«1984», le chef-d'oeuvre de George Orwell, paraît dans une nouvelle traduction

NOVLANGUE Le livre de George Orwell « 1984 » reparaît jeudi prochain chez Gallimard dans une nouvelle traduction dont l’ambition est « de restituer la terreur dans toute son immédiateté »…

20 Minutes avec AFP

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La statue de George Orwell, l'auteur de «1984»  à Londres.
La statue de George Orwell, l'auteur de «1984» à Londres. — Mark Thomas/Shutterstoc/SIPA

Publié en français pour la première fois il y a près de soixante-dix ans, le chef-d’œuvre de George Orwell1984​ reparaît jeudi prochain chez Gallimard dans une nouvelle traduction dont l’ambition est « de restituer la terreur dans toute son immédiateté ».

Ecrit en 1948, d’où le titre avec une inversion des deux chiffres de la décennie, et publié en 1949, 1984 décrit un futur où le Parti règne sur l’Océanie (Océania dans la version française de 1950) pays totalitaire où le passé a été oblitéré et réinventé, où les événements les plus récents sont susceptibles d’être modifiés et où une nouvelle langue empêche toute pensée critique.

Plus de « novlangue » dans la nouvelle version

«Big Brother », « novlangue »… Les mots qui hantent la célèbre dystopie d’Orwell sont passés dans le langage courant et traduire ce monument de la littérature mondiale ne va pas de soi. Jamais depuis sa première publication en français en 1950, 1984 n’avait bénéficié d’une nouvelle version.

Josée Kamoun succède à Amélie Audiberti pour cette nouvelle traduction. Si le terme « Big Brother » a été maintenu dans cette nouvelle version parce que « le terme Big Brother peut être compris de tous ou presque », a souligné Josée Kamoun, il n’y a plus de « novlangue », la langue officielle d’Océanie, mais du « néoparler » dans la nouvelle version.

Un récit au présent encore plus glaçant

La « doublepensée » qui rend possible l’inversion du sens des mots est restée mais « les slogans du Parti » ont été légèrement modifiés et sont désormais plus fidèles à l’original en anglais. « Guerre est paix » (« War is peace » dans la version originale) remplace « la paix c’est la guerre », « Liberté est servitude » (« Freedom is slavery ») a été préféré à « la liberté c’est l’esclavage ».

« L’amour c’est la haine », qu’on ne trouve pas dans la version originale, est remplacé par « Ignorance est puissance » (« Ignorance is strength » dans la version anglaise). « Big Brother » ne « vous » regarde plus mais il « te » regarde. Surtout, le texte, à l’imparfait dans la version de 1950, est désormais conjugué au présent, ce qui rend le récit encore plus glaçant.

Pour l’éditeur cette nouvelle traduction « plus directe et plus dépouillée » tente « de restituer la terreur dans toute son immédiateté mais aussi les tonalités nostalgiques et les échappées lyriques d’une œuvre brutale et subtile, équivoque et génialement manipulatrice ».