Test de «State of Decay 2»: l'art complexe de la survie en territoire zombie sur XboxOne et PC

JEUX VIDEO Les jeux de zombies restent tendance et «State of Decay 2», exclusivité Xbox One et PC, nous invite à prendre la tête d'un groupe de survivants sur le mode de «The Walking Dead».

Jean-François Morisse

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Un brin gore (les bruitages sont terribles), le jeu se  destine clairement à un public adulte.
Un brin gore (les bruitages sont terribles), le jeu se destine clairement à un public adulte. — Microsoft
  • State of Decay 2 propose au joueur de gérer un abri de survivants.
  • Jeu d'action et de gestion, sur le thème du train-train quotidien en mode apocalypse.
  • Ambitieux, le jeu pose la question du "peut-on faire un bon jeu de zombies" ?

Il ne fait clairement pas bon être un zombie ces derniers temps dans le petit monde du jeu vidéo. Le jeu State of Decay 2 exclusif à la Xbox One ouvre donc le bal en attendant les The Walking Dead Overkill, World War Z et autres Days Gone ou The Last of Us II qui surgiront d’ici quelques mois avec leurs hordes de macchabées décharnés. On a donc dégainé notre meilleure batte de baseball et notre manette Xbox One avant de se lancer dans ce State of Decay 2 qui fleure bon The Walking Dead, la série télé, pas forcément dans ses meilleurs épisodes.

Bienvenue dans un monde ravagé par une peste étrange qui transforme ses victimes en créatures assoiffées de sang. Des carcasses de voitures à moitié brûlées encombrent les routes. Les maisons, souvent pillées, sont abandonnées.

Dans ce vaste monde ouvert, on peut visiter n’importe quelle baraque ou entrepôt. Pour le coup, on marche vraiment beaucoup. On déambule entre ces zombies qui guettent le moindre bruit. Bien qu’il soit possible de prendre certains véhicules abandonnés, il faut aussi pouvoir trouver du carburant. Car au-delà son aspect purement ludique, State of Decay 2 cache un vrai jeu de survie plutôt exigeant.

A quoi sert un véhicule sans essence ? Cherchez les stations services pour faire un stock de carburant.
A quoi sert un véhicule sans essence ? Cherchez les stations services pour faire un stock de carburant. - Microsoft

Survivre à une apocalypse zombie n’est clairement pas une sinécure. On comprend que certains survivants déclarent forfait dès le début dans nombre de livres, séries TV et longs-métrages. Dans State of Decay 2, il faut d’abord se trouver une base (une maison abandonnée) qu’il faudra ensuite petit à petit aménager tout en regroupant d’autres survivants. Des survivants qu’il faudra nourrir, soigner, faire dormir et réussir à faire vivre ensemble (les disputes sont fréquentes chez le survivant peu à cran). Dans ce contexte, survivre revient rapidement à explorer les alentours à la recherche de vivres ou de soins pour rentrer à la base, se reposer et repartir… C’est un peu le train-train de la survie… Pas toujours passionnant.

Il est possible de jouer à State of Decay à quatre en coopération et en ligne.
Il est possible de jouer à State of Decay à quatre en coopération et en ligne. - Microsoft

Petite curiosité du jeu : on peut incarner ici n’importe quel personnage. Il n’y a pas ici de Rick Grimes, de héros attitré. On passe de l’un à l’autre sans trop s’attacher aux personnages. C’est d’ailleurs préférable car dans cet univers impitoyable, l’espérance de vie n’est pas folle.

Une horde de zombie infestée de la peste sanguine peut éliminer votre personnage en quelques minutes… J’avoue avoir eu de la peine après avoir passé cinq heures à faire monter un personnage en niveau avant que celui-ci ne trépasse dans une espèce d’embuscade sanglante… Un personnage mort est ici définitivement perdu. On vous le dit : ça ne rigole pas, la survie.

La nuit… on ne voit pas grand-chose…

On apprend en outre un ou deux trucs comme «éviter de sortir la nuit dans un monde peuplé de morts-vivants». C’est une chose à laquelle on ne pense pas forcément dans la vraie vie. Lorsqu’on joue ici de nuit… on ne voit pas grand-chose même équipé de sa lampe torche.

Se battre quand on n’y voit rien crée certes un brin de tension mais aussi un rien d’agacement. Un agacement que certains bugs du jeu accentuent comme ces zombies perchés qui semblent léviter avant de nous tomber sur la pomme ou ces portes fermées qui sont en fait ouvertes, etc.

Peut-on faire un bon jeu sur le thème de la survie ?

Au-delà des soucis techniques du jeu (graphismes moyens, physique des véhicules un peu étrange, bugs de collisions, etc.) on se demande si la survie peut-être fun quand elle veut être un peu réaliste.

On se souvient de Metal Gear Survive qui se heurtait au même problème. Courir après les munitions, les soins et la nourriture en continu pour s’assurer du bien-être de ses compagnons de refuge transforme l’aventure en une succession de routines pas forcément passionnantes. Sans doute est-ce réaliste, mais ce réalisme-là sied-il vraiment à un jeu vidéo ?

En attendant la suite…

On avait compris après 8 saisons de The Walking Dead que ne pas passer l’arme à gauche dans un monde envahi de zombies n’étant pas forcément amusant mais quitte à vivre soi-même l’aventure, on aurait aimé qu’elle soit un peu moins rébarbative. On attendra de vivre la prochaine apocalypse zombie programmée pour voir s’il fait bon vivre et survivre en territoire zombie et le prochain E3 2018 de Los Angeles devrait à ce titre livrer son lot d’informations.

En partenariat avec Jeux Vidéo Magazine.