Test de «Detroit: Become Human» sur PS4: la révolte des androïdes n'est pas tout à fait du cinéma

JEUX VIDEO Le nouveau jeu du studio français Quantic Dream place une fois encore les choix du joueur au cœur de l'expérience pour un jeu toujours cinématographique où l'histoire reste centrale. Juste après Cannes, on a adoré !

Jean-François Morisse

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Markus, l'androïde qui va mener la révolte.
Markus, l'androïde qui va mener la révolte. — Sony C.E.
  • Le nouveau jeu de Quantic Dream propose une aventure dans laquelle les choix du joueur impactent l'histoire.
  • Une histoire comme toujours centrale dans l'expérience.
  • Une très belle aventure au gameplay minimaliste.

C’est un peu, comme toujours avec les jeux du studio français Quantic Dream, un jeu et une aventure à part pour PlayStation 4 exclusivement. Detroit: Become Human est une aventure avant tout narrative. Pas besoin d’être un dieu de la gâchette pour découvrir et apprécier l’aventure de Connor, Kara et Markus, trois androïdes en quête, chacun à leur façon, de liberté.

Des périples uniques car, c’est une autre spécificité des titres créés par Quantic Dream et son emblématique patron David Cage, Detroit est une aventure non-linéaire et multiple. Traduction, il n’y a pas qu’un seul chemin et les aventures des uns ne ressemblent ainsi pas à celles des autres même si la trame principale reste peu ou prou la même.

Une seule histoire mais de multiples fins

A la fin de chaque scène, on découvre ainsi les différents embranchements possibles sans en connaître la nature exacte. Mieux encore : on peut comparer ses propres choix à ceux des joueurs du monde entier et de nos amis qui ont eux aussi le jeu. On s’aperçoit ainsi de l’incroyable arborescence scénaristique du jeu dans lequel des dizaines de scènes ont été imaginées, réalisées pour finalement peut-être n’être jamais jouées !

A la fin de chaque séquence, une arborescence vous indique les choix qu'il était possible de faire.
A la fin de chaque séquence, une arborescence vous indique les choix qu'il était possible de faire. - Sony C.E.

Un travail titanesque pour une œuvre qui reste une fois encore très cinématographique dans la forme. On a même recommencé le jeu plusieurs fois pour s’apercevoir que certaines séquences peuvent radicalement changer en fonction des choix effectués.

Un jeu vidéo qui veut faire réfléchir

Le joueur suit à tour de rôle les trois protagonistes. Des androïdes qui s’éveillent à une certaine forme de conscience pour… devenir humain. Le jeu interroge en filigrane le joueur. Qu’est-ce qu’être humain ? Qu’est-ce qu’être libre ? Peut-on ou doit-on tout accepter, tolérer ?

Bienvenue en 2038, une époque où les androïdes sont devenus les objets de luxe d'une certaine élite humaine.
Bienvenue en 2038, une époque où les androïdes sont devenus les objets de luxe d'une certaine élite humaine. - Sony C.E.

De véritables questionnements philosophiques qui accompagnent sans l’accaparer le joueur dans cette grande aventure d’anticipation. Bien que le thème de la révolte androïde ne soit pas d’une grande originalité (ce que concèdent les créateurs du jeu) le traitement de cette histoire interactive reste unique.

Connor est un enquêteur qui assiste la police. Quelles sont ses réelles motivations ?
Connor est un enquêteur qui assiste la police. Quelles sont ses réelles motivations ? - Sony C.E.

On retrouve dans le jeu les petites choses qui séduisaient dans Heavy Rain, un des précédents succès du studio. Les similitudes entre les deux titres sont d’ailleurs nombreuses. Les personnages peuvent se livrer à des petites tâches en apparence anodines comme faire le ménage, la vaisselle, ou bien tout simplement faire une course en magasin.

Un jeu qui vous invite à accomplir des tâches anodines du quotidien...
Un jeu qui vous invite à accomplir des tâches anodines du quotidien... - Sony C.E.

Certaines de ces actions peuvent avoir dès le début de l’aventure de véritables conséquences sur le déroulement de l’histoire. Tout comme dans Heavy Rain aussi chaque personnage peut à certains moments mourir… De quoi créer une véritable tension lors des phases d’action pendant lesquelles il faut appuyer sur le bon bouton au bon moment.

Une histoire avant tout

Ceux qui redoutent ces séquences d’action peuvent en début d’aventure choisir un mode « facile » plus axé sur le déroulement de l’histoire. Autant dire qu’avec ce mode qui mise sur l’accessibilité pas besoin de triturer les boutons de la manette de façon frénétique. Globalement, Detroit livre un gameplay minimaliste à des années-lumière de l’action survoltée d’un Fortnite. Il s’agit ici de profiter avant tout du scénario et des questions que pose le jeu.

Les « choix » au cœur des mécaniques de jeu

La preuve que le studio a voulu avant tout placer « les choix » du joueur au cœur du gameplay. Il ne s’agit pas ici d’être un as de la manette, mais de faire des choix. Une prise de décision autour de laquelle s’articule tout le jeu en livrant une histoire à la mesure du joueur. Le choix du joueur devient ici de facto un outil de jeu pour dérouler une histoire comportant certaines séquences uniques dans un sens spécifique. On aime ou pas, mais Quantic Dream fait ici le pari de livrer un jeu intelligent, mature et une fois encore différent, tout en restant dans les traces d’un Heavy Rain.

Kara, une androïde de maison qui va tout faire pour sauver une petite fille.
Kara, une androïde de maison qui va tout faire pour sauver une petite fille. - Sony C.E.

On l’avoue, on a adoré suivre le périple de ces trois androïdes auxquels il est difficile de ne pas s’attacher… Les avatars numériques livrent par le biais de cette mise en abyme, une vision de notre époque et de notre humanité. La « recette Quantic Dream » fonctionne toujours mais, il faut aussi le reconnaître, on aime toujours quand on nous raconte de bonnes histoires.

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