Concert de Johnny Hallyday au cinéma: «Il faut rendre hommage à Johnny, le reste ne nous regarde pas»

HOMMAGE Ce jeudi à 20 heures, plus de 200 salles de cinéma à travers la France diffuseront simultanément, et lors d’une séance unique, « Olympia 2000 », un concert intimiste de Johnny Hallyday…

Propos recueillis par Clio Weickert

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Johnny Hallyday en concert à l'Olympia le 17 juin 2000
Johnny Hallyday en concert à l'Olympia le 17 juin 2000 — CHESNOT/SIPA

Il aurait eu 75 ans vendredi 15 juin. Six mois après sa disparition, et à la veille de sa date d’anniversaire, les fans de Johnny Hallyday vont pouvoir lui rendre hommage une nouvelle fois... au cinéma. Jeudi prochain à 20 heures, dans 250 salles de cinéma à travers la France diffuseront simultanément, et lors d’une séance unique (au tarif unique de 14 euros), Olympia 2000, un show intimiste du rockeur, capté à l’été 2000 lors de sa série de concerts dans la salle mythique.

L’occasion pour les fans de (re)découvrir le Taulier dans la fleur de l’âge, et d’oublier pour un temps (110 minutes pour être précis), la guerre des clans qui secoue la famille Hallyday depuis la disparition du chanteur.

20 Minutes a interviewé Michel Jankielewicz, producteur des images de plusieurs concerts de Johnny Hallyday, et de cette séance ciné hommage.

Ce concert au cinéma, ce sont un peu des retrouvailles avec Johnny depuis sa disparition ?

Depuis la Madeleine, oui, et en musique comme il aurait aimé le faire. Avec Bernard Schmidt, on avait filmé un concert à l’Olympia en 2000, le seul tourné en pellicule, avec 9 caméras en 16mm. Il n’a jamais été vu à la télé, certains fans l’avaient en DVD mais il avait été un peu vampirisé à l’époque par le coffret tour Eiffel. Là on est très près de lui, ce ne sont pas les mêmes cadrages, c’est comme un film. C’est la proximité de Johnny et de son public à l’Olympia.

Un concert plus intimiste, en comparaison avec ses shows monumentaux ?

Après son premier Stade de France en 1998, Johnny a transformé ses spectacles en grandes fêtes populaires. Mais ce que les gens adorent avec lui, c’est aussi la proximité. L’Olympia, c’était un retour aux sources, et il n’y était pas allé depuis très longtemps, depuis plus de 20 ans. C’est sa salle mythique, c’est là qu’il a été lancé, qu’il est devenu une star. On a complètement retravaillé le son et les images, on l’a restauré, on sera dans une ambiance de concert, et non pas devant une projection d’un concert. C’est comme si les spectateurs allaient voir un spectacle, et c’est bien mieux que d’aller voir une pseudo-comédie musicale comme les gens aimeraient le faire, ou un hologramme… C’est filmé tellement proche de lui, comme un peu la dernière captation de Jacques Brel.

La scène, c’était vraiment sa maison ?

Vous connaissez quelqu’un qui préfère être sur scène le jour de son anniversaire ? Johnny, c’était sa vie les tournées, il était tout le temps sur scène. Des gens qui avaient travaillé avec lui dans les années 1960, début 1970, me disaient qu’il arrivait à faire plus de 200 concerts dans l’année. C’est là qu’il excellait, où il était heureux.

Vous avez travaillé avec lui pendant 18 ans, qu'en retenez-vous ?

C’était magique. C’est un privilège d’être à ses côtés, d’apprendre, c’est quelqu’un qui était très exigeant, que ce soit en studio, en répétition pour les concerts… Il avait un réel professionnalisme et une rigueur dans le travail. Et grâce à Universal, je suis content de pouvoir poursuivre cela, et de ne pas être dans une surenchère de produits à sortir. On peut aller rechercher dans les images, imaginer de nouveaux projets comme pour cet anniversaire…

Depuis sa disparition, sa famille se déchire autour de l’héritage. Comment cela s’est-il passé avec les droits pour cet événement ?

Son épouse est évidemment au courant de ce que je fais, et je ne fais que poursuivre ce que je faisais avant. Mais moi je ne me mêle pas de ces histoires, ça ne m’intéresse pas.

Que pensez-vous du spectacle musical qui pourrait être créé autour de sa vie, lancé par Gérard Daguerre et Fabien Lecoeuvre notamment ?

Je ne sais pas si j’aurais les moyens de faire quelque chose mais je crois qu’entre Jean-Claude Camus, Laeticia Hallyday et les gens qui travaillaient avec Johnny, il n’y aura jamais de spectacle musical avec Fabien Lecoeuvre. Je mettrais toutes mes forces pour qu’il n’y en ait jamais, et je crois que tous les producteurs de Paris feront la même chose. Sauf s’il trouve un producteur véreux pour faire une comédie musicale, je n’y crois pas une seconde. Fabien Lecoeuvre ne peut pas raconter n’importe quoi sur Johnny, sur son épouse, alors qu’il ne les connaissait pas, puis se balader sur les plateaux télé pour en parler… Non seulement il le démolit, mais maintenant il voudrait se faire de l’argent sur sa carrière !

Pensez-vous que les fans ont besoin de s’extraire un peu de toutes ces histoires autour de Johnny ?

Vous vous rendez compte de l’avalanche de documentaires, d’émissions télé, d’articles dans la presse people, toute cette merde qui a été déballée depuis décembre dernier ? Il faut rendre hommage à Johnny, et à ses fans aussi. Il a toujours dit qu’il ne serait pas sur scène si le public n’était pas là. Il y a une osmose entre Johnny et le public, le reste ça ne nous regarde pas. Ce qui se passe en famille reste en famille.