Le podcast indépendant dans l’ombre des projets d’anciens journalistes?

AUDIO Aujourd’hui, tous les projecteurs semblent orientés sur les podcasts lancés par les plateformes professionnelles telles que Binge, BoxSon, Nouvelles écoutes ou Arte Radio…

Marie De Fournas

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Live de Podcastéo à Ground Control le 24 juin 2017
Live de Podcastéo à Ground Control le 24 juin 2017 — Podcasteo

A l'occasion de la sortie de ses podcasts « Juste un droit » et «Sixième Science», 20 Minutes fait le point sur la scène audio française. 

David contre Goliath. Si l'offre de podcast connaît une véritable explosion depuis quelques années, le concept n’est pas nouveau. Avant que des médias, dont 20 Minutes, ou des grandes figures du journalisme ne s’en emparent, beaucoup d’amateurs s’étaient lancés dans l’aventure. Sur leur temps libre, avec leurs amis, sur une série ou pour des émissions plus ou moins régulières. Parmi eux, certains comme RadioKawa, L’Apéro du Captain ou encore ZQSD ont séduit un large public. Mais tirer son épingle du jeu pourrait devenir de plus en plus difficile.

Pour se faire connaître d’abord. «Les deux journalistes qui ont créé Louie Media ont organisé une grosse soirée de lancement et invité plein de confrères qui ont ensuite parlé de la plate-forme», donne comme exemple Fanny Cohen Moreau, auteur du podcast Passion Médiévistes.

Une exposition dont manquent les podcasts indépendants. Il suffit de lire un article sur le sujet pour constater que l’on parle souvent des mêmes : «  Un bien beau brouhaha» sur BoxSon, «  La poudre» pour Nouvelles Ecoutes, ou encore «  Superhéros» en écoute libre sur Binge. «Parfois, c’est parce que des journalistes s’entraident, mais aussi parce que certains connaissent encore peu le podcast et ne prennent pas de risque en évoquant les plus réputés», poursuit la podcasteuse.

Les podcasteurs indépendants contre-attaquent

Difficile également de faire sa promotion, sans passer par une plate-forme connue. «Il est évident que quand un média porte un podcast natif comme «Transfert» sur Slate, il se fait mieux connaître», souligne Elodie Font. Cette journaliste a commencé par le podcast indépendant avec « Je bois donc je lis», avant de réaliser des podcasts pour des plates-formes comme Arte Radio avec « Coming in» et « Mycose the night», ou « Il était une fois la PMA» sur le pure player féministe Cheek. Restent les réseaux sociaux, mais comme l’indique la journaliste, les internautes sont plus habitués à y partager des vidéos, plutôt que des sons.

Pour faire le poids face aux géants, la communauté de podcasteurs indépendants mise sur l’entraide et le nombre. «Le réseau Podcasteo rassemble une grande communauté de podcasteurs qui échangent régulièrement pour se donner des conseils ou se recommander mutuellement sur les réseaux sociaux, explique Fanny Cohen Moreau, qui fait partie du groupe. On a également lancé une opération pour que chaque podcasteur fasse la publicité d’un autre dans son podcast via une pastille de 30 secondes.»

Qui dit indépendant, dit liberté totale

Fanny Cohen Moreau participe également au blog Les Moissonores qui met en avant des contenus indépendants. «Chaque semaine, il y a de nouvelles personnes qui lancent un programme avec des sujets très variés qui valent le coup d’être connus.» Car qui dit indépendant, dit aussi liberté totale. «Avec " Il faut qu’on parle", vous allez entendre des inconnus raconter leurs pires d’histoires d’amour à Mélanie. " Jogging Bonito" parle uniquement de la course à pied et " Stockholm Sardou" seulement des albums de Michel Sardou». «On peut se faire plaisir dans le ton, le format, le sujet. Rien n’est encadré ou soumis à la ligne éditoriale d’un média», ajoute Elodie Font.

Le fait que les podcasts de journalistes connus ont plus de visibilité que d’autres, présente au moins un avantage. «Plus ils seront suivis, plus des gens s’intéresseront aux podcasts, sauront que cela existe et potentiellement auront envie d’en découvrir d’autres, même moins renommés!» David et Goliath main dans la main?

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