Philip Roth, géant de la littérature américaine, est mort à 85 ans

ETATS-UNIS Il avait été régulièrement pressenti pour le Nobel de littérature...

M.C. avec AFP

— 

Philip Roth à la Maison Blanche en 2011.
Philip Roth à la Maison Blanche en 2011. — Jim WATSON / AFP

L’écrivain américain Philip Roth, un géant de la littérature américaine, s’est éteint mardi à l’âge de 85 ans, selon le New York Times. Il serait mort d’une insuffisance cardiaque, d’après une amie proche citée par le quotidien américain.

Observateur lucide de la société américaine et de ses travers, le natif de Newark (New Jersey), avait été régulièrement pressenti pour le Nobel de littérature, sans jamais l’obtenir néanmoins.

A la frontière entre autobiographie et fiction

Au cours d’une carrière qui l’a rendu célèbre dans le monde entier, l’écrivain a cependant gagné de multiples récompenses : Pulitzer en 1998 pour Pastorale américaine, National Book Award en 1960 pour Good bye, Columbus et en 1995 pour Le Théâtre de Sabbath. C'est le livre Portnoy et son complexe qui l'avait révélé au grand public en 1969, un ouvrage qui avait fait scandale, à la fois pour ses descriptions sexuelles très crues et sa façon d'aborder la judaïté.

Petit-fils d’immigrés juifs d’Europe de l’Est, Philip Roth a écrit des récits provocateurs des mœurs de la petite bourgeoisie juive-américaine, des satires politiques, des réflexions sur le poids de l’Histoire, ou plus récemment sur le vieillissement, ses œuvres sont souvent à la frontière entre autobiographie et fiction.

Régulièrement salué comme le plus grand écrivain américain vivant, il avait annoncé sa décision d'arrêter d'écrire en 2012. «J'étais arrivé au terminus. Il n'y avait plus rien pour moi sur quoi écrire», avait-il alors déclaré au magazine français Les Inrockuptibles. Son dernier roman, Némésis, a été publié en 2010 aux Etats-Unis.