Pourquoi «Pokémon Go» est-il soudainement devenu un jeu de vieux?

COUP DE VIEUX Aujourd’hui, les plus jeunes ont déserté l’application « Pokémon Go », mais les 30-45 ans ne lâchent rien…

Stacie Arena

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Le jeu « Pokémon GO ! »
Le jeu « Pokémon GO ! » — Flickr

Qui n’a pas entendu parler de Pokémon Go ? Nous sommes en juillet 2016, Nintendo lâche la plus grosse bombe gameplay du nouveau millénaire et provoque un phénomène international sans précédent. Pokémon Go débarque en Europe, et soudainement ce sont des centaines de personnes à courir dans la rue pour choper le dernier pokémon en liberté.

Le concept est simple et très alléchant : vous possédez votre propre avatar et devez chasser les pokémons dans la rue, stationnées à des Pokéstops ou dans des arènes à l’aide d’une géolocalisation sur votre smartphone. Le but ? Agrandir votre Pokédex qui gardera au chaud toutes vos espèces, le tout en réalité augmentée.

« Ce n’est pas de la réalité augmentée, c’est une réalité enrichie… »

Deux ans plus tard, le jeu perd en attractivité et si les saisons qui ont suivi la sortie du jeu n’ont rien arrangé (perte de 15 millions d’utilisateurs en un mois), les ados accros à Pokémon Go ont finalement désinstallé l’appli en n’y voyant finalement que des défauts (et puis maintenant, la tendance c’est Fortnite !). Suite à un sondage sur la page Facebook de 20 Minutes, Ludovic nous explique pourquoi il a désinstallé Pokémon Go : « je passais ma vie à ça, marcher dans la rue sans faire attention au monde extérieur, j'étais dehors mais je me coupais du monde. J’ai décidé d’arrêter et de ne plus installer le jeu, car pour moi c’était comme une drogue. »

Pour certains, l’effet est simplement redescendu, souvent déçu de l’évolution de la plateforme. Alexis témoigne : « la première mise à jour m’a complètement refroidi, pokémons plus durs à attraper, peu de mises à jour intéressantes, game play redondant, très peu d’interactions entre les joueurs alors que l’aspect communauté devait être un moteur du jeu. »

Une joueuse de Pokémon Go à San Francisco, le 18 décembre 2017
Une joueuse de Pokémon Go à San Francisco, le 18 décembre 2017 - Sipa Press

Génération Minitel VS. génération Tinder

Les millenials on les connaît, ils prennent, usent et jettent. Alors que la génération de leurs parents, eux, sont bien plus fidèles qu'il n'y paraît. Vanessa Lalo, psychologue des médias numériques à Paris, revient sur les raisons de l’intérêt excessif d’un joueur de 40 ans à Pokémon Go : « un adulte aura toujours un prétexte pour se déplacer d’un point A à un point B et donc de jouer une petite heure dans sa journée, alors qu’un enfant lui, à la fin de l’été, il retourne à l’école et il n’a pas de trajet à réaliser soi-même chaque jour… » souligne-t-elle. Une raison clairement prouvée par les chiffres en chute libre dès le mois d’octobre qui a suivi la sortie du jeu.

De plus, on observe une tendance au retro gaming qui touche principalement la génération qui a connu l’arrivée de Pokémon dans les années 1990 et qui ressent une certaine nostalgie aujourd’hui. A l’opposé d’une jeunesse très volatile qui s’attache et se débarrasse très vite des nouvelles tendances, Vanessa Lalo relève qu’une certaine partie de ces joueurs « voit la possibilité de jouer à un jeu ultra-novateur en termes de technologie, tout en se rappelant son époque de la grosse Gameboy grise (…), vous n’imaginez pas l’émotion que ça peut procurer. »

Un concept lassant, qui se répète et de surcroît qui use beaucoup trop la batterie du téléphone, il n’en fallait pas moins aux plus jeunes pour quitter le navire. Aujourd’hui la tendance c’est Fortnite, et comme Vanessa Lalo a pu déjà l’entendre dans son cabinet « si tu ne joues pas à Fortnite c’est que tu as raté ta vie ! ». So old.

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