Lyon: Latifa Ibn Ziaten, la mère du soldat tué par Mohammed Merah, sera la marraine du prochain défilé de la biennale de la danse

CULTURE Les organisateurs de l'événément, qui se tiendra le 14 septembre, ont choisi le thème de la paix pour cette année...

Caroline Girardon

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Latifa Ibn Ziaten, dont le fils Imad, un militaire de 30 ans, fut la première victime de Mohamed Merah, pose à Paris le 11 juin 2014
Latifa Ibn Ziaten, dont le fils Imad, un militaire de 30 ans, fut la première victime de Mohamed Merah, pose à Paris le 11 juin 2014 — Thomas Samson AFP
  • La biennale de la danse se déroulera à Lyon du 11 au 30 septembre.
  • Le défilé, point d’orgue de l’événement, se tiendra le 16 septembre dans les rues de Lyon.
  • Les organisateurs, qui ont opté pour le thème de la paix, ont choisi comme marraine Latifa Ibn Ziaten.
  • En lice pour le prix Nobel de la paix, elle est la mère du premier soldat tué par Mohammed Merah.

Il y a deux ans, le défilé de la biennale de la danse avait été cantonné au stade de Gerland. Une mesure de précaution face au risque terroriste. A l’heure de dévoiler la programmation de la prochaine biennale (11 au 30 septembre), les organisateurs ont confirmé que le défilé se déroulera à nouveau dans les rues de Lyon.

Le dimanche 16 septembre, 4.500 participants paraderont dès 14h30 de l’Hôtel de Ville jusqu’à la place Bellecour sur le thème de la paix. Tout un symbole. Pour ce retour aux sources, une marraine a été désignée. Et c’est une première. Il s’agit de Latifa Ibn Ziaten, la mère de la première victime de Mohammed Merah. Là encore tout un symbole. Pour Dominique Hervieu, directrice artistique de l’événément, il s’agissait d’une évidence. « Elle est en lice pour obtenir le prix Nobel de la Paix cette année », rappelle-t-elle.

Langage universel de la danse

Depuis la mort de son fils Imad, Latifa multiplie les conférences auprès des jeunes dans les écoles ou en prison afin de lutter contre la radicalisation. A travers une vidéo diffusée par les organisateurs de la biennale, l’intéressée s’est dit « honorée » que son message (de paix) puisse « ainsi s’exprimer à travers le langage universel de la danse ».

« Nous rêvons d’une société en paix et fraternelle, respectueuse des particularités de chacun. Cette belle société, il faut la construire à travers l’éducation et la culture », explique-t-elle. Et d’ajouter : « Une manifestation artistique et populaire crée des ponts et lève des barrières entre les femmes et les hommes, les religions et les cultures ».

Clin d’œil aux écoles de samba, le défilé crée en 1996, a toujours eu pour vocation de rassembler les différentes générations mais aussi ceux qui ne se côtoieraient pas habituellement. « Depuis plus de 20 ans, il s’inscrit dans la politique de valorisation des quartiers et de leurs populations tout en promouvant la mixité sociale et géographique », rappelle Dominique Hervieu.

« L’espace public est un espace politique très puissant », appuie Dominique Hervieu, précisant que cette année, la biennale aura notamment des accents politiques. Mais pas que. La création sera également à l’honneur.