VIDEO. On a passé deux jours à courir après Mark Zuckerberg (et on a réussi à lui serrer la pince)

REPORTAGE Retour sur deux jours de galères, de sprint, de coups de stress pour réussir à approcher la star des geeks made in Silicon Valley...

Laure Beaudonnet
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Mark Zuckerberg à VivaTech le 24 mai 2018 à Paris.
Mark Zuckerberg à VivaTech le 24 mai 2018 à Paris. — GERARD JULIEN / AFP
  • Mark Zuckerberg est intervenu à Viva Technology ce jeudi.
  • La veille, il a fêté l’anniversaire de FAIR Paris, le laboratoire dédié à l’intelligence artificielle.
  • Le patron de Facebook n’était pas revenu en France depuis près de 10 ans.

On a appris deux informations de la plus haute importance sur Mark Zuckerberg pendant son séjour à Paris ce mercredi et jeudi : il aime les pulls bleus et quand il monte sur scène, il a le droit à un rappel du public avant même d’avoir commencé sa prestation. A l’occasion des trois ans de Facebook AI Research Paris et du sommet « Tech for good », l’iconique boss de Facebook est revenu en France pour la première fois depuis près de dix ans et ça s’est ressenti dans ses équipes. On a passé deux jours à lui courir après dans tout Paris et on a même pu lui serrer la main. Retour sur deux jours de galères, de sprint, de coups de stress pour réussir à approcher la star des geeks made in Silicon Valley (ex aequo avec Elon Musk).

Jour 1. Serrage de pince

Mark Zuckerberg va quitter Bruxelles pour Paris. Il est 18 heures, pas de nouvelles de Facebook. On espère décrocher une interview sans trop y croire jusqu’au coup de téléphone inespéré de ses équipes. « Vous avez été choisi pour discuter pendant une demi-heure avec Mark Zuckerberg ». MAIS, l’échange sera « off ». Dans le jargon de la presse, ça veut dire : pas d’enregistrement, pas de retranscription, pas de photo. Rien. Cela garantit la liberté de ton, nous dit-on. Imaginez qu’il verse dans le politiquement incorrect avec des journalistes. Sait-on jamais. On se précipite dans les locaux de Facebook pour s’approcher de celui que certains médias annoncent comme le prochain président des Etats-Unis. Une soirée était organisée mercredi à l’occasion de l’anniversaire des trois ans du laboratoire parisien dédié à l’intelligence artificielle (FAIR Paris) à l’issue de la rencontre « Tech for good » à l’Elysée avec Emmanuel Macron et les géants numériques.

On retrouve une petite dizaine de journalistes des principaux médias français pour cette entrevue officieuse avec « Mark ». Les équipes de Facebook Paris ne tiennent pas en place, la plupart des salariés ne l’ont jamais croisé en chair et en os. « Il arrive », nous prévient-on dans un élan d’excitation. Une tête rouquine entre dans la petite salle de réunion avec deux membres de son staff. L’air timide et désolé du trentenaire a laissé place à un sourire amical et, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, il est volubile. Il a quitté son costume trois-pièces qu’il portait avec Emmanuel Macron pour un pull bleu (très similaire à celui qu’il a porté ce jeudi porte de Versailles pour VivaTech). Dans les locaux parisiens du réseau social, Mark Zuckerberg est dans son élément.

Zuckerberg aux trois ans de FAIR Paris (gauche) - Zuckerberg à VivaTech Porte de Versailles (droite)
Zuckerberg aux trois ans de FAIR Paris (gauche) - Zuckerberg à VivaTech Porte de Versailles (droite) - L. BEAUDONNET / 20 MINUTES

Il serre la main à une partie de la salle -dont nous-, s’assoit au milieu de la table et se prête à l’exercice du question-réponse dont vous ne saurez rien dans ces colonnes.

Dans une ambiance amicale, la presse l’a interrogé sur tous les sujets chauds de l’actualité, notamment celui qui avait occupé les eurodéputés à Bruxelles la veille : le scandale Cambridge analytica, qui a mis au jour les lacunes du réseau social dans la protection des données de ses utilisateurs. Mais aussi, la couverture de Wired qui montre son visage tuméfié, les difficultés de ces dernières semaines, les blockchains, les shadow profiles [des dossiers qui contiennent des informations sur des internautes mêmes s’ils ne se sont jamais inscrits sur Facebook], la publicité ciblée, l'intelligence artificielle, ses défis, sa vision du futur… Au bout de quarante-cinq minutes, on se demande où est passé le geek asocial.

Jour 2. Riri ou Zuckie ?

Jeudi, il n’a rien perdu de son aisance devant la foule de Viva Technology à Porte de Versailles. A son arrivée sur scène, on prend la mesure de la « folie Zuckerberg ». Malgré les difficultés des derniers mois, le génie de l’informatique fait salle comble (et le mot est faible). Deux heures avant l’allocution, les visiteurs sont amassés devant les portes de la salle de conférences si bien qu’il est pratiquement impossible de se frayer un chemin et, à l’intérieur, c’est standing-ovation, cris et selfies lorsqu’il monte sur scène.

On se croirait à un concert de Rihanna, mais non, c’est Mark Zuckerberg qui s’apprête à rappeler à Maurice Lévy, président du Conseil de Surveillance de Publicis Groupe et cofondateur du salon, l’engagement de Facebook à se mettre en conformité avec le RGPD​ pour ses utilisateurs européens. Pas de quoi enlever son soutif, pourtant…