VIDEO. « Walking Dead » : Pourquoi Negan est devenu l'un des méchants les plus détestés de la pop culture

COMICS Découvrez, en avant-première, l’album qui révèle les origines du personnage de « Walking dead » plus effrayant que les zombies eux-mêmes…

Olivier Mimran

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Negan ensanglanté dessiné par Charlie Adlard
Negan ensanglanté dessiné par Charlie Adlard — © & ™ 2018 Robert Kirkman, LLC. Tous droits réservés / © 2018 Éd. Delcourt pour la VF

Que vous lisiez la série Walking dead en comics ou en suiviez la série télévisée dérivée, vous détestez obligatoirement Negan qui, en plus d’être tyrannique, a assassiné l’un des personnages les plus attachants du récit (non, on ne dira pas lequel !). Mais pour qu’un salaud soit crédible, il ne suffit pas de lui faire commettre des exactions : il a besoin d’un background, d’une histoire qui explique pourquoi et comment il est devenu celui qu’on adore détester.

Ce sont ces origines qui sont révélées dans Walking dead - Negan, un spin-off que les éditions Delcourt présentent en exclusivité aux lecteurs de 20 Minutes.

Une personnalité ambivalente

Ok, la séquence est courte. Mais elle résume presque à elle seule l’ambivalence - dès avant les « évènements » qui ont transformé la majorité de l’humanité en hordes de morts-vivants - du personnage de Negan : suffisant, blessant, provocateur, il peut aussi se montrer fragile quand la situation l’exige (on n’en révélera pas toutes les circonstances pour ne pas spoiler, mais elles sont bien dans le livre). Et c’est évidemment sur cette personnalité paradoxale que s’appuie le scénariste américain Robert Kirkman, créateur de la série en 2003, pour « justifier » la cruauté de Negan.

Qu’apprend-on que ni la BD, ni la série télé n’avaient jusqu’alors dévoilé ? Que si Negan est devenu ce chef incontesté - et intransigeant - des « Sauveurs » (un groupe d’une centaine de survivants établi près de Washington), s’il a souvent dû faire montre d’une violence extrême, ça n’est pas vraiment sa faute ; c’est son douloureux passé qui aurait fait de lui la bête immonde qu’on rêve de voir crever atrocement à chaque épisode dans lequel il apparaît. Mouais…

Ce débordement de pieux sentiments est bien le travers de ce nouvel apport à la « saga » Walking dead. Car aussi génial que soit Robert Kirkman, il contraint sa série dans une ligne « politiquement correcte » - pour ne déplaire à aucun public potentiel ? Ça marche, puisque son succès est universel (et phénoménal en France où il s’est vendu plus de 4 200 000 exemplaires - c’est faramineux - des 29 volumes déjà traduits).

De l’inné ou de l’acquis…

C’est d’autant plus dommage que les fondements du récit sont plutôt iconoclastes : le danger y est, dès le départ, tel que règne un « chacun pour soi » carrément choquant. Mais crédible : vous retourneriez aider un pote dévoré par une dizaine de zombies ou, convaincu(e) qu’il est foutu, vous prendriez vos jambes à votre cou pour sauver votre peau ? Alors pourquoi diable ne pas laisser Negan être le pire des salauds… par nature ?

Ceci posé, il faut avouer qu’en bon fan de Walking dead, on prend un sacré pied à la lecture de ce volume. D’abord parce qu’il contribue, qu’on adhère à son parti pris ou pas, à étoffer un univers déjà luxuriant. Ensuite parce que même si on n’y croise pas Rick, Daryl, Carl, Glenn etc., on trouve, en fin de livre, trois (très) courts récits consacrés à Michonne, Tyreese et Le gouverneur (l’autre méchant emblématique de la série).
De quoi nous permettre de patienter jusqu’à la sortie du tome 30 du comics en version française et/ou la saison 9 de la série télévisée.

« Walking dead - Negan », de Robert Kirkman, Charlie Adlard & Cliff Rathburn - éditions Delcourt - 12,99 euros
En vente le 30 mai 2018