«Il n'y a aucune limite à quel point je vous emmerde», Bertrand Cantat exprime sa rancœur sur scène

CONCERT Le chanteur n’apparaîtra plus sur scène avant l’hiver…

Benjamin Chapon

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Un collectif de féministes ont appelé , le 7 Juin 2018, a un rassemblement devant le Zenith de Paris avant le concert de Bertrand Cantat
Un collectif de féministes ont appelé , le 7 Juin 2018, a un rassemblement devant le Zenith de Paris avant le concert de Bertrand Cantat — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Les médias, Bolloré, es féministes... Sur la scène du Zénith de Paris jeudi soir, Bertrand Cantat a eu la dent dure. Le chanteur donnait un concert dans le cadre de sa tournée, qui s’achève samedi à Lille avant une reprise en décembre.

Depuis plusieurs mois, le chanteur a vu certains de ses concerts annulés et d’autres perturbés par des manifestations. Face à la polémique, Bertrand Cantat avait choisi de faire profil bas, annulant sa venue dans les festivals d’été et ne réagissant pas à l’annulation de ses concerts par certaines salles. Mais visiblement, il avait réservé sa rancœur pour la ville lumière. Alors qu’il devait, à l’origine, se produire deux soirs, à la fin du mois de mai, à l’Olympia, la salle avait annulé les concerts par peur des troubles. C’est donc dans un Zénith trop grand pour lui et son public que Bertrand Cantat a dû se produire.

 

Emmerdements en cascade

D’où l’attaque verbale répétée à plusieurs reprises lors du concert de jeudi soir : « J’emmerde Bolloré ». Parce que Bolloré c’est Vivendi et que Vivendi c’est Universal et qu’Universal, c’est l’Olympia. Manque de pot, Universal c’est aussi Barclay, sa maison de disques. Mais ça, c’est un autre problème.

Bertrand Cantat a aussi « emmerdé » les nombreux journalistes présents jeudi soir, et tous ceux qui ont mis en doute sa légitimité à exercer une activité publique depuis sa sortie de prison en 2007, soit quatre ans après le meurtre de Maris Trintignant à Vilnius. Jeudi, après deux chansons, il a remercié ses spectateurs : « Merci à vous d’être là malgré tout. La plupart des gens sont là pour de bonnes raisons, les autres peuvent sortir. Les journalistes, nous n’avons rien contre vous, c’est vous qui avez quelque chose contre moi. Si vous saviez à quel point je vous emmerde. » Plus tard, il revient à la charge, invectivant les journalistes présents dans la salle et les manifestantes féministes à l’extérieur : « Vous avez quelque chose contre moi. Si certains sont en train de jubiler, il y a aucune limite à quel point je vous emmerde… »

 

A la sortie, certains spectateurs regrettaient ces invectives, préférant que Bertrand Cantat « nous aide à ignorer ce contexte », expliquait un fan. D’autres étaient ravis de retrouver « un artiste engagé, vindicatif, qui se laisse pas faire. »