Après le gril bruxellois, Mark Zuckerberg a goûté au léchage de pompes parisien

HIGH TECH Mark Zuckerberg a fêté mercredi les trois ans du centre européen de recherche en intelligence artificielle de Facebook…

Laure Beaudonnet

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Mark Zuckerberg le 10 avril 2018 à Washington.
Mark Zuckerberg le 10 avril 2018 à Washington. — Alex Brandon/AP/SIPA
  • Après avoir affronté les eurodéputés à Bruxelles, Mark Zuckerberg a été accueilli mercredi à la réunion « Tech for good » par Emmanuel Macron.
  • Le soir même, il fêtait les trois ans de Facebook AI Research à Paris.
  • La France n’a pas eu la même attitude vis-à-vis du patron de Facebook que les parlementaires européens.

Deux salles, deux ambiances. Mardi après-midi au Parlement européen, Mark Zuckerberg a reçu un coup de semonce de la part d’eurodéputés passablement agacés​. Le lendemain soir, on l’a retrouvé en train de fêter les trois ans de Facebook AI Research Paris (FAIR) en toute décontraction devant une petite salle constituée de chercheurs, de partenaires académiques français, de la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal et du député Cédric Villani.

La veille, les parlementaires du Vieux Continent se sont distingués de leurs homologues américains qui n’avaient pas vraiment réussi à mettre Mark Zuckerberg en difficulté pendant son audition sur le scandale Cambridge analytica, le mois dernier. Cette société a été accusée d’avoir récupéré les données de 87 millions d’utilisateurs du réseau social sans leur consentement pour orienter la campagne présidentielle américaine. A Bruxelles, les eurodéputés n’ont rien lâché devant l’entrepreneur au visage de poupon et au regard contrit.

Pas un mot sur le scandale

Dans les locaux de FAIR Paris, le laboratoire dédié à l’intelligence artificielle, ce mercredi soir, Mark Zuckerberg était comme à la maison. Il s’est débarrassé de costume trois-pièces qui lui a servi pour se rendre à l’Elysée dans la journée. Et du côté des intervenants, pas un mot sur le scandale qui occupe la sphère médiatique depuis le mois de mars. Caresses et compliments étaient de mise.

« C’est un plaisir de partager ce moment ce soir, de célébrer ce troisième anniversaire », a lancé Frédérique Vidal avec un accent anglais dont seuls les Français ont le secret. Elle a salué l’initiative de Facebook d’installer son centre de recherche sur l’IA à Paris, « un succès », avant de revenir sur les investissements et la stratégie de la France.

Une agréable mise en bouche

Même ambiance bienveillante plus tôt dans la journée pendant sa rencontre avec Emmanuel Macron à l’occasion de la réunion « Tech for good » avec les grands acteurs de la Silicon Valley.

« Je viens juste de rencontrer le président Macron à Paris. Nous avons eu une super conversation sur la place de la France en tant que centre d’innovation en Europe […]. Nous en faisons le constat avec notre laboratoire spécialisé en IA et notre Startup Garage à la Station F. Tous deux produisent un travail très intéressant – et c’est pourquoi nous continuerons à investir en France dans les années à venir. Merci président Macron de m’avoir reçu », a écrit Mark Zuckerberg sur sa page Facebook.

Il aurait même trouvé le président français très agréable et simple. Toujours pas la moindre mention d’une discussion sur les données personnelles.

Une bien belle manière de se mettre en bouche avant VivaTech où Mark Zuckerberg interviendra aux côtés de Maurice Lévy, président du Conseil de Surveillance de Publicis Groupe et cofondateur du salon. Ils discuteront encore une fois de la technologie mise au service du bien commun ainsi que les dernières innovations du géant américain. « A piece of cake » comme on dit outre-Atlantique.

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