«Making a Murderer», la série documentaire de Netflix, passe devant la Cour suprême

JUSTICE La Cour suprême décidera ce jeudi d’examiner ou non le cas de Brendan Dassey, condamné à la prison à perpétuité pour un meurtre commis en 2005. Un fait divers au cœur de la docusérie de Netflix…

F.R. avec AFP

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Brendan Dassezy au tribunal du comté de Manitowoc (Wisconsin) en avril 2007.
Brendan Dassezy au tribunal du comté de Manitowoc (Wisconsin) en avril 2007. — Dan Powers/AP/SIPA

Making a Murderer, mis en ligne fin 2015 sur Netflix, avait tenu le public en haleine avec ses rebondissements parfois surréalistes et son illustration des failles du système pénal américain. Cette série documentaire retraçait le sidérant destin de Steven Avery qui a purgé une peine de dix-huit ans de prison pour un crime qu’il n’a pas commis et s’est retrouvé accusé d’un meurtre en 2005, deux ans après avoir recouvré la liberté. Il avait fini par être condamné à la prison à perpétuité.

On y découvrait également le sort réservé à Brendan Dassey, le neveu de Steven Avery, qui, âgé de 16 ans à l’époque, a été condamné à la même peine pour le même meurtre. C’est sur son cas que la Cour suprême des Etats-Unis va décider ce jeudi de se pencher ou non.

Un interrogatoire effectué sans que son avocat soit présent

L’ensemble du dossier d’accusation de Brendan Dassey repose uniquement sur un interrogatoire policier extrêmement controversé de l’adolescent au quotient intellectuel très limité. Lors de cet interrogatoire filmé de plusieurs heures, hors de la présence d’un avocat, les enquêteurs utilisaient des moyens discutables pour le conduire à livrer des éléments l’incriminant lui et son oncle.

Pour ses défenseurs, l’adolescent a été poussé à une confession sur des faits imaginaires. « Les interrogateurs ont profité de la jeunesse et du handicap mental de Dassey pour le convaincre qu’ils étaient de son côté. Ils n’ont pas tenu compte de son incapacité manifeste à répondre correctement à leurs nombreuses questions sur le crime, ils lui ont mis dans la bouche les mots qu’ils souhaitaient entendre, et ils lui ont promis qu’il serait libéré s’il le faisait », s’insurge Seth Waxman, l’avocat du détenu, dans sa pétition en justice.

Un jugement en première instance avait conclu aux aveux forcés

Il est rare que la Cour suprême américaine accepte de se saisir d’une demande de rectification isolée d’une erreur judiciaire présumée, mais, comme le souligne un collectif de procureurs dans un argumentaire adressé à la haute cour, « des millions d’Américains ont regardé la vidéo de l’interrogatoire de Dassey dans le documentaire primé Making a Murderer, ce qui a déclenché un tollé sur la faillite patente du système. »

Brendan Dassey, âgé aujourd’hui de 28 ans, a bénéficié d’un jugement en première instance puis en appel concluant que ses aveux avaient été forcés par la police, or, la cour d’appel de Chicago a finalement donné raison à l’Etat du Wisconsin, qui lutte farouchement contre une libération du prisonnier. Ce jeudi, la dernière manche commence pour Brendan Dassey.