VIDEO. Médine au Bataclan: Des victimes des attentats s'insurgent des récupérations politiques

POLEMIQUE Ce lundi, l’association Life for Paris déclare qu’elle ne veut laisser « personne instrumentaliser la mémoire des victimes des attentats à des fins politiciennes » après que des politiques se sont indignés des concerts annoncés de Médine au Bataclan…

Fabien Randanne

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Le rappeur Médine dans le clip de sa chanson «Bataclan».
Le rappeur Médine dans le clip de sa chanson «Bataclan». — Florin DEFRANCE - Capture d'écran

Ils refusent d’être instrumentalisés. Ce week-end, de nombreuses personnalités politiques se sont indignées que le rappeur Médine se produise en concert en octobre au Bataclan. Ils lui reprochent d’avoir intitulé l’un de ses albums Jihad, le plus grand combat est contre soi-même et signé Don’t Laïk dans laquelle il chante entre autres « Crucifions les laïcards comme à Golgotha ».

Face à la montée de la polémique, plusieurs victimes du 13-Novembre ont décidé de se faire entendre et de s’élever contre les tentatives de récupération. « Cette salle [Le Bataclan] a aussi été victime des attentats du 13 novembre 2015, et […] est complètement libre de sa programmation, sous contrôle de la préfecture de police de Paris », déclare ce lundi Life for Paris, l’une des principales associations de victimes qui rappelle qu’elle « n’est pas un organe de censure, est et restera apolitique et ne laissera personne instrumentaliser la mémoire des victimes des attentats à des fins politiciennes, comme c’est le cas dans cette affaire ».

« Ça se situe à quel niveau sur l’échelle du déshonneur ? »

Une autre association, 13 Onze 15, a également dénoncé la récupération politique et a tweeté : « Nous sommes attachés à la liberté d'expression mais celle-ci ne doit pas occulter l'émotion des victimes qui aspirent à la résilience.»

Emmanuel Domenach, ex-vice président de 13 Onze 15, s’était quant à lui indigné dimanche des propos de Laurent Wauquiez. « Vous qui vous servez de l’attentat du 13 novembre à des fins politiques ça se situe à quel niveau sur l’échelle du déshonneur ? », a-t-il répondu au président du parti Les Républicains. Ce dernier avait tweeté : « Au #Bataclan, la barbarie islamiste a coûté la vie à 90 de nos compatriotes. Moins de trois ans plus tard, s’y produira un individu ayant chanté « crucifions les laïcards » et se présentant comme une « islamo-caillera ». Sacrilège pour les victimes, déshonneur pour la France. »

 

« [Au sujet du] respect dû à ceux qui sont morts au Bataclan, certains spectacles qui s’y donnent (je pense à certains one man shows humoristiques) pourraient faire poser la question, mais j’assume le fait d’avoir souhaité que la salle rouvre et que la vie revienne en ce lieu », a pour sa part réagi Georges Salines, ex-président de 13 Onze 15. « On n’est pas obligé de partager exactement son point de vue, mais dans le rap (et dans la chanson !), il y a plus bête et plus choquant », a-t-il également avancé au sujet de Médine.

« En tant qu’artiste, je dénonce toutes formes de violence, terrorisme et autres apologies immorales. J’ai choisi la voie de la non-violence comme la majorité de mes concitoyens à travers la musique pour exprimer mes désaccords avec ma société », affirmait Médine à l’émission Clique l’an passé. Dans une tribune au Plus de L’Obs, il insistait sur l’aspect caricatural du texte de Don’t Laïk. Chanter au Bataclan est l’un de ses plus grands rêves d’artistes, comme il le chante dans le morceau portant le nom de la salle de spectacle, extrait de Storyteller, son dernier album.