la lecture de cette bio dessinée. Ça a un peu l’effet d’un rasage double lame : on apprend d’abord un tas de choses passionnantes, et on rigole des nombreux gags et jeux de mots qui émaillent le scénario. Avec un peu de honte, de temps à autre, parce que la cruauté de Vlad ne devrait pas amuser, mais bon…

Il faut dire que les dessins hyperexpressifs de Julien Solé (également connu sous le pseudo de Julien CDM lorsqu’il sévit dans le magazine Fluide Glacial, et à qui l’on doit l’inoubliable Cosmik Roger ou les Zumbies) ne contribuent pas à une caution très sérieuse de l’ouvrage. Mais c’est, semble-t-il, conforme à la ligne éditoriale d’une collection qui aspire à proposer « un regard pimenté et vrai sur les méchants de l’histoire, pour les amateurs d’histoires, de l’Histoire et de ses méchants, et pour ceux qui se rendent compte que la véritable histoire des méchants est plus riche qu’on ne le croit ».

Après ce Dracula et un Caligula également écrit par Swysen mais dessiné par Fredman et qui sort le même jour, Les méchants de l’histoire s’enrichiront de biographies consacrées au célèbre (et effrayant) inquisiteur Torquemada, à Robespierre et à Attila. Sorties prévues en janvier 2019.

« Les méchants de l’histoire : Dracula », de Bernard Swysen et Julien Solé - éditions Dupuis - 22 euros
En librairie le 15 juin 2018